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A mesure que l'esprit chrétien se répandit dans la société, on s'accoutuma davantage à considérer comme une bonne œuvre l'affranchissement d'un esclave. Aux yeux des fidèles, c'était une aumône, l'aumône de la liberté. Saint Pierre avait dit au paralytique : « Je n'ai
* Acta SS. Cantiiy Cantiani et CantianUlae, ap. Acta 55., Maii, »• VII, p. 421. — » Vita S. Donifacii, ap. Acta 55., Maii, t. III, p. 280. "-* Acta 55., Junii, t. V, p. 267. — * Vita 5. Euphraxiae^ 3, ap. MaSS.y MarUi, t. H, p. 264. — ' S. Jean Chmoslom^^ , lu \ Cot, Pomilia XL, 5.
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tous leurs esclaves. C'est im contemporain de Trajan, cet Hermès dont j'ai déjà parlé, affranchissant, le jour de Pâques, douze cent cinquante esclaves, et leur faisant des présents pour les mettre en état de subsister *; un préfet de Rome, Chromatius, converti par saint Sébastien, en môme temps que ses esclaves, au nombre de quatorze cents, et les renvoyant libres et comblés de dons avec ce mot, qui rappelle une parole ^célèbre de saint Paul : « Ceux qui ont commencé à avoir Dieu pour père ne sauraient être les esclaves des hommes ';» une courtisane convertie, sainte Eudoxie, affranchissant toutes ses servantes, leur partageant le riche mobilier de sa maison et distribuant à chacune deux mille aum*; une noble matrone de Pergeafiranchissant à la fois ses deux cent cinquante esclaves et leur laissant leur pécule*; saint Pantoléon, après la mort de son père, renvoyant libres tous ses esclaves cl leur donnant de grandes sommes d'argent ^ ; sainte Mélanic la jeune affranchissant en un jour huit mille esclaves °; le consul Gallicanus, martyrisé sous Julien, donnant à cinq mille serviteurs la liberté et la cité ro* maine, leur distribuant en même temps des champs et des maisons et se faisant, à son' tour, l'esclave des pauvres ' ; saint Zenon % saint Georges deCappadoce^
i Acia S. Alexamtn, îlp. Acta SS-i Maîi, t. I, p; 37 1. — « Àctd S.Sebastiani, ap; Acta 55., Januarii, t. lï^ p. 275. — ' Yita S. Eudo.tiae ap. Acta 55., Martii, t. I, p. 10. — * Acta S. CflWiopM.ap- Acta 55., Àprilis, t. I, p. G58. — ^ Acta S. Pantoleonis^ ap. Mi(^ SS., Julii, t. Vï, p. 412. — « Palladiiis, Hist. Lausiaca, 119. -^'Acta 55. Joannis et Pauli, ap. Acta SS.^ Jiinii, t. VII, p. 3i. — • Acta S- Zenonis, ap. Acta 55., Juuii, t. V p. i05. — " Acta 5. Geqrgu, a|>- ActaSS., Aprilis, t. Ul, p. \\^.
saint Cantius, saint Cantianus, sainte Cantianilla', sainte Aglaé^, le bienheureux Samson Xénodochus ', sainte Euphraxie*, et tant d'autres, affranchissant de leur vivant tous leurs esclaves. Cette liste est loin d'être complète : elle est bien éloquente si l'on se rappelle que l'antiquité païenne ne fournit pas un seul nom qui puisse être rapproché de ceux-ci. A la fin du iv* siècle, saint Jean Ghrysostome proposait ces exemples comme idéal aux riches chrétiens; il répondait ainsi à un argument présenté de tout temps par les défenseurs de l'esclavage. Nous possédons des esclaves, disait-on alors dans le monde romain, comme naguère en Amérique, par charité pour ces malheureux, qui sans cela mourraient de faim. « Si vous possédiez par charité ce grand nombre d'esclaves, répond saint Jean Ghrysostome, vous ne les emploieriez pas tant à vous servir, mais, après les avoir achetés, vous leur apprendriez les métiers nécessaires au soutien de leur vie, et ensuite vous les renverriez libres ^ y*