CHAPITRE VII. — PATHOGÉNIE
qui vit en saprophyte. dans l'estomac, l'intestin, les voies biliaires ; Thiercelin l'a isolé d'une manière presque constante des selles normales où sa constatation est aussi banale que celle du coli-bacille. | |
La vitalité de l’entérocoque est extrême et il s’ACCOMmode de la présence de presque tous les microbes. Le bacillus bifidus lui-même qui, d’après Tissier, s'oppose au développement d’un grand nombre de bactéries intestinales, n'empêche pas l’entérocoque de cultiver. Cette faculté qu'a l’entérocoque, agent saprophyte, de vivre facilement en AN P d'autres germes, rend compte de sa persistance dans l'intestin au cours des infections intestinales. « On peut même admettre, dit Trastour, que, par suite d'une exaltation de sa virulence, ou par le fait d’un affaiblissement de l'organisme malade, l’entérocoque puisse alors jouer lui-même le rôle d'agent pathogène et donner lieu à une infection ».
Ce sont ces infections que Trastour divise en septicémies primitives généralisées et en septicémies secondaires.
Des septicémies primitives à entérocoques ont été rapportées. par Hulot et Rosenthal, par Courtois-Suffit et Trastour, par Hudelo et Déhérain, par Loiseleur.
Mais, par cela même qu'il existe normadement à titre de saprophyte, lentérocoque doit jouer surtout un rôle d'agent secondaire. A la suite d’une maladie bien caractérisée, soit par exaltation de virulence du diplocoque intestinal, soit par affaiblissement du sujet, on pourra voir l’entérocoque devenir le point de départ d'une septicémie qui vient modifier l'affection causale ou lui succéder:
Abordant à ce sujet l'étude du syndrome secondaire de la fièvre typhoide, Trastour rappelle que les recherches bactériologiques antérieures ont donné peu de résultats. IL a lui-même observé à la Maison municipale de santé, avec M. Courtois-Suffit, une série de six de ces cas avec trois morts. Les -ensemencements du sang pratiqués ‘avec grand soin pendant la vie des malades ont élé négatifs dans quatre cas ; deux fois üs ont donné des cul-
le
tures pures d’entérocoque : l'un dé ces cas s'est terminé par la mort, l’autre a abouti à la guérison après une longue convalescence. Les règlements de la Maison municipale de santé n’autorisant pas les autopsies, il manque malheureusement à ces cas le contrôle histologique et expérimental.
Trastour n'hésite cependant pas à considérer l'entérocoque comme le facteur du syndrome secondaire avec érythème, état général grave, prostration, tendance à Fapyrexie avac élévation brusque de température et chute au-dessous de la normale, tous phénomènes signalés par les auteurs qui se sont occupés de septicémies à entérocoque. Il n’est pas jusqu’à la convalescence fraînante, avec amaigrissement prolongé, qui ne puisse être assimilée à
l'état de cachexie que Thiercelin et Jouhaud ont signalé
chez les animaux infectés expérimentalement par l’entérocoque.
Au point de vue pathogénique, Trastour admet l’infection endogène : l'entérocoque pathogène est le germe même qui vit en saprophyte dans l'organisme, germe devenu virulent sous une cause -quelconque, association microbienne, moindre résistance, etc. Parfois cependant, l'in-
fection pourrait être exogène, due alors à une. véritable . contagion.
Nous pourrions rapprocher de ces constatations de Leroux et Lorrain et de Trastour, celles de Sacquépée et Loiseleur ; mais elles concernent des érythèmes primitifs bénins, polymorphes ou noueux, et s'écartent par suite de notre sujet.
Au cours de nos érythèmes graves, nous avons cherché à élucider la question de la seplicémie secondaire. Sans prétendre la résoudre, nous croyons cependant avoir réuni quelques arguments contre cette théorie. Voyons d’abord les faits.
Dans la plupart des cas qu'il a pu observer dans le service de M. le Docteur Boulloche, du 1 janvier ad 1er mai, notre collègue Vielliard nous a dit avoir prati-