‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 146 sur 449 · Chapitre XX · texte numérisé non relu

Chapitre XX

QVE PHILOSOPHER C EST APPRENDRE A MOVRUl.

P. loo, 1. I. C'uxro). Cf. Tusc. : « Tota philosophorum vita, ut ait ideoi (Socrates), commentatio mortis est. » (I, xxx.) Après 1 588, dans l'essai III, xu, Montaigne reprendra cette pensée de Cicéron, mais pour la contester. Cicéron l'a traduite du Phàion.

P. 100, 1. 2. C'est d'autant que J'estiide et la contempJatiûii). Id., ilnd., I, xix, et surtout I, xxxi, où cette pensée est développée : « Nam quid aliud agimus, quum a voluptate, id est, a corpore, quum a re lamiliari, qu;e est ministra & tamula corporis, quum a republica, quum a negotio omni sevocamus animum? Quid inquam, tum agimus, nisi animum ad se ipsum advocamus, secum esse cogimus, maximeque a corpore abducimus? Secernere autem a corpore animum, nec quidquam aliud est quam emori discere?» (I, XXXI.) En tout ce passage, Cicéron imite de très près le Phi'doH de Platon.

P. 100, 1. 6. De vra\ ou la raison). Comparer la même idée chez Cicéron, dans le De fiuibns, II, xxvii, etV, XXIX. Cicéron l'exprime dans une attaque contre l'épicuréisme. On comprendra par là combien il est peu à propos de citer ce passage pour prouver que dès 1572 Montaigne était franchement épicurien.

P. 100, 1. 9. La saincte escritiire). Cf. Ecries., III, verset 12. «Et cognovi, quod non esset melius, nisi liftari, & facere bene in vita sua. »

P. 100, 1. 13. Traiisc/irraiiiiis). «Laissons ces subtilités. » (Sénèque, ép. 117.)

P. loi, 1. 9. Non celii\ de la vii[nr). Cicéron dans les Tnscnlanes, II, xviii, dit que le mot « virtus » vient de « vis » qui signifie force, courage. La même étj'mologie est rapportée dans l'essai II, vu, p. 67, 1. 15.

P. ICI, 1. 19. Ce n'est pas d'un pareil soiug). Cf. la

même idée et le même mouvement dans Sénèque, ép. 70.

P. 102, 1. n. Xenophilus). Cf. Valère Maxime, VIII, XIII, ext. 5. Mais Valère Maxime dit 105 ans et non 106. L'exemple de Xenophilus est d'ailleurs repris dans les collections d'exemples de morts que nous trouverons tout à l'heure entre les mains de Montaigne. Cf. en outre Pline, Hist. uat.,'Wl\, li; Crinitus, De honesta disciplina, VII, x, etc.

P. 102, 1. 17. Oinnes eodein). «Tous nous sommes poussés au même terme; tous, de l'urne qui s'agite, plus tôt ou plus tard, nous verrons sortir notre billet qui nous enverra par la barque de Caron dans l'éternel exil. » (Horace, Odes, II, m, 25.)

P. 102, 1. 22. Il n'est lien). Cf. Sénèque : « Nihil est unde non subeat. Itaque, ut in hostili regione versantibus hue & illuc circumspiciendum est, & ad omnem strepitum circumagenda cervix. » (Ep. 74, p. 268.)

P. 102, 1. 24. Oua- quasi sa.xiiiu). « C'est le rocher qui pend sans cesse sur la tête de Tantale. » (Cicéron, De fin., I, XVIII.)

P. 103, 1. 3. Kon sicuhr). «Les mets les plus exquis lui seront sans saveur, les chants des oiseaux et les accords de la lyre ne lui rendront pas le sommeil. » (Horace, Odes, III, i, 18.)

P. 103, 1. 10. Audit iter). « Il s'enquiert du chemin, il compte les jours, il mesure sa vie sur la longueur de la route, tourmenté sans cesse par l'idée du supplice qui l'attend. » (Claudien, In Ru/., II, 137.)

P. 103, 1. 17. Oui capile ipse). «Puisqu'il s'est mis dans la tête d'avancer à reculons. » (Lucrèce, IV, 472.) Le texte est conforme à l'édition Lambin, p. 308.

P. 103, 1. 25. Les Romaim). Cf. Plutarque, Vie de Cicéroji). «Il se tourna vers eulx & leur cria tout hault. Ils ont vescu. Ce qui est une façon de parler dont usent quelquefois les Romains quand ilz veulent éviter la dureté de ceste rude parole de dire. Il est mort. » (xxii, f" 559 r".)

P. 104, 1. 5. J cette heure). C'est en 1565 que Charles IX rendit une ordonnance pour iixer le commencement de l'année au premier janvier au lieu de Pâques. Le Parlement ne se conforma à cette ordonnance que deux ans plus tard, et ne commença l'année au premier janvier qu'en 1567.

P. 104, 1. 25. Oiiid giiispe vitct). « L'homme ne peut jamais bien prévoir les dangers de chaque heure. » (Horace, Odes, II, xiii, 13.)

P. 105, 1. 2. Duc de Bretaii;iie). Il s'agit de Jean II, mort en 1305. Pour tous ces exemples il faut se reporter aux recueils d'exemples du temps, au Thea- Iriiin vita' biimaua- de Zwinger, surtout à YOfficiiia de Ravisius Textor qui, réunissant tous les exemples que nous retrouvons ici chez Montaigne, me semble avoir été mis à contribution par lui (Cf. Ravisius, f° 31 r°). Volatéran avait déjà recueilli cet exemple. Montaigne le trouvait encore dans les histoires de Gilles, de Bouchet (f" 102 r") qu'il lisait à la même époque.

P. 105, 1. 3. Pape Cknicnl). Il .s'agit de Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, pape sous le nom de Clément V, de 1305 à 13 14.

P. 105, 1. 4. Un de nos roys). Henri II, blessé à mort dans un tournoi le 29 juin 1559 par le comte de Montgommery. Jean de Marcouville, dans son Recueil d'aucuns cas werveilkiix (1563) commence par l'exemple d'Henri II son chapitre vu intitulé : Jjts eslran^es morts d'aucuns roys et grands seigneurs. Déjà on faisait de la mort d'Henri II un sujet de méditation. Zwinger la mentionne dans son Tbcalnini, col. 538.

P. 105, 1. 4. Un de ses ancestres). Philippe, fils de Louis le Gros, qui n'a pas régné, mais qui a été couronné du vivant de son père. L'exemple est dans toutes les compilations du temps, depuis la compilation de Fulgose qui l'a recueilli (IX, xii). Montaigne a dii le prendre chez Ravisius Textor comme presque

tous les exemples de ce chapitre, mais Ravisius parle d'une chute de cheval sans mentionner le pourceau (f° 25 r^). Montaigne a complété sans doute par quelqu'un des historiens qu'il lisait alors, peut-être Nicolle Gilles, peut-être plutôt Jean Bouchet qui dit : ft L'année prochaine précédente, Philippes filz aisné du dict roy Loj-s le Gros, auquel il avoit baillé la couronne de France, estoit mort d'une cheute de cheval, en la rue Sainct Antoine à Paris, par la fortune d'un pourceau, qui s'estoit mis entre les jambes d'un fol cheval, que le dict Philippes chevauchoit. » (P 72 r».)

P. 105, 1. 5. ^izschihis). Valùre Maxime, IX, xii, ext. 2, raconte le û\k un peu autrement; voir Ravisius, f° 33 v°, etc.

P. 105, 1. 7. L'antre). Anacréon. Cf. \'aière Maxime, IX, xii, ext. 8, etc.

P. 105, 1. 9. Aziniliiis Lepidiis). Cf. Pline, Hist. nal., \'n, LUI. « Q.. vEmilius Lepidus, jam egrediens incusso pollice limini cubiculi. » Le texte de Pline est répété par Ravisius.

P. 105, 1. 10. Anfidiiis). Id., ibid. : « Cum in senatum iret offenso pede in comitio. »

P. 105, 1. 12. Cornélius Gallus... Tigellinns... Ludovic... Speusippus... L'un de nos papes... Ces cinq exemples sont réunis dans le recueil de Ravi.sius Textor sous le titre » Morlui in actii veuereo ». Dans le Tbeatruiu 'cita- l'exemple de Ludovic fait défaut; les quatre autres y sont. Ces auteurs ont trouvé l'exemple de Cornélius chez Pline, H/.T/. nal.,\ïl, lui. Celui de Speusippus vient de V Apologétique de Tertullien; d'ailleurs Diogène Laerce prétend au contraire que ce philosophe se tua lui-même à un âge avancé, et Plutarque le fait mourir de maladie pédiculaire. Quant au pape auquel Montaigne tait ici allusion, il s'agit de Jean XXII, d'après Platine : « Cujus mors eo turpior est quo sanctiorem eum esse oportet, qui dignitate ceteros antecellit. » C'est .sans raison qu'on a voulu reconnaître ici Jules IL

P. 105, 1. 15. Le pauvre Bcbius). Cf. Pline, Hist. nal. : « Bebius judex, cum vadimonium diH'erri juhet... »

Page 1