‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 139 sur 449 · LIVRE I, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XIV

condition, aprcs l'avoir bien regardée, appercevant qu'elle avoit le ne/, pointu Se les joues plates, dict qu'il n'en vouloit point, & prononça un certain proverbe en rhythme de son language, la substance duquel est que sous un nez pointu & joues plates il n'v a rien de bon. » (Éd. de 1566, p. 175; éd. de 1735, XV, xx.)

P. 61, I. 2. Ceux de la ville ii' Arias). Cf. Bouchet, Annales d'Aquitaine : « Le roy print par force la cité d'Arras... & les principaux habitants d'icelle furent punis &: décapités : à partie desquelz le Roy eust pardonné s'ils eussent voulu dire, vive le rov : mais ils aimoient mieulx mourir que s'humilier. » (F° 160 v".)

P. 61, 1. 5. Au Royaume de Narsinque). Cf. Goulard, Histoire du Portugal : « Après leur mort (des Banlanes ou religieux du pays) on enterre les vefves toutes vifves auprès d'eux. Les autres femmes après le deces de leurs maris sont portées en grande compagnie de leurs parents & amis avec chansons de resjouissance & de louange près d'un feu ardent dedans lequel on les jette vives... Quand le Roy meurt, on alume un feu de bois odoriferans, & met on le corps sur le bûcher. Lors on luy baille pour compaignie toutes .ses concubines, tous ses mignons, ses domestiques & serviteurs qui sont bruslez avec ce corps.

» Or ils accourent si alaigrement à ce feu, qu'on void manifestement qu'ils estiment que le plus grand honneur qu'ils pourroyent jamais acquérir consiste à estre compagnons de leur Rov en sa mort. » (IV, II, f" 118 V".)'

P. 61, 1. 12. De ces viles aines de bouffons). Cf Bonav. Despériers, Nouvelles récréations : « Je loiierois beaucoup plus celuy de nostre temps, qui a esté si plaisant en .sa vie, que par une Antonomasie, on l'a appelle le Plaisantin : Cho.se qui luy estoit si naturelle & si propre, qu'a l'heure mesme de la mort, combien que tous ceux qui y estoient le regretassent : si ne purent ilz jamais se fascher, tant il mourut plaisamment. On luy avoit mis son lict au long du feu, sus le piastre du fover pour estre plus chaudement. Et quand on luy demandoit, Or ça mon amy, ou vous tient il? Il respondoit tout foiblement, n'ayant plus que le cœur & la langue, Il me tient, dist-il, entre le Banc & le Feu, qui estoit à dire qu'il se portoit mal de toute la personne. Quand ce fut à luv bailler

l'extrême Onction, il avoit retiré ses piedz a cartier tous en un monceau. Et le prestre disoit : Je ne sçay où .sont ses piedz. Et regardez (dist-il) au bout de mes jambes, vous les trouverez. Et mon amy ne vous amusez point à railler, luy disoit-on. Recommandez vous a Dieu : Et qui y va? dit-il. Mon amy, vous irez au-jourd'huy, si Dieu plaist. Je voudrois bien estre a.s,seuré, disoit-il, d'y pouvoir estre demain pour tout le jour. Recommandez vous à luy, & vous y serez en huy. Et bien disoit il, mais que j'y sois, je ferai mes recommandations moy mesmes. Que voulez vous de plus naïf que cela? Quelle plus grande félicité?» (P 7 r".)

P. 62, I. 4. Fille des Kantiens). Cf. Plutarque, Vie de Bruius : Le récit de Plutarque très développé, se termine ainsi : « Brutus feit à son de trompe crier par un herault qu'il donneroit certain pris d'argent à tout soudard qui pourroit sauver un Xanthien : & ne s'en trouva, à ce que l'on dit, que cinquante seulement, qui furent sauvez mal gré eulx. )) (viii, f" 695 V".)

P. 62, 1. 10. /.(' premier article). C'est le début du serment prononcé par les Grecs avant Platée. Cf. Diodore de Sicile, V, xxix; Lycurgue, Contre Léocrate, p. 158; Théon, Progymnasm., n, etc. J'ignore quelle est la source de Montaigne.

P. 62, 1. 16. Les Roys de Castille). Tout ce récit est résumé d'Osorio, Histoire du roi Eniinanuel, qui a conté ces événements très longuement. (Cf. éd. latine de 1574, î°^ 6 r° et 13 r"; trad. Goulard, p. 6 et 15.) Montaigne s'est certainement ser\i pour ce morceau de l'édition latine.

P. 62, 1. 16. lan de Portugal). Jean II, qui régna de 1481 à 1495.

P. 63, 1. 2. Emanuel). Successeur de [ean II, roi de 1495 à 1521.

P. 63, 1. 27. En la ville de Castclnau Darr\). (Passage ajouté dans l'édition de 1595 ; ci. p. 464 du t. I.) Cf. du Haillant, Hist. de France : « La ville de Castelnau d'Arri fut longuement assiégée, en laquelle furent pris 50 hommes, qui aimèrent mieux estre bruslez tous vifs que de revenir.» (Éd. de 1576, p. 512.)

On peut voir le même fait encore dans du Tillet,

Sommaire de l'Histoire de la Guerre faicte contre les heretiqties Albigeois, extraicte du Thresor des Chartes du Roy. Paris, 1590, p. Il; mais on constatera que le texte est très différent et que là n'est pas la source de Montaigne. P. 63, 1. 27. Ouoties). « Combien de fois n'a-t-on pas vu non seulement nos généraux, mais nos armées entières, courir à une mort certaine? » (Cicéron, Tusc,

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