CHAPITRE VII. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
facile, on aura la variété noueuse. Si le raptus sanguin est trop violent, la dilatation des espaces lymphatiques et la sortie des hématies donnent naissance fuléry thème purpurique ».
Beaucoup plus intéressantes et moins connues sont les lésions des organes.
Les documents concernant cette question sont peu nombreux. Dans la plupart des observations avec autopsie, les auteurs relatent simplement les lésions banales de. la dothiénentérie en cours. Cependant, il s’en dégage un fait constant : c’est l’aspect particulier du foie, presque toujours augmenté de volume et stéatosé, tantôt pâle et décoloré, tantôt jaunâtre avec des zônes plus blanches, aspect qui répond histologiquement à une dégénérescence granulo-graisseuse de tout ou partie de la glande.
À l’autopsie des malades qui succombaient avec le syndrome qu’il décrivit, le Professeur Hutinel avait déjà noté ce foie gros et stéatosé ; il insistait sur la dégénérescence granulo-graisseuse périlobulaire et sur l'aspect du sang, qui, à l’autopsie, était noir sépia, se coagulait mal et formait peu de caillots dans les cavités du cœur.
Calton, puis Gillet signalent de nouveau le foie volumineux, lourd, mou, friable, jaunâtre ou marbré, et la: dégénérescence graiulo- graisseuse qui le caractérise histologiquement.
Les deux observations de Rispal, reproduites dans la
thèse de Pons, font mention de lésions hépatiques et rénales intenses ; l'examen histologique du foie, qui était mou et jaunâtre, révélait l’existence d’une infiltration graisseuse très intense des cellules hépatiques ; cette dégénérescence graisseuse était beaucoup plus accentuée qu'elle ne l’est habituellement dans le foie typhique et pouvait être comparée à celle qui caractérise l’intoxication phosphorée ou l'ictère grave. Les reins présentaient une coloration jaune de la substance corticale ; les altérations histologiques étaient celles de la néphrite épithéliale typhique, mais l'infiltration graisseuse des cellules était plus marquée. L'examen du myocarde décelait une légère infiltration
granulo-graisseuse des cellules musculaires, qui avaient conservé leur striation.
Chez ses deux malades, le Professeur Roger constate aussi une dégénérescence complète du foie : dans le premier cas, c’est un foie de 1.930 grammes, transformé en une masse homogène, de couleur chamois, parsemée à sa surface de taches décolorées ; dans le second, le foie pesant 2.630 grammes, est de consistance pâteuse, de coloration jaune roux uniforme, semblant frappé d'une stéatose aiguë généralisée. L'examen microscopique et l’analyse chimique confirment cette conclusion : il y a quatre fois plus de graisse que normalement. Les reins, eux aussi, étaient fortement atteints : substance corticale pâle, striée de jaune, substance médullaire violacée.
Remlinger, dans le seul cas qu’il ait autopsié, signale un foie décoloré et graisseux.
Leroux et Lorrain ont étudié assez complètement au point de vue histologique les organes de deux de leurs malades ; mais la première seule nous parait avoir présenté le syndrome érythémateux, qui ne se retrouve à aucun titre chez la seconde. Le foie était dégénéré. Les cellules hépatiques présentaient une dégénérescence graisseuse très avancée. Il existait de petits nodules inflammatoires, mais, fait très important, jamais Leroux et Lorrain n’ont mis d'agents microbiens en évidence dans ces nodules ; les diplocoques qu'ils ont vus et figurés étaient exclusivement dans.les vaisseaux.
Les reins présentaient de la glomérulo-néphrite d’intensité moyenne. Le myocarde était peu altéré ; cependant, la striation se voyait mal et un certain nombre de fibres étaient fragmentées. :
Pater a examiné complètement le foie de plusieurs malades et le rein de quelques-uns, dont les observations cliniques sont rapportées dans la thèse de Delozière.
Ces examens sont très comparables, comme on en peut juger par les trois suivants :
Premier cas. — Garçon de 6 ans et demi, entré au septième jour de la fièvre typhoiïde ; au dixième jour, stomatite et éry-
Ve