IV INTRODUCTION
de passionner les esprits. Il n'en est point, en effet, dont la solution soit plus importante pour une exacte appréciation du rôle social du christianisme et de la place occupée par lui en ce monde. S'il était vrai qu'il fût demeuré étranger à la guérison ■ d'une des plaies les plus douloureuses et les plus profondes qui aient jamais affligé l'humanité, la nécessité d'un secours d'en haut pour relier celleci apparaîtrait avec moins d'évidence, et bien qu'une logique rigoureuse n'en pût rien conclure contre la divinité des origines chrétiennes, au moins faut-il reconnaître qu'un des arguments extérieurs les plus saisissants et les plus populaires se briserait entre les mains des apologistes. Si, au contraire, la force qui a détruit l'esclavage, qui en a usé la chaîne anneau par anneau jusqu'à ce qu'elle se dissolve et tombe en poussière, a son principe dans les idées nouvelles que le christianisme a révélées aux intelligences, dans les sentiments nou-* veaux qu'il a fait naître dans les cœurs, dans lesl nouvelles mœurs qu'il a créées, dans une transfor» mation du monde moral dont il est l'auteur, il n'y a point encore là, sans doute, une démonstration formelle de sa divinité, mais au moins une de ces preuves indirectes dont il est impossible à un esprit hon prévenu de méconnaître entièrement la valeur. (r Vous jugerez l'arbre à ses fruits, i> a dit TEvanê^^y^j et répète après lui l'inslincl du ç^eut^\v\xm^^^ •