LIVRE I, CHAPITRE XX
P. 10), 1. 17. Caiiis Jiiliiis). Id., ihid. : « C. Julius medicusdum inungit, specillum per oculum trahens . . . » (VII, LUI.) Ici encore l'antithèse appartient en propre à Montaigne.
P. loé, 1. 4. Praiiilcrini). « J'aimerais mieux passer pour un fou, pour un imbécile, si ma folie me plaît ou si elle est inconsciente, que d'être sage et d'en souftrir. » (Horace, Épltres, II, 11, 12e.) Le texte d'Horace est : « Pn-etulerim scriplor delirus. »
P. 106, 1. 7. Ils vont). Imitation d'un passage de Sénèque, Épiircs : « Emam, a;dificabo, credam, exigam, honores geram. » (Ép. loi, au début.)
P. 106, 1. 19. Neiiipe et fiigaccm). « Certes, il poursuit l'homme mûr dans sa fuite, il ne fait pas grâce à la Lâche jeunesse qui cherche à lui échapper. » (Horace, Odes, III, 11, 14.)
P. 106, 1. 23. lUe liai). «Vous avez beau vous couvrir de fer & d'airain, la mort vous frappera sous votre armure. >> (Properce, IV, xviii, 25.)
P. 107, I. 5. Efforçons-nous de). Rapprocher des expressions de Sénèque, Epitres : « Adversus omnia quaï incidere possunt etiam potentissimis, adhortare te & indura. » (Ep. 4.)
P. 107, 1. 10. Egyptiens). Cf. Plutarque, Banquet des sept Sages. « Quand à la façon de faire d'^Egypte où ils ont accoustumé d'apporter ordinairement au milieu d'un festin l'anatomie sèche d'un corps d'homme mort, & le monstrer à tous les conviez, en les admonestant de se souvenir qu'en peu de temps ils seront tels, encore que ce soit un fort mal plaisant & importun entremets, toutefois si a-il quelle comodité. » (m, f"" 151 r''.)
P. 107, 1. 14. Oninein crede dieiii). «Imagine-toi que chaque jour est pour toi le jour suprême; tu recevras avec reconnaissance l'heure que tu n'espérais plus.» (Horace, Épitres, I, iv, 13.)
P. 107, 1. 16. // est incertain). Cf. Sénèque, Epîtres : V Incertum est quo loco te mors exspectet : itaque tu illam omni loco exspecta. » (Ep. 26.)
P. 107, I. 16. La préméditation). Id., ihid. : « Meditare mortem : qui hoc discit meditari libertatem jubet. » (Ep. 26, p. 112.)
P. 107, 1. 17. Oni a apris à mourir). Id., ihid : «Qui mori didicit, servire dedidicit. »
P. 107, 1. 18. Le sçavoir mourir). Id., ihid. : « Supra omnein potentiam est, certe extra omnem. »
P. 107, 1. 19. // n'y a rien de mal). Id., ibid. : « Contemne mortem : nihil triste est, cum hujus metum effugimus. » (Ep. 78.)
P. 107, 1. 21. Paulns ^Emiliiis). Cf. Plutarque, Vie de Paiil-Émile : « Lon dit bien que Perses envoya devers .(Emilius le requérir & supplier qu'il ne fust point ainsi mené par la ville, en la monstre du triumphe, mais .lElmylius se moquant, comme il meritoit, de sa lascheté & foiblesse de cueur, respondit, Cela paravant estoit, & encore est en sa puissance, s'il veult, luy donnant assez à entendre, qu'il devoit plus tost choisir la mort que de souffrir luy vivant une telle ignominie. » (xvii, f° 175 v'\)
P. 107, 1. 29. Jiicundnm cuni ;rtas). « Quand mon âge dans sa fleur jouissait de son printemps. » (Catulle, LXVIII, 16.)
P. 108, 1. 6. Jam fuerit). « Bientôt le présent sera passé, & jamais plus nous ne pourrons le rappeler. » (Lucrèce, III, 915.)
P. 108, 1. 17. De vray, les ha:^ards). Cf. des idées tout à fait analogues chez Sénèque, ép. 49.
P. 108, 1. 22. Nemo). «Aucun homme n'est plus fragile que son voisin, aucun n'est plus assuré du lendemain. » (Sénèque, ép. 91.)
P. 109, 1. 6. Ouid hrevi). « Pourquoi dans une vie si courte former tant de projets. » (Horace, Odes, li, XVI, 17.)
P. 109, 1. 8. L'un se pleint). On trouve le même mouvement et les mêmes idées parfois chez Sénèque. Cf. aussi Lucrèce, III, 898, et suivants, je n'ai retrouvé nulle part les mots de Montaigne.
P. 109, 1. 20. Miser). « Malheureux, oh! malheureux que je suis! disent-ils, un seul jour néfaste m'enlève tous mes biens, tant de charmes de la vie. » (Lucrèce, III, 898.) Montaigne suit ici le texte de Lambin, p. 252; on lit ordinairement «misero misère, aiunt... »
P. 109, 1. 23. Maneni). «Je n'achèverai donc pas mon œuvre; je laisserai imparfaites ces superbes murailles. » (Virgile, En., W, 88.) Toutes les éditions du xvi= siècle que j'ai consultées écrivent pendent au lieu de manent.
KSSAIS DE MOXTAIGXE.
P. iio, 1. 4. Ciiin moriar). «Je veux que la mort me surprenne au milieu de mon travail. » (Ovide, Amor., II, X, 36.)
P. iio, 1. II. Illiid in his rchiis). «Ils n'ajoutent pas que la mort nous ôte le regret de ces choses. » (Lucrèce, III, 900.)
P. iio, 1. 15. Disoit Lyciirgiis). Cf. Plutarque, Vie de Lyciirgitc : « Au demeurant, quant aux sépultures Lvcurgus en ordonna aussi tressagement : car en premier lieu, pour oster toute superstition, il voulut que les morts s'enterrassent dedans la ville, & que les .sépultures fussent à l'entour des églises, pour accoustumer les jeunes gens à les avoir tousjours devant les veux, sans s'efProver de veoir un trespassé.» (xx, f" 39 r^)
P. iio, 1. 19. Oiiiii etiam). «Bien plus, c'était la coutume jadis d'égayer les festins par des meurtres, de mêler aux banquets le cruel spectacle de combats de gladiateurs, qui souvent tombaient jusque sur les coupes et inondaient les tables de .sang. » (Silius Italicus, XI, i-i.) Citation prise chez Juste Lipse, Sattirnaliiiin seniioiinni lihri duo, I, m.
P. no, 1. 23. Coiiiiiie les égyptiens). Cf. Hérodote : « Rs maisons des riches, après le repas, un certain homme porte une image de mort dans un estuv tirée le plus au naturel que possible est, & grande d'une coudée ou deux, laquelle il monstre à chacun des assistants, & en la regardant il dit : Bov et t'esjouv, car mort tu seras tel. » (II, Lxxviii, f" 129 r".)
P. III, 1. 3. Un registre coniniante). Pline, Hist. liât., Vil, Valère Maxime, IX, xii, Ravisius Textor dans son Officina, Fulgose dans son De dictis factisqiic, Zwinger dans son Tbeatntm vitœ, etc., lui ont fourni de semblables collections qu'il a consultées une vingtaine d'années plus tôt. Rabelais, IV, x\ii, présente des listes de morts tout à fait analogues où figurent en particulier les morts d'Eschyle et d'Anacréon, et il nous renvoie pour en trouver de semblables à Verrius, Valère, Pline, Fulgose, Bacaberv.
P. III, I. 7. Dicœarchiis). Cf. Cicéron, De Ojf. : « Est Dicœarchi liber De interitu hominum, Peripatetici magni & copiosi : qui collectis ca;teris causis eluvionis, pestilentiaï, vastitatis, helluarum etiam repentina; multitudinis, quarum impetu docet qua.-dam
hominum gênera esse consumpta : deinde computat quando plures deleti sint homines hominum impetu, id est bellis aut seditionibus, quam omni reliqua calamitate. » (II, v, 364.) Cf. aussi le De amsoJalioiie de Sigonius, faussement attribué à Cicéron (éd. de 1583, f° 12 r°), et encore ^'ivès, Conwientairc de la Cité de Dieu de saint Augustin, XII, xxu.
P. III, 1. 10. Le préméditer). C'est l'idée chère à Sénèque qui revient sans cesse dans les Epltres. (Cf. 26, 8; 30, 18; 69, 6; loi, 7; 114, 27, et surtout 70, 18.)
P. III, 1. 14. /(• iii'apper<,vis). Argument que Montaigne reprendra souvent : cf. II, \'I, et début de II, xxxvii.
P. III, 23. Ce que dit César). De bello galiico, \U,
P. 112, 1. 9. Heu seiiihiis). «Hélas! quelle part reste-t-il aux vieillards dans la vie? » (Maximianus ou Pseudo-Gallus, I, 16.)
P. 112, 1. 10. César). Cf. Sénèque, Epîtres. « Cssar cum illum transeuntem per latinam viam unus ex custodiarum agmine, demissa usque ad pectus vetere barba, rogaret moitem : nunc enim, inquit, vivis? » (Ép. 77, p. 180.)
P. 113, 1. 3. Non viiltns). «Xi le regard menaçant d'un tyran, ni l'auster furieux qui bouleverse l'Adriatique, rien ne peut ébranler sa fermeté, non pas même la main puissante de Jupiter lançant ses foudres. » (Horace, Odes, III, m, 3.)
P. 113, 1. 10. Faire la figue à ia force). Rapprocher Sénèque, Epîtres : « Supra omnem potentiam est, certe extra omnem. Quid ad illum carcer, & custodia, & claustra? Liberum ostium habet. » (Ép. 26, fin.) L'expression « faire la figue » est encore une expression empruntée au style des conteurs. Henri Estienne, dans son Apologie pour Hérodote, I, x\", déclare formellement que c'est un mot comique, un mot de gueux, et il reprend sévèrement Castalion de l'avoir inséré dans sa traduction de la Bible. Cf. essai II, xii, 209, 1. 1 3.
P. 113, 1. 12. /« inaiiicis). « Pieds & poings liés je te tiendrai dans la geôle la plus horrible. — Un dieu, quand je le voudrai, me délivrera. — Ce dieu, sans doute, c'est la mort. La mort est le dernier terme des choses. » (Horace, Épitres, I, xvi, 76.)