‹ Les esclaves chrétiensChapitre 7 sur 37 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

contre ceux qui les réduisaient en servitude. Cependant Tabolition de l'esclavage moderne ne fut pas due tout entière aux influences ecclésiastiques. Quand, au commencement de ce siècle, la conscience publique se réveilla, c'est à des politiques, à des hommes d'État, chrétiens pour la plupart, il faut le reconnaître, tous, au moins, ayant respiré ces idées chrétiennes dont l'atmosphère morale est comme saturée depuis dix-huit siècles, que fut réservée la gloire de lui porter le dernier coup. Des lois votées par des assemblées parlementaires dénouèrent, dans les colonies européennes, ces chaînes de la servitude, qu'une guerre civile brisa violemment aux États-Unis. Pendant le moyen âge, et surtout à l'époque moderne, l'action du christianisme sur l'esclavage est donc, pour certains esprits superficiels, à demi cachée par les instruments dont il se servit ou les alliés soit volontaires, soit inconscients qu'il rencontra : elle est toute morale^ elle échappe à ceux qui ne cherchent dans l'histoire que des faits bruyants ou des dates. Pour bien ap

,.| précier la nature de cette action, en mesurer l'effi cacité et en reconnaître la force réelle, il faut pouvoir se placer à une époque où le christianisme et l'esclavage ont été seuls en présence, le premier

4 n'étant secondé ou couvert par aucun allié. Telle est précisément la période antérieure à l'établisse-

„. ment définitif des barJbares en Occidet\U La dV^v

Vm INTRODUCTION.

sation païenne d'un côté, la religion nouvelle de Fautre, se trouvent alors face à face. Si, pendant les cinq ou six premiers siècles de notre ère, le sort des esclaves fut adouci, leur condition transformée, leur âme relevée, leur affranchissement futur préparé, ce résultat, qui dut être arraché pièce à pièce, pour ainsi dire, à toutes les puissances de la société antique, ne peut être attribué qu'à l'influence chrétienne, et cette influence n'a été aidée, pour l'atteindre, par aucun secours extérieur, ni modifiée par aucun alliage étranger. C'est elle-même, elle seule, que l'on voit agir. L'étude des documents contemporains nous donne ce spectacle. Ils nous montrent, pendant les cinq premiers siècles, l'Église travaillant sans relâche, et par ses seules forces, à détruire le fait de l'esclavage. Il était encore debout et puissant au milieu du vi* siècle, mais debout et puissant comme un arbre dont toutes les racines ont été coupées, et qui doit, à un jour plus ou moins prochain, sans qu'il soit besoin, pour l'ébranler, d'une secousse violente, tomber de lui-même. Le moyen âge vit sa chute et y contribua : mais les premiers siècles l'avaient préparée, rendue inévitable et adoucie d'avance.

Tel est le sujet de ce livre. Dans une première partie, VEsclavage romain^ j'essaie de mettre sous /os jeux du lecteur la plaie vive que le christianisme sentît frémir sous sa main le jo\ir o\v \\ exvVc^ ^w

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