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CHAPITRE VIII. — PATHOGÉNIE

Mise en évidence, dans les quelques cas positifs, du staphylocoque, du coli-bacille, qui sont des hôtes normaux de nos téguments et les infiltrent si profondément qu'ils créent, au cours des recherches bactériologiques, une cause d'erreur des plus difficiles à éviter.

Cette étude bactériologique se réduirait donc en dernière analyse à bien peu de chose, s’il ne nous restait à parler des résultats obtenus par Leroux et Lorrain d’une part, et Trastour d'autre part, et de ceux auxquels, dans le même ordre d'idées, nous sommes arrivés avec M. Ribadeau-Dumas. Ces résultats tendent à mettre en cause un diplocoque, l’enterococcus proteiformis de Thiercelin.

Des deux observations de Leroux et Lorrain suivies d'examen histologique et bactériologique, nous ne retiendrons que la première ; la seconde, fièvre typhoïde tratnante avec complications multiples, ne nous semble nullement pouvoir rentrer dans le cadre de notre syndrome érythémateux. D'ailleurs, dans cette observation, les examens bactériologiques n’ont porté que sur les urines ; le sang n’a pas été ensemencé pendant la vie et les cultures post-mortem ont toujours été envahies par le coli-bacille.

Plus intéressante est l’observation d'Adrienne AÀ.., que nous rapportons à la fin de notre thèse. Elle manque cependant de toute culture du sang pendant la vie.

A lautopsie, l’ensemencement de la pulpe spléniquè donna des cultures pures de bacille d'Eberth. Par ponction du cœur et par examen d’un caillof ramolli qui extstait à la pointe du cœur droit, Leroux et Lorrain obtinrent, après ensemencement, des cultures d’un diplocoque qui, inoculé aux animaux de laboratoire, se montra virulent surtout pour le lapin dont la mort survint en moins - de vingt-quatre heures.

L'examen histologique du foie de la malade permettait de reconnaître, par la méthode de Gram, l'existence de diplocoques dans les vaisseaux, mais il ne s’en rencontraïit jamais dans les nodules inflammaloires signalés par ces auteurs. A l’'autopsie des animaux morts expérimentalement, on retrouvait sur les coupes d'organes les mêmes

diplocoques, qui se montraient en culture pure dans les milieux ensemencés avec le sang du cœur.

Leroux et Lorrain concluent que le diplocoque isolé à l’autopsie d’Adrienne A:.. doit être considéré comme l'agent de l'infection secondairé à laquelle la malade a succombé au cours de sa fièvre typhoiïde. Ils en donnent comme preuves : l'identité des lésions du foie observées chez Adrienne A:.. et expérimentalement chez les lapins, la grande virulence du diplocoque pour le lapin, sa présence dans les organes de l'enfant.

Cherchant à identifier leur diplocoque, Leroux et Lorrain, après quelques hésitations, le rapprochent de l’entérocoqueé par ce fait que son aspect change dans les vieilles

cultures et qu'il tend à y prendre la forme bacillaire. Mais notant d'autre part quelques différences, ils trouvent

. plus d’analogie encore entre leur diplocoque et le diplococ-

cus hemophilus isolé par Deguy dans les affections métadiphtériques (Deguy et. Legros, Soc. méd. des hôpitaux, 1902). : ;

Or, il semble bien résulter de l'étude très complète que Trastour a faite de l’entérocoque dans sa thèse, que le diplococcus hémophilus peut être identifié à l'entérocoque de Thiercelin. Par suite, le cas de Leroux et Lorrain vient s'ajouter aux deux cas de Trastour, dans lesquels cet auteur incrimine nettement l'entérocoque.

Mais pour bien comprendre ces faits, il est nécessaire de rappeler en quelques mots ce qu'est l'entérocoque de Thiercelin, et quel rôle pathogène lui a été attribué.

On trouvera les caractères bactériologiques et biologiques de l’entérocoque décrits tout au long dans la thèse de Jouhaud (1903) et résumés dans celle de Trastour. Nous rappellerons seulement que c’est un diplocoque prenant le Gram, susceptible de former des chaînettes, essentiellement polymorphe, se cultivant dans les milieux -habituels, mieux encore en anaérobie qu'en aérobie ; il ne liquéfie pas la gélatine ; ses cultures sont indéfiniment repiquables ; il est presque toujours virulent pour la souris.

Le tube digestif est le lieu d'élection de l’entérocoque

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