‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 160 sur 449 · Chapitre XXV · texte numérisé non relu

Chapitre XXV

DV PEDAXTISME.

P. 171, 1. 12. Mais jehay). Cf. Regrets, sonnet 68, dans l'éd. des œuvres de 1569, p. 21.

P. 171, 1. 13. Phitarqiiedit). Dans la Vie de Cicéron : « On l'appelloit communément le Grec & l'escholier, qui sont deux parolles que les artisans, & telle manière de gens mechaniques à Rome, ont assez accoustumé d'avoir en la bouche. » (11, f° 394 r°.)

P. 171, 1. 17. Magis magnos). «Les plus grands savants ne sont pas les plus grands sages. » Proverbe populaire qu'on retrouve chez Rabelais (I, xxxix), et que Régnier a traduit ainsi :

« Parbleu ! les plus grands clercs ne sont pas les plus fins. »

P. 172, 1. 6. La première de nos Princesses). On suppose généralement qu'il s'agit de Marguerite de France qui devint reine de Navarre en 1572, et qui, depuis le mariage de sa sœur Claude, était la première princesse de France. Pourtant la phrase de Montaigne est écrite après 1580. S'il s'agit de Marguerite, il faut comprendre « me disoit une princesse, qui estoit alors une tille, la première de nos princesses » au moment où elle me tenait ce propos. Quand Marguerite fut devenue reine de Navarre, la « première de nos princesses » fut Catherine de Bourbon, la sœur d'Henri de Navarre. Je crois plutôt que c'est d'elle qu'il est question. Montaigne qui eut de fréquentes relations avec la cour de Navarre, qui était gentilhomme ordinaire de la chambre d'Henri de Navarre, la rencontra certainement et elle ne se maria que bien plus tard en l'an 1600.

P. 172, 1. 9. Comme les plantes). On trouve une image semblable dans .^Eneas Silvius Piccolomini,

De ediicatione liheroruin : « Plant.t namque modicis aluntur aquis, multis suffocantur. » L'auteur parle contre l'abus des études et en faveur des exercices physiques. Toutes ses œuvres étaient fort lues au XVI' siècle. Peut-être Montaigne a-t-il connu ses idées sur l'éducation.

P. 173, 1. 3. Oyent ils louer). Tout ceci est traduit du Théététe de Platon : « Quum tyrannum aut regem laudari sentit, unum quendam subulcum aut pastorem ovium, vel bubulcum extolli existimat, quod abunde mulgeat, id tamen interesse censet, quod reges & tyranni infensius & insidiosius animal curent & mulgeant. Agrestes vero &: rudes non minus propter otium, quàm pastores, illos esse necesse est... Cum vero agrorum decem millia jugera, aut plura etiam prœdicari audit, quasi magnum quippiam ab illo qui habet, possideatur, exigua quœdam audire se putat, quippe qui universum terr^ orbem spectare sit solitus. Quoties prceterea quis generis nobilitatem refert, quod septem avos divites omnes enumerare valeat, hebetis nihilque magnum propter ignorantiam cogitantis animi laudes hujusmodi censet, quasi ad totius mundi naturam respicere nequeat, & videre quod innumeri unumquenque nostrum avi atque proavi antecesserunt, quorum in numéro divites & inopes, reges & ser\-i, Barbarique & Grœci innumerabiles prœcessere. Quinetiam quando quis stirpem quinque & viginti majorum dinumerat, & in Amphitryonidem Herculem originem refert, indigna memoratu res illi videtur. » (xxiv, pp. 126-127; éd. 1546, PP- I49-I50-)

P. 174, 1. 3. Odi homines). «Je hais les hommes dont la philosophie n'est qu'en paroles. » (Pacuvius,

ESSAIS DE MONTAIGNE

apud A. Gellium, XIII, viii.) Montaigne a pris cette sentence dans les Politiques de Juste Lipse (I, x). Il l'a rencontrée en outre dans Vives {Commentaire de la Cité de Dieu, VIII, i).

P. 174,1. 6. Ce Geometrien de Syracuse). Archimède. Cf. Plutarque, Vie de Marcellus, vi.

P. 174, 1. 17. Celiiy qui demanda a Crates). Ct. Diogène Laerce, Vie de Craies : « Dicebat autem tandiu philosophandum esse, donec videantur duces exercitus esse asinarii. » (VI, xcii, 399.)

P. 174, 1. 19. Heraclytus). Id., Vie d'Heraclite : « Ejus aiti aniuii signum Antisthenes in successionibus id asserit, quod fratri concesserit regnum. » (IX, VI, 582.)

P. 174, 1. 20. Jus Ephesiciis). Id., ihid. : « Succedens vero ad fanum Diana; cum filiis ludebat. Circumstantibus autem Ephesiis, quid, inquit, niiramini, o perditi, nonne prœstat isthuc facere, quam vobiscum Rempub. administrare ? » (IX, m, 580.)

P. 174, 1. 24. Et refusa). Id., Vie d'Empédocle : « Regnum cùm sibi offerretur constanter renuit. »

Page 1