CHAPITRE VIII. — PATHOGÉNIE
thèmes graves de la rougeole, M. Hutinel obtint des résultats à peu près analogues : jamais de streptocoque dans le sang pendant la vie, cultures du sang à l'autopsie trois fois positives, jamais de Strepiocsque dans les organes examinés post-mortem.
Les preuves de la septicémie streptococcique n'étaient donc pas probantes. M. Hutinel lui-même le reconnaît et, abandonnant l’idée de septicémie, il conclut à une toxi-infection : « Le streptocoque agit, non pas directement par le fait de sa pénétration dans le sang, mais d’une façon médiate par ses produits de sécrétion ; la toxine Streptococcique agit sur la peau de la même façon que d'autres poisons ».
Ultérieurement d’ailleurs, M. Hutinel et, après lui, Nobécourt et Merklen, reconnaissaient que le streptocoque n’était pas la seule cause de ces érythèmes et que beaucoup d’autres toxines microbiennes étaient M CAPAOIeÉ de provoquer des éruptions cutanées.
Calton, dans sa thèse, reprend lidée de linfectioh strep-
tococcique à point de départ buccal, sans apporter d’ailleurs aucun argument. /
M. Le Gendre, de l'étude de ses quatre cas, conclut à une infection secondaire. « L’évolution de ces cas, tous mortels, a été telle que les choses ne se passeraient pas autrement si un agent infectieux, accroissant sa virulence en traversant des organismes humains successifs, donnait lieu à des accidents de plus en plus rapides ». Et, là en- ‘core, les recherches bactériologiques ont été quasi négatives : dans trois cas, les cultures du sang, des urines, de la sérosité des phlyctènes sont restées stériles ; dans le quatrième, la culture des squames du thorax a donné des co-
-lonies de coli-bacille, organisme banal des téguments, auquel M. Le Gendre se garde bien d'attribuer la genèse de l'érythème.
Pratiquant des ensemencements du sang, soit de la circulation générale, soit au niveau des taches érythémateuses, dans cinq des cas rapportés dans la thèse de. Gillet, M. Etienne ma obtenu que des résultats négatifs, à l'ex-
ception de deux où les cultures donnèrent des colonies de staphylocoque.
‘En 1899, le même auteur rapportait au Congrès de Lille
un cas d'érythème avec purpura au cours de la fièvre ty-
phoïde, dans lequel la culture du sang mettait en évidence, à côté du bacille d'Eberth, un petit bacille court, qui existait en abondance dans le sang. Ce bacille n'était pas pathogène pour le cobaye. Etienne, sans attribuer à ce facteur une importance quelconque dans la genèse du type morbide observé par lui, le rapproche simplement de faits analogues : observation de Vincent et Cochez, où le streptocoque existait dans les viscères et le bagille d'Eberth
. dans le sang, observation de Wassermann, où l'association
strepto-éberthienne coïncidait avec un purpura secondaire.
La culture du sang pratiquée pendant la vie dans les deux cas de Rispal, rapportés dans la thèse de Pons, a été négative. Une certaine quantité de sang puisée dans le cœur à l’autopsie a fourni les mêmes résultats négatifs. Par contre, l’ensemencement du suc splénique sur gélose donnait une culture pure de bacille d'Eberth.
Remlinger, chez l’un de ses malades, préleva du sang dans une veine du pli du coude : les ensemencements donnèrent du staphylocoque blanc. L'auteur, avec justesse, n’accorde à cette constatation qu'une importance bien minime, |
Pater (in Thèse Delozière, et Tribune médicale, 1906) aboutit à des conclusions analogues : les cultures du sang
de ses malades ot donné pour la plupart des résultats:
négalifs ; dans quelques cas, elles ont donné des cultures de staphylocoque blanc, résultat attribuable, avec vraisemblance, de l'avis même de l’auteur, à une faute de tech-
nique.
L'étude bactériologique des érythèmes de la fièvre typhoide pourrait done se résumer ainsi : ,
Rôle hypothétique du streplocoque qui n'a jamais été mis en évidence dans le sang.
Résullals négalifs de la grande majorité des cultures du sang pendant la vie et du sang du cœur après la mort.