‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 127 sur 449 · LIVRE I, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE V

plaignent d'avoir esté surprins, il les envoyent desfier premièrement, & les avertissent des gens qu'ils meinent, descrivant les armes défensives & offensives qu'ils portent : si les autres se rendent on ne leur fait aucun desplaisir : mais s'ils font les asseurez, disans n'avoir peur & estre prests à se défendre, de là en avant ils peuvent s'entrecourir sus, & se faire la guerre par tous les moyens de finesse & de trahison dont ils se peuvent aviser, sans en encourir blasme. » (XIV, XVI.)

P. 27, 1. 19. Les anciens Florentins). Ce fait est allégué chez Machiavel, Historié florentine, II, et aussi chez Giovanni Villani, Chronica, VI, lxxv. Montaigne ne reproduit les mots d'aucun de ces deux auteurs. Comme l'ouvrage de Villani figurait certainement dans sa bibliothèque, on peut supposer qu'il a puisé chez Villani.

P. 27, 1. 24. Lysander). Cf. Plutarque, Vie de Lysandre. « Quand la peau du lion n'y peult fournir, disoit-il, il 3' faut coudre aussi celle du regnard. » (iv, f° 306 r°.) C'est une image tout à fait courante. Elle est déjà chez Pindare. Au xvi' siècle elle a été reprise et vulgarisée par Machiavel dans le Prince (passim et en particulier chap. xviii). On la trouve dès lors partout : chez Gentillet (^Discours sur les moyens de bien gouverner , III, xii), qui combat l'opinion de Machiavel; chez Droit de Gaillard (^Méthode de l'histoire, éd. de 1579, p. 209), dans les Politiques de Juste Lipse (IV, xiii), etc.

P. 28, 1. 8. Aux seigneurs de Montmord & de VAssigni). Il s'agit du siège de Mousson qui eut lieu en 1521. Cf. Les Mémoires des frères du Bellay qui fournissent visiblement l'idée mère de cet essai : « Parquoy le seigneur de Montmort & celuy de Lassigny y allèrent en personne & y feirent composition telle... chose qui fut trouvée mauvaise par le roi, attendu que... & aussi que les deux lieutenans du roi estoient ensemble sortis au camp de l'ennemy

pour parlamenter : chose non usitée parmv les hommes qui font profession des armes. » (I, 22.)

P. 28, !. 12. Regge). Cf. les Mémoires des frères du Bellay : « Estant donc arrivé audit lieu de Rege ledit seigneur de l'Escut, demanda de parier au gouverneur (Guy de Rangon), lequel sortit hors la porte plus avant que la barrière, & ledit seigneur de l'Escut descendit à pied. Pendant leur parlement l'alarme se donna dedans la ville, & fut crié de dessus la muraille audit gouverneur, que l'assault se donnoit à la porte de Modene, laquelle chose entendue, le Comte Guy dit à mondit seigneur le mareschal, monseigneur, entrez dedans.... Mais entrant dedans quelqu'un de la ville estant sur la muraille, tira un coup d'arquebouze, duquel fut frappé à travers du corps le seigneur Alexandre Trevoulce, & cinq ou six jours après il mourut dedans Parme... » (I, 29.)

P. 28, 1. 13. Car Guicciardin). Cf. Guichardin, Histoire d'Italie, p. 670.

P. 28, 1. 21. Eumcnes). Cf. Plutarque, Vie d'Eumène. « Peu de jours après Antigonus arriva devant la place, & premier que l'assiéger, luy manda qu'il veint parler à luy, en fiance... Et comme derechef Antigonus insistast, en disant qu'il estoit raisonnable, qu'il veint devers luy, attendu qu'il estoit le plus grand & le plus fort, Eumenes fit responce. Je n'estimeray jamais homme plus grand que moy, tant que j'auray mon espee en ma puissance. Antigonus à la fin y envoya dedans la place son propre nepveu Ptolomieus, ainsi comme Eumenes le demandoit. » (v, î° 413 r°.)

P. 29, 1. I. Henry de Vaux). Cf. Froissan, I, ccix; éd. Lettenhove, t. VI, 247. Montaigne ne répète pas les mots de Froissart, mais son récit est fidèle.

Chronologie : Des emprunts avoués aux Mémoires des frères du Bellay (p. 28, 1. 8, et p. 28, 1. 12) et à Guichardin (p. 28, 1. 13), prouvent, que cet essai est de 1572 environ.

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