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CHAPITRE VIII. — PATHOGÉNIE

Sur les coupes du foie, Leroux et Lorrain ont vu et figuré leur diplocoque, mais il était dans les vaisseaux, jamais au niveau des nodules infectieux. Ce que nous savons de l’engahissement agonique et cadavérique du foie par les saprophytes de l'intestin ne nous permet pas d’attribuer ung bien grande valeur à la présence du diplocoque dans les vaisseaux hépatiques. Ce diplocoque n'a d’ailleurs été retrouvé ni dans la rate,. ni dans le rein, ni dans le myocarde. :

Reste sa virulence pour le lapin. Mais un saprophyte peut être virulent pour l'animal ; nous n’en voulons pour preuve que le pneumocoque de la salive tuant la souris en vingt-quatre heures. Cette virulence n’est pas plus une preuve en faveur du rôle pathogène de l’entérocoque, que ne l’est contre ce rôle l’absence de virulence pour la souris constatée par M. Ribadeau-Dumas sur: l'un de ses échantillons d'entérocoque ; à vouloir étayer d’une fàcon trop exclusive des Conclusions sur les résultats des inoculätions expérimentales, on s'exposerait aux plus graves erreurs.

Pour toutes ces raisons, nous pensons que le rôle de l'entérocoque, en ce qui concerne les érythèmes graves de la fièvre typhoïde, n’est nullement démontré. Ne Pa-ton pas retrouvé d’ailleurs dans des cas où il ne pouvait être incriminé d’avoir produit des désordres graves : Sacquépée et Loiseleur ont rapporté deux observations où l'entérocoque trouvé dans le sang coïncidait avec un érythème noueux des plus bénins. Sacquépée a observé une

série de paratyphoïdes bénignes où l’entérocoque était.

associé au bacille paratyphique.

L'existence très inconstante de l’entérocoque dans la circulation d’un typhoïdique au moment où Forganisme est affaibli, n'a pas d’auire intérêt, croyons-nous, que celui du passage dans le sang, d'un saprophyte banal dépourvu ‘de virulence. à la faveur des ulcérations Injestinales et de la déchéance de l'organisme.

L'entérocoque west d'ailleurs pas le seul germe susceptible de passer dans la circulation au cours de la fièvre

typhoide. Dans plusieurs de nos observations, nous trouvons le coli-bacille associé au bacille d’Eberth. Loison, Simonin et Arnaud (Revue de Médecine, 1893) ont trouvé 49 fois sur 66 le staphylocoque dans le sang de malades atteints de dothiénentérie. Spillmann, au Congrès de Montpellier de 1898, rappelait la fréquence de ces associations microbiennes. Sacquépée (Annales de lInstitut Pasteur, 1901) a rapporté un cas où le bacillus mesentericus coexistait avec le bacille d'Eberth. Récemment, Garnier et Simon (Soc. médicale des hôpitaux de Paris, 18 octobre 1907), cultivant systématiquement lé sang de quatre typhiques, ont mis deux fois en évidence la présence de germes anaérobies, qui apparaissaient dans la circulation lorsque les phénomènes généraux étaient accentués et la diarrhée très abondante. Il est probable que

ces germes, auxquels les auteurs n'attribuent aucune ac-

tion pathogène, provenaient de la flore intestinale si riche en anaérobies : ils auraient traversé la muqueuse ulcérée pour pénélrer en simples saprophytes dans le torrent cir-

. culatoire. Il y a tout lieu de penser que l'entérocoque,

rencontré parfois dans la circulation des typhiques, a une origine identique et joue un rôle aussi effacé dans la genèse des accidents qui caractérisent le syndrome érythémateux. |

Mais de ce que l’entérocoque ne nous semble guère devoir être mis en cause, nous ne voudrions Cependant pas faire absolument table rase de la théorie de l'infection secondaire, et la porte reste ouverte de ce côté à des recherches nouvelles. L'hypothèse serait même assez séduisante d’un agent pathogène, encore inaccessible à nos moyens d'investigation, agent vraisemblablement saprophyte, pouvant dans des conditions spéciales devenir nocif directement, sans quil lui soit nécessaire de passer dans la circulation, (en élaborant, par exemple, des toxines dans l'intestin), — ou mieux encore en faisant acquérir des propriétés plus virulentes au bacille d'Eberth.

Ce que nous savons des symbioses et des accroissements de virulence qui en résultent si souvent, s’accorderait assez

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