‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 152 sur 449 · DE I.A COVSTVME & DE NE CHANGER AISEMENT \NE LOY RECEVE · texte numérisé non relu

DE I.A COVSTVME & DE NE CHANGER AISEMENT \NE LOY RECEVE

P. 1 57, TITRE. Les compilateurs du xvi^ siècle se plaisent manifestement à recueillir des coutumes étranges, comme Montaigne le fait ici lui-même. On peut voir entre autres : Marcouville, Traicte enseignant d'au procède la diversité des opinions humaines (p. 25 et suivantes), ouvrage où se rencontrent surtout des coutumes empruntées à Hérodote et qui présente à peu près toutes celles dont Montaigne fait mention dans l'essai de 1580; Corneille Agrippa, De incerlitudine et vanitate saentianun (lxiv); Guj' de Brués, Dialogues contre les nouveaux académiciens i p. 250); Messie, Diverses leçons (I, xxvi); Breslay, Anthologie : (I, xxx\i : De plusieurs eslranges façons de vivre dont usaient jadis quelques nations; I, xi. : Coustunie remarquable des Egyptiens sur le larcin, etc.); H. Estienne, Apologie pour Hérodote; etc., etc. Montaigne lui-même reviendra souvent sur cette question de la diversité des coutumes. Cf. les essais I, xxxi, I, xxxvi, I, xi.ix. Comme lui-même, beaucoup d'auteurs contemporains insistent sur la force de la coutume : voir en particulier La Boétie, Contr'un (p. 23 et suivantes). Beaucoup, comme Montaigne encore, concluent à la nécessité de se tenir très exactement aux usages du pays où l'on est né. Chez Castiglione, Giovanni délia Casa, Stefano Cua/.zo (voir traduction Cliappuis, 1 579, p. 306), c'est surtout une règle de politesse. Chez d'autres, en particulier chez des écrivains politiques comme Le Roy, Bodin, etc., c'est une règle de prudence intellectuelle et de conservatisme politique. Les deux points de vue se retrouvent dans cet essai.

P. 137, 1. I. Cehiy me semble). Ce conte était déjà très vulgarisé dans l'antiquité; il n'est pas étonnant

que Montaigne en ignore l'inventeur. Cf. Stobée, sermo xxix; Quintilien, I, ix; Pétrone en a fait un proverbe :

« ... tollere taurum I) Q.UX tulerit vitulum, illa potest. »

Erasme, Adages, chil. I, cent. 11, ad. 51. Stobée dit prendre le récit à Favorinus.

P. 137, I. 12. Usiis). «L'usage est le plus puissant maître en toutes choses.» (Pline, Hist. nat., XXVI, 11.) Montaigne a pris cette citation dans les Politiques de Juste Lipse (I, viii).

P. 137, 1. 13. L'antre de Platon). Cf. République, MI, I, p. 514 (éd. de 1546, p. 617).

P. 137, 1. 14. Et ce Roy). Mithridate. Il avait habitué son corps au poison pour déjouer les tentatives d'empoisonnement. Le fait était très vulgarisé : Cf. Aulu-Gelle, XVII, xvi; Bouaystuaù dans son Discours de l'excellence de l'homme; Messie, dans ses Diverses leçons (I, xxvi). La Boétie, dans son Contr'un (p. 23), mentionne le fait avec la même valeur que Montaigne lui donne ici, etc.

P. 137, 1. 16. Im fille qu'Albert récite). Il .s'agit d'Albert le Grand; mais Montaigne prend le fait chez Messie, Diverses leçons, dans un chapitre intitulé : << Des variables natures des hommes outre les naturelles inclinations et d'où procède la cause.» (I, xxvi.) «Albert le Grand asseure avoir veu à Cologne en Allemaigne une jeune fille, qui s'accoustuma de tirer les areignees des murailles, & les manger, tellement que le reste de sa vie elle en vescut. ^)

P. 137, 1. i". On trouva des grands peuples). Ci. Lopcz

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