INTRODUCTION. IX
contact avec la société païenne. On peut comparer la servitude à cette plante d'Orient qui donne la mort à ceux qui sont endormis sous son ombre : au 1*' siècle de notre ère, l'esclavage était répandu partout, et toutes les forces sociales semblaient frappées de stérilité. Il avait causé les plus grandes perturbations dans la sphère des lois qui président à la production et à la distribution de la richesse : non-seulement son souffle empoisonné avait arrêté l'essor de l'industrie et ruiné l'agriculture, mais encore, pénétrant jusqu'aux plus intimes profondeurs du monde économique, il avait altéré la notion même du travail et fait de celui-ci un objet de mépris : par le contre-coup de ce préjugé, la classe entière des hommes libres avait été précipitée dans l'oisiveté, et un nombre considérable d'entre eux était tombé à la charge de l'État. Dans l'ordre moral, l'influence délétère de l'esclavage avait amené des lésions non moins profondes : la corruption était descendue des maîtres aux esclaves et remontée des esclaves aux maîtres : la conscience morale avait été détruite chez les uns par le pouvoir de tout exiger, chez les autres par la nécessité de tout souflrir : dans ce lamentable échange de vices, les liens de famille s'étaient affaiblis, presque rompus, et l'oeil inquiet des politiques avait plus d'une fois mesuré la ruine dont la sodfelfe ^^mX menacée Je Jour où la puissante insUluUotv ôie^X^