‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 148 sur 449 · LIVRE I, CHAIMTKH XX · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAIMTKH XX

P. 113, 1. 19. Puis que nous soiiiiih'S menasse^). Cf. saint Augustin, Cité de Dieu : « Cum autem unicuique mortalium sub quotidianis vitœ hujus ca.sibus, innumerabiles mortes quodam modo comminentur, quamdiu incertum est, quœnam earum ventura sit, qu.vi'o utrum satius sit, unam perpeti moriendo, an omnes timere vivendo? » (I, u, 54.)

P. 115, 1. 2^. ^ Socrûtes). Cf. Diogène Laerce, Fie de Socrate : « Indignanti cuidam quôd despiceretur, cùm summam rerum triginta tyranni sibi vendicassent, Ergône, inquit, pœnitet te? Referenti quôd illum Athenienses mori decrevissent. Et natura illos, inquit. » (II, xxxv, 117.)

P. 1 14, 1. 2. C'esl pareille folie). Rapprocher Sénèque, Épîtrcs : « Nonne tibi videbitur stultissimus omnium qui fleverit quod ante annos mille non vixerat? .£que .stultus est qui flct quod post annos mille non vivet ! Hœc paria sunt : non eris, nec fuisti, utrumque tempus alienum e.st. » (Ép. 77.)

P. 114, 1. 10. Ayistote dit). Cf. Cicéron, Ttisculanes : « Apud Hypanim fluvium, qui ab Europœ parte in Pontum influit, Aristoteles ait bestiolas quasdam nasci, qua; unum diem vivant. Ex his igitur hora VIII qu;t mortua est, provecta Ktate mortua est : quœ vero occidente sole, decrepita, eo magis si etiam solstitiali die. Confer nostram longissimam œtatem cum a;ternitate, in eadem propemodum brevitate qua \\\x bestioLf reperiemur... » (I, xxxix, t. IV, p. 123.)

P. 114, 1. 18. Sortes, dit-elle). Tout ce long morceau est imité du ftmeux discours de la nature qu'on trouve au III'^ livre de Lucrèce. On verra que Montaigne y fait de très nombreux emprunts. En 1580, le morceau est bâti d'emprunts à Lucrèce illustrés et étoffés de quelques traductions de Sénèque. Les additions de 1588 sont en majeure partie de Lucrèce. En 1595 elles viennent presque toutes de Sénèque. On remarquera que bien souvent les sentences en français qui séparent les citations latines ne sont guère que des commentaires de ces citations.

P. 114, 1. 23. /;;/(';• se). «Les mortels se prêtent mutuellement la vie; c'est le flambeau qu'on se passe de main en main comme aux courses sacrées. » (Lucrèce, II, 76, 79.)

P. 115, 1. 6. Prima qiix vitaiii). «Notre première

heure en nous donnant la vie nous l'a enlevée. » (Sénèque, Hercule furieux, III, chœur, vers 874.)

P. 115, 1. 7. Nasceiites moriiniir). «Dès notre naissance nous mourons; la fin de notre vie est la conséquence de son origine. » (Manilius, Astron., IV, xvi.)

P. 115, 1. 15. Si vous ave:^ faicl). Rapprocher Lucrèce :

« Nam si grata fuit titii vita ante nota priorque... »

P. 115, 1. 17. Cnr non). «Pourquoi ne pas sortir

de la vie en convive rassasié? » (/(/., ihid., III, 938.)

P. 115, 1. 18. Si vous n'en ave^^sçen). Cf. Lucrèce :

n Sin ea qu;f fVuctus cumque es, periere profusa; 0 Vitaque in ofl'ensu est... »

Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 258.

P. 115, 1. 20. Cur aniplius). «Pourquoi vouloir multiplier des jours que vous laisseriez perdre misérablement de même sans en mieux profiter? » (^Id., ihid., III, 941.)

P. 115, 1. 22. La vie). Cf. Sénèque, Épitres : « Vita nec bonum nec malum est; boni ac mali locus est. » (Ép. 99.)

P. 116, 1. 5. Non aliuin vidcre). «Vos neveux ne \erront rien de plus que ce qu'ont vu vos pères. » (Manilius, I, 522.) Montaigne qui ne semble plus lire Manilius après 1588 prend ceci chez Vives, Commentaire de la Cité de Dieu de saint Augustin (XI, iv).

P. 116, 1. 12. Versamur ibidem). «Nous tournons dans le même cercle, nous n'en sortons jamais. » (Lucrèce, III, 1080.)

P. 116, 1. 13. Alque in se). « L'année roule sur ellemême et recommence sans cesse sa route. » (\'irgile, Géorg., II, 402.)

P. 116, 1. 16. Naiii tibi). «Car je ne puis rien imaginer, rien inventer de nouveau pour vous plaire; c'est toujours la répétition des mêmes plaisirs. >> (Lucrèce, III, 944.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 258.

P. né, 1. 18. L'equalite). Cf. Sénèque, Épitres: « Quis queri potest in ea conditione se esse, in qua nemo non est? Prima autem pars est aequitatis, aiqualitas. » (Ép. 30.)

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. lié, 1. 20. Vous n'eu rehattn'i). Rapprocher Lucrèce :

« Xec prorsum vitam ducendo, deniimus liilum

» Tempore de mortis, nec delibare valenius

» Quo minus esse diu possimus forte perempti. »

(in, 1087.)

p. 116, 1. 21. Aussi h)io temps screi vous). Rapprocher Lucrèce :

« Xcc minus ille diu jam non erit, ex hodicnio

» Lumine qui finem vitai fecit, & ille

» Mensibus atque annis qui multis occidit ante. »

(III, 1092.) P. 116, 1. 24. Licel). « Vivez autant de siècles que vous voudrez, la mort n'en restera pas moins éternelle. » (/(/., III, 1090.)

P. 117, 1. 3. lu vent). « Ignorez-vous que la mort ne laissera pas sur\-ivre un autre vous-même qui, vivant, puisse vous pleurer mort et gémir debout .sur votre cadavre. » (/rf., III, 885.)

Chez Lucrèce ce passage ne fait pas partie du discours de la nature. Il est à la troisième personne :

« Xec videt in vera nullum fore morte alium se » Qui possit vivos sibi se lugere peremptum... »

On voit comment dans cette citation et dans quelques autres Montaigne met la phrase à la seconde personne et adapte les vers de manière à les taire entrer dans son discours.

P. 117, 1. 7. Nec sibi). « Alors, en effet, personne ne s'inquiète ni de sa vie ni de .soi-même; il ne nous reste aucun regret de noils-mèmes. » (/J., III, 919, 922.)

P. 117, 1. II. Mullo uioitem). Vers que Montaigne vient de traduire. (Jd., III, 92e.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 256.

P. 117, 1. 13. Elle ne vous coueeme). Rapprocher Cicéron, Tuscuîaues : « In quo quid potest esse mali, cuni mors nec ad vivos pertineat nec ad mortuos?»

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