‹ Les Érythèmes GravesChapitre 62 sur 87 · CHAPITRE VIII — PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII — PATHOGÉNIE

bien avec celte hypothèse et permettrait jusqu'à un certain point d'interpréter l’évolution en série des érythèmes, Sans qu'il soit besoin de faire intervenir une contagion qui, nous l'avons vu, n’est nullement probable. Il suffirait que ces conditions spéciales, nécessaires à la nocivilé du saprophyte supposé, fussent les mêmes pendant une période plus ou moins longue et plus ou moins régulière, pour que les accidents se reproduisent, toujours les mêmes, soit que le saprophyte.devenu virulent intervienné

directement par ses toxines, soit qu'il accroisse la virulence .

du bacille d'Eberth et développe chez lui de nouvelles propriélés pathogènes. Mais, envisagée ainsi, cette hypo-

thèse se rattache indirectement aux théories qu'il nous

reste à exposer.

IV. — LES ÉRYTHÈMES SONT SOUS LA DÉPENDANCE DE LA! FIÈVRE TYPHOIDE ELLE MÊME. — Nous atfrivons en effet à un groupe de théories, qui, laissant de côté toute influence étrangère à la dothiénentérie, rapportent à la seule fièvre

typhoïde la pathogénie du syndrome. Elles considèrent les

érythèmes comme un incident de la fièvre typhoide, un sym= ptôme rare, une forme clinique spéciale. Ces théories sont au nombre de trois. RCE

1o Théorie de la décharge bactérienne (Lovy). —

Nous n’insisterons pas sur cette théorie, déjà ancienne, formulée par Lovy à propos des érythèmes rubéoliformes qu'il a eu l’occasion d'observer, Cet auteur pense qu'il se produit, à la fin de la dothiénentérie, une véritable crise, caractérisée par un effort de l'organisme pour éliminer les bacilles d'Eberth dont il est imprégné. Cette élimination se ferait sous forme de véritables décharges bactériennes par le rein et par la peau, comparables à celles qu'Hanot a mises en évidence dans un cas de miliaire au cours de la fièvre typhoide. L’élimination par le rein déterminerait une néphrite hémorragique de la. défervescence, dont le pronostic serait très bénin (1). L'élimination par la peau provoquerait l'exanthème par embolies mi-

crobiennes capillaires du derme et des glandes sudoripares.

Si l'hypothèse de Lovy était exacte, les érythèmes et les néphrites hémorragiques devraient s'observer fréquemment au cours de la dothiénentérie, au moment de la défervescence ; ce sont au contraire des accidents exceptionnels. D'ailleurs cette hypothèse ne s'appuie sur aucune recherche histologique ou bactériologique au niveau des téguments.

2° Théorie des toxines érythrogènes du bacille d'Eberth. — Dès 1894, frappé par la faiblesse des arguments sur lesquels reposait la théorie de la septicémie secondaire, M. Galliard s’est demandé si, ces érythèmes ne pourraient être simplement considérés comme un symptôme cutané de la fièvre typhoïde et a été tenté de les rapporter à une {oxhémie érythrogène sous la dépendance des toxines éberthiques.

. « Plusieurs microbes, dit-il, isolés ou associés. sont au même degré susceptibles de sécréter un poison ou des poisons qui auront pour expression symptomatique l'érythème dit infectieux ; et je ne vois aucun motif pour réserver le privilège de l’érythrogénie au streptocoque où au colibacille, pour en déposséder les autres microbes. De même que je considère l’érythème cholérique comme un symptôme el non comme une complication du choléra, de même je considère l’érythème de la fièvre typhoïde comme un des symptômes rares de l'infection éberthique. Nous sommes assez renseignés sur le polymorphisme de cette infection, pour estimer qu’elle puisse parfois se traduire à nos yeux par un exanthème à la période d'état, ou déterminer, pendant la convalescence, un érythème pseudoréversif comme elle produit la rechute vraie ».

Gillet invoque, lui aussi, l’action sur la peau des poisons érythrogènes sécrétés par le bacille typhique.

C’est aussi l'opinion de Rispal, qui, s'appuyant sur les résultats négatifs obtenus par l’ensemencement du sang de ses malades et de ceux de ses devanciers, conclut que

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