‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 166 sur 449 · LIVRE I, CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XXVI

plus étudier Perse, et comme, au contraire, il a certainement lu la Cite de Dieu à la même époque, c'est peut-être cette lecture qui a été pour lui l'occasion de corriger « locaverit » en « locatus es ».

P. 206, 1. 4. Et qtio). « Et comment éviter ou supporter les peines. » (Virg., En., III, 459.)

P. 206, 1. 9. Entre les ars lihraiis). Tout ceci est imité de Sénèque, ép. 88.

P. 206, 1. 18. L'institution de Socrates). Cf. Diogène Laerce, II, xxi; Platon, Euthydème, etc.

P. 206, 1. 20. Sapere ande). « Ose être sage, commence : différer de régler sa vie, c'est ressembler à ce voyageur naïf qui attend, pour passer le fleuve, que l'eau soit écoulée; cependant le fleuve coule toujours, et il coulera éternellement. » (Hor., Épitres,!, 11, 40.)

P. 206, 1. 25. Oiiid nioi'cant). «Quelle est l'influence des Poissons, des signes enflammés du Lion, de ceux du Capricorne qui se baigne dans la mer d'Hespérie. » (Properce, IV, i, 85.)

P. 207, 1. 3. T{ -'/.v.iinz:). «Que m'importent à moi les Pléiades, que m'importe la constellation du Bouvier? » (Anacréon, Odes, XVII, x.) Montaigne a pu prendre ceci dans son recueil de Gambara, Carmina navein illiistrinni feniinanini, p. 131.

P. 207, 1. 5. Anaxin'.encs). Cf. Diogène Laerce, Vie d'Anaximène : « Medorum item rex nobis acriter imminet, nisi velimus esse tributarii... Quonam igitur animo possit Anaximenes cœli sécréta rimari, cujus jugis aut mortis aut servitutis incumbit metus? » (II, V, 98.)

P. 207, 1. 17. La moelle). Rapprocher la fameuse expression de Rabelais, la « substantificque mouelle » qui se cache dans son ouvrage tout frivole en apparence (prologue du premier livre).

P. 207, 1. 22. Ga:{a). Philosophe péripatéticien du xV siècle, qui, réfugié de Grèce en Italie, enseigna avec éclat à Sienne, puis à Ferrare. Sa grammaire grecque, imprimée à Venise en 1495, a été au XVI' siècle la grammaire la plus généralement employée pour l'étude du grec. Ses réimpressions sont très nombreuses.

P. 208, 1. 10. DeinetrinsJ. Cf. Plutarque, Des oracles qui ont cesse : « Si se prit Demetrius en se riant à leur dire, Diray-je vray, ou si je mentiray? Il me semble

a vous veoir, que vous n avez pas entre vous propos qui soit de gueres grandes conséquence, car je vous voy assis fort à votre aise, & semble bien à xo/ visages rians, que vous n'avez pas grands pensements. Il est vray, répliqua lors Heracleon le Megarien, que nous ne disputons pas a sçavoir .si ce verbe Ballo en son futur perd l'une de .ses 11, ny de quel mot positif ou primitif sont formez et dérivez ces deux comparatifs, Chiron et Beltion, et ces deux superlatifs, Chiri.ston et Beltiston : car ces questions là et autres semblables sont celles qui font rider et froncer les visages : mais au reste on peut bien disputer de toutes autres questions de philosophie, .sans se froncer le sourcil, et en discourir tout doulcement, sans avoir un regard furieux, nv se courroucer aux assistans. » (v, fo 338 r".)

P. 208, 1. 21. Deprendas aniiiii toniieiila). «On peut reconnaître dans les aflections du corps et les tourments secrets de l'âme et ses joies intimes : le visage réfléchit ses divers états.» (Juvénal, ix, 18.)

P. 208, 1. 28. La plus expresse). Cf. Sénèque, Epitres : « Hoc ergo cogita, hune esse sapientia; effectum, gaudii ajqualitatem. Talis est sapientis animus, qualis mundus super lunam; semper illic serenum est. » (Ep. 59.)

P. 209, 1. 2. Barroco & Baralipton). Deux termes de l'ancienne logique scolastique. Pour retenir plus commodément les dix-neuf formes du syllogisme on avait imaginé quatre vers faits de mots factices :

« Barh.ira, celarein, darii, ferio, baralipton. » Celantes, dabitis, fapesmo, frisesomorura, » Cesare, camestres, festino, baroco, darapti, » Felapton, disamis, datisi, bocardo, ferison. »

P. 209, 1. 3. Crote::^). Le mot « marmiteux », que Montaigne avait d'abord écrit, tendait peut-être à vieillir à la fln du xvi'= siècle; pourtant ce n'est probablement pas pour ce motif que Montaigne l'a supprimé. En effet, 1° on le trouve chez plusieurs auteurs du temps; il est à diverses reprises chez Brantôme (Cf. le dict. de Godefroy); le voici dans les Contes et disconrs d'Entrapel, par Noël du Fail (1585) : «faire le marmiteux» (réimpr. de 1875, p. 5); 2° Montaigne l'a maintenu dans les différents

passages où il l'avait d'abord écrit; ainsi et. t. I, p. 182, 1. 3.

P. 209, 1. 7. A la teste). Cf. Sénèque, De ira : « Nec ut quibusdam visum est arduum in virtutes et asperum iter est, piano adeuntur, non vana; vobis autor rei venio. Facilis est ad beatam vitam via... « (II, XIII, 320.) Peut-être Montaigne se souvient-il encore d'un passage de Ronsard :

« Apres avoir d'un jugement divers

» En tous endroits pratique l'univers

» Et clairement aux hommes fait entendre

» Ce qu'ils pouvoient, sans estre Dieux, comprendre,

» Pour mieux se faire avec peine chercher

» S'alla loger sur le haut d'un rocher.

» Dans une plaine est une haute roche

» D'où nul vivant sans grand travail n'approche ;

» Car le sentier en est fascheux et droit,

» Dur, rabotteux, espiiieux et estroit.

» Tout a l'entour s'y asproye l'ortie

» Et le chardon, et la ronce sortie

» D'entre les rocs, et les halliers mordans

» Qui font saigner les mains des ahordans.

» Au bas du roc est un creux précipice, » Qui fait horreur à l'homme plein de vice » Qui veut monter avant qu'estre purgé » De son péché dont il estoit chargé.

» Tout au plus haut ceste roche déserte » Est d'amaranthe et de roses couverte, » D'oeillets, de Ivs, et tousjours les ruisseaux, » Herbes et lleurs animent de leurs eaux. » Jamais l'orage et la fiere tempeste » En s'esclatant ne luy noircist la teste; » Mais le soleil gracieux en tout temps » Y fait germer les boutons du printemps.

» Là sur le roc ceste Philosophie » Pour tout jamais son palais edilîe » A mur d'airain, loing des ennuis mondains » Et des soucis dont les hommes sont pleins » Qui, comme porcs, vivent dedans la fange » Peu curieux d'immortelle louange. »

{Hymnes, liv. I, hymne i, De la philosophie. A très illustre et Reverendissime Odet de Colligni, Cardinal de Chastillon. Éd. Blancliemain, p. 163.)

P. 209, 1. 24. Bradainanl ou Angélique). Deux héro'i'nes du Roland furieu.x de l'Arioste.

P. 210, 1. 15. Elle lii\ eschape ou elle s'en passe). « C'est-à-dire : elle échappe aux coups de la fortune,

ou elle se passe de ses faveurs, elle se sépare donc tout à fait de la fortune et .s'en forge une toute sienne. »

P. 211, 1. 5. Le prarepte de Platon). Cf. République. III, p. 415; IV, p. 423, etc.

P. 211, 1. 8. Udum & molle). «L'argile est molle et humide; vite, vite, hâton.s-nous, et sans perdre un instant façonnon.s-la sur la roue. » (Perse, m, 23.)

P. 211, 1. 12. Cicero disait). Cf. Sénèque, Épîtres. « Negat Cicero, si duplicetur sibi xv,\s, habiturum se tempus quo légat Lyricos, eodem modo Dialecticos. Tristius inepti sont. » (Ep. 49.)

P. 211, 1. 24. De l'adi-is de Philarque). Dans le traité De la fortune d'Ale.\andre : « Mais toutefois si l'on disoit... que sa vraye munition et son entretien pour la guerre estoient les discours qu'il avoit appris de la philosophie, et les recors et préceptes touchant l'as.seurance de ne rien craindre, la prouesse et vaillance, et la magnanimité et teiiiperance, nous nous en mocquerions, pour autant qu'il n'a rien escrit de Tartilice de composer syllogismes, ou des elemens et principes de la géométrie. » (11, f" 308 r".)

P. 212, 1. 2. A tout }0 000 hommes). M., ihid. : « Un jeune adolescent, qui ne faisoit que sortir de l'enfance, oza bien... mettre en son entendement la conqueste de l'Empire de tout le monde, avec trente mille hommes de pied et quatre mille de chevaux. Car il n'avoit pas plus de gens de guerre, ce dit Aristobulus : ou comme dit le Roy Ptolomeus, quarante & cinq mille hommes de pied et cinq mille cinq cens de cheval : & tout le grand & plantureux moien d'entretenir ceste puis.sance la, que la fortune luy avoit préparé, c'estoient quarante deux mille escus comptant, ainsi que dit Aristobulus... »

P. 212, 1. 7. Petite Une). «Prenez là, jeunes et vieux, une règle ferme pour votre conduite, des provisions pour les rigueurs de l'hiver. » (Perse, v, 64.)

P. 212, 1. 9. Ce que disoit Epicurus). Cf. Diogène Laerce, Vie d'kpicure : « Xeque juvenis quispiam dum est, philo.sophari negligat, neque .senex cum sit, philosopliando fixtigetur. Qui autem dicit aut nondum philosophandi tempus esse, aut tempus prœterissc, ei similis est qui dicit ad beatam vitam non ades.se tempus, aut non amplius esse. » (X, cxxii, 718.)

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