VIII, LXIII
P. 175, 1. I. Thaïes). Cf. Cicéron, De divinationc, I, XLix; Diogène Lae'rce, Vie de Thaïes, I, xxvi. Mais partout les circonstances sont un peu différentes de celles qu'on trouve chez Montaigne. L'exemple se rencontre fréquemment dans les éloges de la science qui sont fréquents au xvi= siècle. Par exemple cf. Cousteau, le Pegme (trad. de 1560, p. 110), Le Roy, Vicissitude (éd. 1577, f° 52 v°), etc. Nulle part je n'ai retrouvé le texte de. Montaigne qui cite de mémoire, assez inexactement. Voici le récit qu'il lisait dans son Diogène, Vie de Thaïes : «Cùm vellet ostendere quàm sit facile ditari, prœcognita futura ubertate, conduxisse olearia, pecuniasque innumeras sibi comparasse. » (I, xxvi, 28.)
P. 175, !. 20. Criez^ d'un passant). Imité librement de Sénèque, ép. 88. : « Magna alienarum aurium molestia laudatio h^ec constat : o hominem litteratum ! simus hoc titulo simpliciore contenti : o virum bonum! » On voit avec quelle originalité Montaigne tire profit de l'exemple de Sénèque. La troisième réplique lui appartient en propre.
P. 175, 1. 26. Mieux sçavaut). Souvenir de
Sénèque : « Stude, ut non plus aliquid scias, sed ut melius. » (Ep. 89, à la fin.)
P. 176, 1. 2. Tout ainsi que les oyseaux). Cf. Plutarque, Comment Ion pourra appercevoir si Ion amende & profite en l 'exercice de la vertu : « Ceulx qui ... ne font qu'espier s'ils pourront derobber quelque chose de la philosophie pour l'aller incontinent prescher comme charlatans, ou au milieu d'une place... ce contrefaiseur là de philosophe ressemble proprement à l'oyseau que descrit Homère, qui porte incontinent en sa bouche tout ce qu'il peult prendre, à ses disciples, comme à des petits qui sont encore dedans le nid sans plumes. Et cependant il meurt de faim luy mesme : ne prenant rien de ce qu'il apporte pour s'en valoir & nourrir, ou ne digérant rien de ce qu'il prent. » (ix, f° 11 5 v°.)
P. 176, I. 18. Compter &jetter).Id., ihid. : «Comme Anacharsis disoit qu'il ne voioit point que les Grecs usassent de leurs deniers monnoyez à autre usage qu'à jetter &: compter : aussi ne font ceulx là autre chose que compter & mesurer leurs beaux propos, sans en tirer autre commodité ne profit. » (vu, f° 1 1 5 r°.)
P. 176, 1. 18. Jpud alios). « Ils ont appris à parler aux autres et non pas à eux-mêmes. » (Cic, Tusc, V, xxxvi.)
P. 176, 1. 20. Non est loquendum). «Il ne s'agit pas de parler, mais de veiller au gouvernail. » (Sén., ép. 108.)
P. 176, 1. 24. Bouha). Pour ce dicton, d. i" au sujet de l'établissement du texte : J. Ducamin, Annales du Midi, XIV, p. 206 (année 1902); Arnaudin, ibid., p. 539; 2° pour l'interprétation : Léonce Couture dans le Bulletin de la Faculté catholique de Toulouse (année 1890-91, p. 120); l'abbé Mulac, Un dicton gascon dans Montaigne (Tarbes 1891); L. Couture, Revue de Gascogne (avril 1894). MM. Ducamin et Arnaudin estiment qu'il faut lire « bouha prou bou ha », écrivant en deux mots le second « bouha » qui n'est plus le verbe faire mais qui signifie « est facile ». Dès lors il faut entendre : « souffler, cela est assez facile, mais nous en sommes à remuer les doigts » ; pour jouer du chalumeau, la difficulté n'est pas de souffler, mais de bien placer les doigts. Nous ne devons pas être étonnés que Montaigne se .soit