Chapitre XXM
DK I. INSTITVTION DES ENFANS.
P. 187, TITRE. Madame Diane de Foix). Pierre de Brach lui avait dédié un volume de vers en 1576, et en tète de ce même volume Florimont de Raymond avait écrit une pièce en son honneur. Montaigne était certainement lié avec la fomille de Foix : au contrat de mariage de Diane de Foix, le 8 mars 1579, Montaigne était présent comme procureur des père et mère de Louis de Foix. Dans ses Épbeiiicrides, au mois de juillet 1587, il a noté la mort de Louis de Foix, comte de Gurson, et de ses deux frères, survenue le même jour au combat de Moncrabeau. (Cf. ci-dessus la note de la page 73, 1. 17.) Etant donnée la nature des renseignements contenus dans les Épheiiierides, je crois que de cette note on peut conclure que Montaigne avait des relations d'amitié assez intime avec ces personnages.
P. 187, 1. II. Ronge les ongles). Rapprocher La Boétie, p. 252, vers 20 :
« Que mainte nuict dessus le livre il songe » Et dépité les ongles il s'en ronge. »
P. 188, 1. 10. Connue disait Cleantes). Cf. Sénèque, Éphres : « Ut dicebat Cleanthes, quemadmodum spiritus noster clariorem sonum reddit, cum illum tuba per longi canalis angustias tractum patentiore novissime exitu efFudit, sic sensus nostros clariores carminis arta nécessitas efficit. Eadem neglegentius audiuntur uniusque percutiunt, quamdiu soluta oratione dicuntur : ubi accessere numeri et egregium sensum adstrinxere certi pedes, eadem illa sententia velut lacerto excus.sa torquetur. » (Ep. 108.)
P. 189, 1. 2. Che:^ Plutarque). Je pense que
Montaigne tait allusion à un chapitre des Propos de table (\', vu, f" 400 r") intitulé : « De ceulx que Ion dit qu'ils charment. »
P. 189, 1. 18. Le philosofe Cbrysippus). Cf. Diogène Laerce, Vie de Chrysippe: «Ut... omne quod incideret mandaret literis, ac sœpe emendaret, magnaque testimoniorum nube uteretur. Adeô verô id consuetudine habuit, ut cùm in quibusdam opusculis Euripidis Medeam totam inseruisset... Apollodorus... dixit. Nam si quis tollat de Chrysippi libris qua; aliéna sunt, vacua illi charta relinquetur. » (VII, 181, 509.)
P. 189, 1. 21. Epieartis). Id., Vied'Epieure). «Namque cvlindri ad trecentos sunt, in quibus nullum extrinsecus qu;esitum testimonium est. » (X, xxvi,
P. 191, 1. 15. Capihipns). Il s'agit de Lelio Capilupus. \'oici le titre de l'ouvrage auquel Montaigne fait allusion : Lelio Cfipilnpi cento ex Virgilio de vita nwnaconini. Il parut pour la première fois à Venise en 1543, et semble avoir joui d'un grand succès. La Bibliothèque nationale en possède sept éditions publiées entre 1543 et i6oi. C'est une satire comique qui mérite assez bien l'épithète d'« ingénieuse», que Montaigne lui attribue. Le comique en consiste dans l'application à ces moines de vers héroïques et de vers imprégnés de sentiments païens, qui sont pris à Virgile. Lelio Capilupus est également l'auteur d'une satire du même genre contre les femmes. Plusieurs membres de sa famille, et particulièrement son neveu Giulio Capilupus, se sont distingués dans le même genre littéraire. (Cf. Capiliiporiini Hippolyti, ^lii, Camilli, Alphonsi, Jnlii carmina, Rome 1590.)
ESSAIS DE MONTAIGXE.
P. 191, 1. 17. Politiques). Polilica, sivc civilis doctrinœ libri sex, ijiii ad principatuin maxime spectant. Cet ouvrage de Juste Lipse, qui parut pour la première fois à Levde en 1589, eut un succès considérable. Il a eu environ quatre-vingts éditions. Cinq ou six d'entre elles avaient déjà paru à la mort de Montaigne. Au reste, Juste Lipse, qui était en correspondance avec lui, le lui envoya, et Montaigne y a fait plus de trente emprunts dans les Essais.
P. 191, 1. 19. Potniraici). Même comparaison des Essais avec un portrait de Montaigne dans l'essai II, xvii.
P. 191, 1. 19. Poiirtraiet chauve et grisonnant). Un ou deux ans plus tard, dans le Journal de voyage, Montaigne écrira : « Quant à me fiiire tondre comme ils font tous, et puis on met à cet endroit une petite pièce de satin avec certains réseaux qui la tiennent sur la tête, ma tète polie n'en avait pas besoin. »
P. 191, 1. 27. L'article précédant). L'essai Du pcdan-
tisme.
P. 192, 1. 4. Axant en tant de part). Rappelons qu'à la signature du contrat de mariage, d'après une copie conservée aux archives de la Dordogne, Montaigne était procureur des parents du marié.
P. 192, 1. 12. Tout ainsi qu'en l'agriculture). Cf. Platon, Thcagès : « Ut in plantis focillimum hoc nobis est qui terram colimus, pra;parare quidem omnia antequam plantemus, & ipsa eiiam plantatio : postquam vero quod plantatum est, vivit : tune cultus i^sius varius est & difHcilis : sic & in hominibus videtur. » (P. 121; éd. de 1546, p. 9.)
P. 192, 1. 21. Voye:^ Cimon). Cf. Plutarque : « Pourquoi la justice divine diffère quelquefois la punition des maléfices » (vi, f° 260 r").
P. 192, 1. 22. Les petits des ours). Id., ihid. : «Les petits des ours, des loups, des singes, & de semblables animaux, monstrent incontinent leur inclination naturelle des leur jeunesse, d'autant qu'il n'y a rien qui les desguise, ne qui les masque. Mais la nature de l'homme venant à se jetter en des accoustumances, en des opinions, et en des loix, couvre bien souvent ce qu'elle a de mauvais. » (F" 267 v".)
P. 193, 1. 5. Platon). Cf. en particulier /^./'/(W/i/^c-, III, p. 415; IV, p. 423, etc.
P. 193, 1. 18. François, monsieur de Caudale). François de Foix de Candale, évéque d'Aire, est l'auteur d'une traduction de Mercure Trismégiste enrichie d'un commentaire abondant : uLe Pimandre, cognoissance du verbe divin et de l'excellence des œuires de Dieu» (Bordeaux 1579). C'est sans doute à cet ouvrage que Montaigne fait sunout allusion. Déjà en 1574 il avait donné une édition et une traduction du même ouvrage, et en 1587 il avait traduit les éléments d'Euclide en latin (Lutetice 1578).
P. 194, 1. 4. Pour s'en enrichir et parer au dedans). Sénèquedit de même : «Intus instruamur». (Ép. 74.)
P. 194, 1. 7. Tête bien faite). Expression qui se rencontre assez fréquemment alors. Cf. Gentillet, Discours sur les moyens de bien gouvermr (éd. de 1579, p. 1 1 1 ) ; Henri Estienne, Apologie pour Hérodote (III, vi ; X\'I, x); Vinet, Antiquités de Bonrdeaus (paragr. 32); du Fail, Les contes d'Eutrapel (éd. de 1875, p. 32). Les commentateurs ont donc eu tort de croire que c'était là une expression neuve chez Montaigne; il faut remarquer cependant qu'il lui donne une vigueur particulière en l'opposant à « tête bien pleine ».
P. 194, 1. 18. Socrates, et despuis, Archesilas). Cf. Cicéron, De finibus, II, 1.
P. 194, 1. 20. Obest plerumque). «L'autorité de ceux qui enseignent nuit souvent à ceux qui veulent apprendre. » (Cic, De nat. deoruni, I, v.)
P. 195, 1. 14. Tesmoignage de crudité). On trouve des images analogues dans les Epltres de Sénèque : « Non prodest cibus nec corpori accedit qui statim sumptus emittitur. » Voir aussi ép. 84.
P. 195, 1. 21. Nunquam). «Ils sont toujours en tutelle. » (Sén., ép. 33.)
P. 195, 1. 22. Je vy privéement). Il s'agit de Girolamo Borro au sujet duquel il s'exprime ainsi dans son Journal de vo\age : « Plusieurs fois vint me visiter chez moi Girolamo Borro, médecin, docteur de la sapienza. Et ayant été le visiter le 14 de juillet, il me fit présent de son livre du flux et reflux de la mer, en langue vulgaire : et me fit voir un autre latin qu'il avait fait des maladies des corps.» (P. 405.) Dans son traité Del fiusso e del riflusso del mare (1561, 1567, 1577), qu'il avait oflert lui-même à Montaigne, il parle de la « divina philosophia » d'Aristote