LIVRE I, CHAPITRE XXIII
grandes mignotises, tk si d'aventure ils viennent à mourir, ils entrent en grande cliolere & fascherie, & les enterrent avec grandes plaintes. Ils ne pleurent point les vieillards quand ils meurent. » (II, xi, f" 60 r°.)
P. 143, 1. I. Où ils couchent). Id., ihid. : « Ils couchent en leurs Hamacques (ainsi appellent-ils leurs lits) cinq à cinq, & niesme dix à dix, avec leurs femmes. » (I\', 11, f° 272 v°.)
P. 143, 1. 2. Où les femmes qui perdent). Id., ihid. : « Une veuve ne se peut remarier, si son mari est mort naturellement : mais elle peut se remarier s'il est défait par justice. » (II, viii, f° 54 v°.)
P. 143, 1. 4. Où l'on estime). Id., ibid. : « Ils achètent de leurs ennemis des femmes pour un arc & deux flesches, ou pour un rets a pescher, & tuent les filles qu'ils font à fin de ne les donner à leurs parents, ni à leurs ennemis. » (II, i, f° 60 v°.)
P. 143, 1. 6. Où les maris). Id., ibid. : «Ils répudient leurs femmes pour cause bien légère, & elles pour cause aucune ne peuvent abandonner leurs mariz. » (III, I, f=> 197 v°.)
P. 143, 1. 8. Où les maris). Id., ibid. : «Ils laissent, & changent, & mesme vendent leurs femmes si elles ne peuvent concevoir. » (III, xviii, f" 233 r°.)
P. 143, 1. 8. Où ils font cuire). Id., ibid. : « Si un de leurs seigneurs meurt. ... ils rôtissent le corps, le mettent en pièces, le pilent en telle façon qu'ils le font devenir comme en bouillie, & le jettent dedans un grand vase plein de vin, où ils le détrempent, & puis le boivent. » (III, xxiii, f° 243 v°.)
P. 143, 1. II. Où la plus désirable sépulture). Cf. Plutarque : Que le vice seul est suffisant pour rendre l'homme malheureux : « Ce sont les plus heureu.ses sépultures des Tartares & des Hyrcaniens, l'estre mangé des chiens : & entre les Satraniens, par les loix du pais ceux-là sont estimez avoir plus heureuse fin, quand les oiseaux les mangent après qu'ils sont morts. » (v, f" 138 r°.)
P. 143, 1. 12. Où l'on croit que les âmes). Cf. Lopez de Gomara : « Ils croient que l'ame soit immortelle & qu'elle se retire en une campagne, où elle mange & boit, & que c'est l'Echo, lequel respond à celui qui parle, & crie. » (III, xxxiii, f° 260 r".)
P. 143, 1. 14. Où ils combatcnt en l'eau). Id., ibid. : « Ils se jettoient dans l'eau jusques à la ceinture, poursuivans les nostres, & plusieurs en nageant deschargeoient leurs trousses à force de tirer, tant estoit grand leur courage. » (III, xxi, f" 237 v°.)
P. 143, 1. 16. Pour signe de subjeciion). Id., ibid. : « Mais il folloit que quelque personne que ce fust qui vint à la Cour, qu'il se deschaussast avant qu'entrer dedans le Palais, & s'il vouloit parler à Guainocapa il haussoit les espaules, & baissoit la teste, qui est une cérémonie entr'eux, pour montrer qu'ils sont ses vassaux. » (V, xiii, f" 322 r°.)
P. 143, 1. 18. On les Eunuques). Id., ibid. : «Les hommes qui sont commis pour les garder sont chastrez, & mesme on leur coupe le nez, & les lèvres pour en oster tout appétit aux femmes. » (V, xiv, f° 324 r".)
P. 143, 1. 20. Où les prestres). Id., ibid. : « Quand ils veulent parler au diable... aucuns de leurs prêtres se crèvent les yeux, ce que je croi qu'ils font de peur : car tous se bouchent la veûe quand ils veulent parler à lui. » (V, xiv, f° 323 V.)
P. 143, 1. 21. Où chacun faict un Dieu). Id., ibid. : « Un chacun adore ce qu'il lui plaist : mais c'est l'ordinaire à un pescheur d'adorer une flammette, ou quelqu'autre poisson : à un chasseur de révérer un lion, ou bien un ours, ou un regnard, & semblables autres animaux, comme oiseaux, & autres choses. » (V, xiv, f" 323 r°.)
P. 143, 1. 23. Le soleil, la lune). Id., ibid. : « Il est bien vrai que tous généralement adorent pour leurs Dieux principaux le Soleil, la Lune, & la Terre. » (V, XIV, f" 323 r°.)
P. 143, 1. 24. La forme de jurer). Id., ibid. : «Aussi quand ils jurent ils touchent la terre, & regardent le soleil. » (V, xiv, f° 323 r°.)
P. 143, 1. 25. Y mange l'on la chair). Id., ibid. : «Ils mangent leur chair & le poisson crud. » (V, xvii, fo p- r°.) Cf. encore f° 436 v°.
P. 143, 1. 26. Où le grand sermant). Cf. Hérodote : « En leurs sermens, ils jurent par les hommes d'entre eux, que l'on estime avoir esté les plus justes & plus vertueux, en posant la main sur leurs tumbes. » (IV, 172, f° 305 r°.)
ESSAIS DE MONTAIGNE
P. 143, 1. 28. Où les estrenes annuelles). Cf. Goulard, Histoire dit Portugal : « Tous les ans (au royaume de Benemopata) le Roy envoyé de ses domestiques & familiers porter de sa part aux Roys & Princes ses vassaux du feu nouveau, auquel les autres sujets vont pour en avoir leur part : ce qui fait comme s'ensuit. Quand l'ambassadeur arrive à la maison de l'un de ces Princes, qui qu'il soit, on estaint le feu. Puis l'ambassadeur en r'allume de nouveau, & lors tous viennent en prendre là pour l'emporter en leurs maisons. Qui refuse cela est estimé traistre ou rebelle, & le fait on mourir comme criminel de lèse majesté : & s'il est besoin, on levé une armée contre luy pour rattrapper& exterminer cruellement comme un perfide & déserteur. » (IV, xix, f" 124 v".)
P. 144, 1. 3. Oii quand le Roy). Id., ibid. : «Il y avoit une loy portant que si le Roy par dévotion quittoit la couronne pour employer le demeurant de ses jours à vivre solitairement en quelque lieu à l'escart & vacquer aux affaires de sa superstition, incontinent après sa mort, son successeur seroit contraint laisser le gouvernement du Royaume, & se retirer en la mesme solitude, afin... & lors celuy a qui les loix adjugeoyent la couronne s'emparoit du Royaume. » (VII, xii, f" 207 V.)
P. 144, 1.9. Où hommes et femmes). Id., ibid. : « Les masles sont circoncis au huitiesme jour, & couppe l'on mesmes quelque chose aux femmes, afin quelles semblent aucunement circoncis... Les masles sont baptisez quarante jours après la circoncision, les femmes au bout de trois mois. » (IX, xxiv, f° 276 v".)
P. 144, 1. 9. Où le soldat). Id., ibid. : « Correa sçeut que quiconque en ces isles peut porter à son Roy à diverses fois sept te.stes d'ennemis tuez en guerre, il est fait chevalier & gentil homme qu'ils appellent Mandarin. » (XI^', xv, f" 416.)
P. 144, 1. II. Sonbs cette opinion). Id., ibid. : « Il y a un grand nombre d'hommes, qui estiment que nous n'avons rien que naistre, & mourir, aussi ne se soucient ils de se faire enterrer avec du pain, & du vin, & moins encore avec des femmes & serviteurs. Mais ceux, qui croient l'immortalité de l'ame, s'ils sont seigneurs, ils seront enterrez avec leur or, argent, plumes & pennaches : & si ce sont autres, on mettra
en leur sépulture avec leurs corps du maiz, du vin, & des couvertures... (VI, i, f" 445 r".) Si ce sont Cacicques, on fait seicher leurs corps au feu, qui est leur fliçon d'embaumer, & puis on les met dedans leurs tombeaux faits en voûte, où on met ^vecques eux quelques uns de leurs ser\-iteurs, pour les ser\-ir en enfer, & celle de leurs femmes laquelle ils auront mieux aimée. » (VI, i, f° 445 r°.)
P. 144, 1. 12. Où les femmes). Id., ibid. : «Quand elles accouchent elles ne se tourmentent ni ne se passionnent tant que les autres. » (III, xxix, f" 252 v°.)
P. 144, 1. 13. Où les femmes). Id. ibid. : «Leurs femmes portent en l'une & l'autre jambe des gregues de cuïvre, laissans croistre leurs cheveux, & toutesfois prenans sur elles un poûil elles le remordent ainsi qu'il les a morses, & sont seules des Lybiennes qui usent de ceste honnesteté. Les filles de ce peuple sont présentées le jour de leurs nopces à leur Roy pour les despuceller, si bon luy semble. » (IV, 168, t. I, f" 304 r".)
P. 144, 1. 17. Où les hommes). Id., ibid. : «Les hommes portent leurs fardeaux sur leurs testes & les femmes sur leurs espaules. Elles se tiennent debout quand elles urinent, mais les hommes s'acroupissent.»
(Il, 35-)
P. 144, 1. 18. Elles pissent debout). Outre le texte qui vient d'être indiqué, cf. Lopez de Gomara, Histoire générale des Indes : « Les hommes pissent accroupis comme font noz femmes par deçà, & les femmes de ce pais pissent tout debout. » (VI, x, f° 455 r°.).
P. 144, 1. 20. & encensent). Id., ibid. : « De ces encensoirs ils encensoient aussi leurs seigneurs, comme ils feirent Cortes, & autres Espagnols, quand il entra au temple. » (II, lxxxix, f" 176 v°.)
P. 144, 1. 27. Où l'on mange). Id., ibid. : «Ils mangent toutes sortes d'herbes, lesquelles n'ont point mauvaise odeur. » (II, Lxxxv, f" 172 r".)
P. 144, 1. 29. Où tout est ouvert). Id., ibid. : « Leurs logis n'ont portes, ni fenestres fermantes, tout est ouvert : &: pour ceste cause on chastie fort sévèrement les adultères, & larrons. » (II, lxxxv, {" 171 v°.) Voir essai II, xv, p. 38e, 1. 13.
P. 145, 1. I. Où ils tuent les pouils). Id., ibid. : « Ils mangent neantmoins fort bien toutes autres