I, XXXVIII
P. 117, 1. 15. Nul ne meurt). Cf. Sénèque, Epilres : V Nemo nisi suc die moritur. Nihil perdis ex tuo tempore : nam t)uod relinquis, alienum est. » (Ép. 69, fin.)
P. 117, I. 18. Respiee eiiim). «Considérez en effet
combien les temps écoulés, des siècles sans nombre sont pour nous comme s'ils n'avaient jamais été. » (Lucrèce, III, 972.)
P. 117, 1. 20. Ou que vostre vie). Cf. Sénèque, Epilres : « Ubicumque desines, si bene disinis, tota est vita. » (Ep. 77.)
P. 117, 1. 20. L'utilité du vivre). Id., ibid. : « Doce non esse positum bonum vitaî in spatio ejus sed in usu; posse fieri, immo sa;pissime tieri, ut qui diu vixit parum vixerit. » (Ep. 49.)
P. 117, 1. 22. n gist). Id., ibid. : «Ut satis vixerimus, nec anni nec dies facient, sed animus. » (Ép. 61.)
P. 117, 1. 24. Peiisie:i-vous). Id., ibid. : «Tu autem non putabas, te aliquando ad id pervcnturuni, ad quod semper ihas. » (Ep. 77.)
P. 117, 1. 25. Encore n'y a il ciiemin). Id., ibid. : «Nullum sine exitu iter est. » (Ép. 77.)
P. 118, 1. i. Le monde ne va-il). Id., ibid. : «Eo ibis quo omnia ibunt. »
P. 118, 1. 3. Oniuiu te). «Toutes clioses vous suivront dans la mort. » (Lucrèce, III, 968.)
P. 118, 1. 4. Tout ne branle-il pas). Cf. Sénèque, Épttres : « Séries invicta, &; nulla mutabilis ope, illigat ac trahit cuncta. » (Ép. 76.) Tout le passage de Sénèque est à rapprocher de celui de Montaigne.
P. 118, 1. 5. Mille hommes). Id., ibid. : « Fortior, ut opinor, esses, si multa millia tibi commorerentur. Atqui multa millia hominum & animalium hoc momento ipso, quo tu mori dubitas, animant variis generibus emittunt. » (Ép. 77.)
P. 118, 1. 7. Xam nox nulla). «Il n'est pas de jour, pas de nuit, qui n'ait entendu, mêlés aux vagissements de l'enfant, les cris de douleur qui accompagnent la mort et le cercueil. » (Lucrèce, II, 578.)
P. 118, 1. 10. Vous en ave^ asses veu). Imité de Sénèque, Épitres : « Nemo eorum qui illam accusant, expertusest. Intérim temeritas, damnare quod nescias. At illud scis quam multis utilis sit, quam multos liberet tormentis, egestatis querelis, suppliciis, txdio. » (Ép. 91.)
P. 118, 1. 15. Est-ce a toi.) Id., ibid. : « Utrum, obsecro te, Kquius judicas, te natunv an tibi naturam parère? » (Ép. 93.)
LIVRK 1, CHAPITRE XX.
P. I iS, 1. 15. Encore que ton cage). Id., ibid. : « Licet ejus retas imperfecta sit, vira perfecta est... Quemadmodum in minore corporis habitu, potest homo esse perfectus, sic & in minore temporis modo potest vita esse perfecta. » (Ép. 93.)
P. 1 19, 1. 6. J'apriiis a Thaïes). Cf. Diogène L.ierce : « Tu vero, aiebat quispiam, quare non moreris? Quia niliil, inquit, dift'ert. » (F/c de Thaïes, I, xxxv, 34.)
P. 119, 1. 9. L'eau, la terre). Cf. Sénèque, Épitres : « Hœc nempe sunt & elementa quibus hic mundus administratur, aqua, terra, spiritus : omnia ista tam causœ vivendi sunt, quam viœ mortis. » (Ép. 117.)
P. 119, 1. 10. Pourquoi crains tu). Id., ibid. : « Erramus qui ultimum timemus diem, cum tantumdem in mortem singuli conférant. Non ille gradus lassitudinem facit, in quo deficimus, sed ille profitetur. Ad mortem dies extremus per\-enit, accedit omnis. » (Ép. 120.)
P. 119, 1. 28. Les enfans ont peur). Id., ibid. « Quod vides aecidere pueris, hoc nobis quoque majusculis pueris evenit : illi quos amant, quibus assueverunt, cum quibus ludunt, si personatos vident, expavescunt : non hominibus tantum, sed rébus persona demenda est & reddenda faciès sua. Quid mihi gladios & ignés ostendis & turbam carnificum circa te frementem ? Toile istam pompam sub qua lates & stultos territas : mors est, quam nuper servus meus, quam ancilla contempsit. » (Ép. 24.)
Chronologie : Incontestablement une bonne partie
de cet essai a été écrite vers 1572. En effet, 1" Montaigne déclare (p. 104, 1. 4) : « Je nasquis entre unze heures & midi, le dernier jour de Febvrier mil cinq cens trente trois, comme nous contons à cette heure, commençant l'an en Janvier. Il n'y a justement que quinze jours que j'ay franchi 39 ans. » Cette phrase est donc environ du 15 mars 1572. 2" Un peu plus loin (p. 108, 1. 12), il écrit encore : « La santé, que j'ay jouy jusques à présent tresvigoureuse & peusouvent interrompue... ne m'allonge pas l'espérance de la vie. » Il est assez vraisemblable que cette phrase est antérieure à 1573, date à laquelle sa santé semble avoir été assez sérieusement éprouvée. Une très grande partie de l'essai qui semble être de la même venue que ces phrases, doit être du début de 1572. Pourtant, avant 1580, des additions sont venues s'y joindre. 1° Un emprunt presque textuel aux œuvres morales de Plutarque traduites par Amyot (p. iio, 1. 23, les Egiptiens), ne doit pas être antérieur à la fin de 1572, date de la publication de cette traduction. 2" Il semble qu'en un passage on trouve une trace de la lecture de César (p. m, 1. 23); il est assez vraisemblable (bien qu'on ne puisse aucunement être affirmatif sur ce point) que le passage où il se rencontre date de l'époque où Montaigne étudiait César (début de 1578), ou même qu'il est postérieur à cette époque. Je crois donc, en résumé, qu'une grande partie de cet essai est de 1572, mais que dans la suite Montaigne y a fait des additions, surtout dans la dernière partie.