CHAPITRE VIIL — PATHOGÉNIE
nl est à peine besoin de rappeler que ces érythèmes, qui peuvent atteindre des malades ayant eu rougeole ou SCarlatine, ne s’accompagnent jamais des signes caractérisliques et essentiels que la rougeole el la scarlatine présentent du côté des muqueuses. I1s apparaissent à des dates très variables après l’entrée des malades. à l'hôpital, peuvent se montrer alors que depuis longtemps des cas de fièvres éruptives n’ont pas été observés dans les salles communes et qu'il est impossible de rattacher l’éruption à une infection antérieure par séjour avec des morbilleux
ou des scarlatineux. Enfin et surtout,'on n’a jamais cons-
taté de contamination de fièvres éruptives dans les salles de médecine générale où les malades étaient maintenus, ce qui n'aurait pas manqué de se produire si l’on avait eu affaire à des êas de rougeole ou de scarlaline anormales.
II. — LES ÉRYTHÈMES SONT D'ORIGINE MEDICAMÉNTÈUSE. — Nous ne nous arrêterons pas davantage à cette théorie, soutenue par M. Siredey et réfutée par M. Galliard à la Société médicale des hôpitaux, en 1894 Nous avons süffisamment insisté sur cette question à propos du diagnostic. I1 nous suffira de rappeler que les érythèmes ont pu apparaître chez des malades qui n'avaient pris aucun médicament, et étaient traités exclusivement par les bains et les lavements d’eau bouillie. Leur apparition par séries, où ils se montrent dans une proportion élevée, ne saurait cadrer avec l'hypothèse d’une idyosyncrasie médicamenteuse. Enfin, ils peuvent récidiver après la suppression du médicament incriminé. Comment d’ailleurs. pourrait-on s'arrêter à cette idée, en présence de l’effroyable mortalité que nous avons constatée après tant d'autres !
® JIIN — LES ÉRYTHÈMES SONT D'ORIGINE INFECTIEUSE : * THÉORIE DE LA SEPTICÉMIE SECONDAIRE. — De nombreux auteurs se sont fait les défenseurs de cette théorie, très satisfaisante à première vue, très séduisante même. Mais les arguments bactériologiques sur lesquels elle s'appuie sont souvent négatifs, et il est nécessaire de faire les réserves les plus expresses sur leur valeur.
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Le Professeur Hutinel, le premier, voyant dans ces érythèmes « l'expression symptomatique accidentelle d’une infection générale à manifestations multiples », a invoqué lenvahissement de l’organisme par un microbe d’infection secondaire, le streptocoque dans la grande majorité des cas. Il admet que les streptocoques saprophytes, hôtes habituels et inoffensifs de la cavité buccale, peuvent, dans
cerlaines circonstances, devenir pathogènes et acquérir
une virulence extraordinaire; soit par association avéc d’autres germes, soit par passages incessants d'un malade à un autre. Roux et Yersin, Beck, Barbier avaient déjà démontré l'accroissement de virulence du streptocoque associé au bacille de Lôffler ; Vincent et Vaillard montraient l’accroissement de la virulence du même streptocoque associé au bacille d'Eberth. D'autre part, le milieu hospitalier, en agglomérant les malades, les enfants surtout, multiplie les chances d'infection et diminue la
résistance du sujet ; la virulence s’exa]te par passages suc-
cessifs sur des organismes jeunes.
Le streptocoque réalise ainsi une exaltation considérable de sa virulence et modifie les allures et la gravité des infections secondaires dont il est responsable. Pour expliquer les cas d’érythèmes bénins, M. Hutinel admet qu’il n’est pas besoin, pour les faire éclore, d'une infection sé-
rieuse, et qu’une infection, bénigne au point d’être parfois
méconnue, peut méttre en éveil la susceptibilité de la peau aussi bien qu'une infection grave et rapidement mortelle.
L'envahissement de l'organisme par le streptocoque se ferait à la faveur des lésions buccales et labiales (gerçures, fissures, ulcérations), observées avec une constance presque absolue par M. Hutinel, retrouvées depuis par un grand nombre d’observateurs et sur lesquelles nous avons spécialement insisté. |
C’est en effet à ce niveau, et seulement à ce niveau, que M. Hutinel rencontrait le streptocoque. Les ensemencements du sang effectués en vue de le mettre en évidence dans l'organisme furent {ous négatifs.
Reprenant la question avec Claisse, au sujet des éry-