TRAITEMENT
Nous sommes à peu près désarmés en présence des accidents toxi-infectieux que nous venons d'étudier. Il faudrait donc avant tout chercher à prévenir l'apparition de cette complication par des moyens prophylactiques, bien peu efficaces eux-mêmes le plus souvent.
On s’opposera, dans la mesure du possible, à la stagnation des germes morbides dans l'intestin et à la putréfaction intestinale. Dans ce but, les antiseptiques intestinaux, comme le salol, le bétol, le benzo-naphtol, accusés à juste titre de pouvoir provoquer des érythèmes toxiques, ne seront pas employés. On se contentera de balayer mécaniquement l'intestin par un léger purgatif, prescrit tous les deux jours, purgatif salin comme le citrate de magnésie à faible dose.
L'état de la glande hépatique sera surveillé avec le plus grand soin. On pourra donner à l'organisme des matériaux
fournissant au foie du glycogène (Legry) : glycérine, tisa-
nes sucrées, etc. Tous les produits toxiques, médicamenteux et alimentaires, susceptibles d'augmenter le travail du foie, seront supprimés.
Mais l’érythème est apparu. Nous avons vu qu'il constitue au cours d’une fièvre typhoïde normale jusque-là un incident sans gravité, lorsqu'il est réduit à l’éruption sans coexistence de symptômes graves. Il n’y a par conséquent aucune raison de chercher à modifier son évolulion par des moyens thérapeutiques aléatoires. Il suffira de supprimer les médicaments érythrogènes et d'instituer une bonne hygiène de la peau : lotions chaudes, poudres inertes, pommades calmantes s'il y a du prurit.