CHAPITRE VIII — PATHOGÉNIE
qué systématiquement l'hémoculture, en ensemençant, avec toutes les précautions d'usage, 5 centimètres cubes de sang, recueillis dans une veine du pli du coude, dans 2 à 300 centimètres cubes de bouillon peptoné. Les résultats ont toujours été négatifs : les cultures du sang sont restées stériles. <
Nous avons pratiqué nous-même la culture du sang dans quatre de nos cas (Obs. V, VI, VII, IX) Cette culture a été répétée deux fois dans l'Obs. VI, trois fois dans l'Obs. IX. Nos cultures, faites exclusivement en aérobies, sont toujours restées stéfiles (indépendamment bien entendu des cultures faites au début de la fièvre typhoïde, qui ont
pu être positives pour le bacille d'Eberth). Une seule fois.
(Obs. VIII), nous avons obtenu du staphylocoque blanc ; étant donné la fréquence de cet hôte habituel du tégument et la difficulté qu'il y a à se mettre à l'abri de cette cause d'erreur, nous n'attachons pas la moindre importance à cette constatation.
Après notre départ de l’hôpital Trousseau, des examens bactériologiques furent pratiqués dans dit cas par M. le Docteur Ribadeau-Dumas, qui a mis très obligeamment ses résultats à notre disposition.
Les examens ont porté : 10 sur le sang pendant la vie ; 20 sur les organes après la mort. Les cultures du sang post mortem ont été systématiquement négligées, leur valeur étant des plus contestables.
Les ensemencements de sang pendant la vie ont été pratiqués en cultures aérobies et en anaérobies.
Quatre fois les cultures sont restées négalives ;
+ Quatre fois les cultures anaérobies ont donné des colonies d’un diplocoque qui à été identifié à l’entérocoque (Obs. XX, XXI, XXV,: XXVI); dans l'observation XXV, l’'entérocoque était associé au bacille d'Eberth};}
Deux fois la culture anaérobie est restée négative alors. ‘que la culture aérobie donnait soit le bacille d'Eberth pur (Obs. XXVIII), soit l'Eberth et le coli-bacille (Obs. XXVIT):.
L'examen post mortèm des organes na jamais permis d'y retrouver l’entérocoque dans les.cas où il avail été trouvé dans le sang pendant la vie. Par contre, le bacille
>. à À ts
d'Eberth à l'état de pureté a été retrouvé dans la rate et la bile dans les Obs. XVII (infarctus suppuré), XX, XXVI, XXVII ; dans la bile, la moelle osseuse, les ganglions mésentériques, dans l’Obs. XXI, où il était associé au coli-bacille. -
Nous rappellerons ici ce que nous avons déjà dit à propos de l'anatomie pathologique, à savoir que l'examen histologique des organes (foie, reins, capsules surrénales),
n'a jamais permis dy déceler de nodules infectieux ou de
microbes. |
Ces faits sont-ils suffisants pour nous permettre d'incriminer l’entérocoque dans la genèse de nos érythèmes graves ? Nous ne le pensons pas. La question n’est pas de savoir ce qu'est l’entérocoque, s’il est une espèce à part ou sil constitue un’ groupe de transition entre le streptocoque et lé pneumocoque. Elle n'est pas non plus de discuter la valeur des observations qui ont été publiées comme septicémies à entérocoque ; loin de nous la pensée de contester le rôle pathogène de ce germe dans certains cas. La question est de savoir si ce rôle pathogène peut s'appliquer aux cas de syndrome érythémateux grave qui nous occupent. Un certain nombre d'arguments nous paraissent devoir Ia résoudre par la négative.
D'abord, les deux cas de Trastour manquent de contrôle histologique : il n'y a ni autopsie, ni examen post-mortem des organes. Dans le cas de Leroux et Lorrain, iln y a pas eu d’ensemencement du sang pendant la vie. -
L'entérocoque ne se retrouve que dune façon {rès inconstante dans le sang pendant la vie : Trastour ne le rencontre que deux fois sur six; Ribadeau-Dumas, quatre fois sur dix, exclusivement en cultures anaérobies.
Dans nos cas, où aucun nodule infectieux n'a Jamais été mis en évidence, l'entérocoque n'a jamais élé retrouvé dins les organes après la mort: ce qu'on retrouvait alors, c'était l'Eberth, dans la rate, dans la vésicule biliaire. De même, le cas de Leroux et Lorrain, le parenchyme splénique donnait des cultures pures des bacilles d'Eberth, alors que
le sang du cœur recueilli à l’autopsie donnait lentérocoque.