LIVRE I, CHAPITRE XXVI
P. 225, 1. 25. Giiillaimie Gtiemite). Né à Rouen, comme Grouchy et ami intime de Grouchy; il professa au Collège de Guyenne de 1534 à i547- H ^ peut-être travaillé à la traduction de la Logique d'Aristote que Grouchy publia chez Vascosan, car daus cet ouvrage on trouve un avis au lecteur et une pièce de vers qui sont de Guérente.
P. 225, 1. 26. Bncanan). Né en Ecosse en 1506, professa au Collège de Guyenne de 1539 à 1542, par conséquent les trois premières années que Montaigne y passa. Quand il dut prendre la fuite à cause de ses opinions religieuses, il se réfugia quelque temps au château de Montaigne.
P. 225, 1. 27. Muret). Né en 1526, semble n'être arrivé au Collège de Guyenne que vers l'époque où Montaigne le quitta (1546). Peut-être fut-il «précepteur domestique » de Montaigne avant de professer au Collège.
P. 226, 1.4. Ce Comte de Brissac).Tn\\o\io\\à<:(lossé, comte de Brissac, né vers 1543, mourut tout près de Montaigne, au siège de Mussidan (printemps de 1569). D'après de Thou, c'est l'exaspération causée par sa mort qui provoqua, après la prise de cette ville, les violences relevées par Montaigne dans l'essai I, vi. Brantôme parle souvent de ce personnage, et avec grand éloge : « Feu M. le comte de Brissac se fit en un rien plus grand capitaine que tant de vieillardz qu'il avoit aux armées, seullement parce qu'il ne fut jamais en repos tant qu'il y fut, ains à toute heure et à tous momans et occasions ne faisoit que rechercher la guerre, les combatz et les rencontres et à toutes sortes d'hasardz; aussi se façonnant ainsi en un rien tout de mesmes façonna tant ses capitaines et ses soldatz que combien qu'ils y fussent jeunes d'ans ilz estoient vieux et d'expériance et de playes. » (Éd. Lalanne, t. VII, 31.) Brantôme déclare que Buchanan fut précepteur de Brissac (t. V, 126).
P. 227, 1. 12. Au collège de Giiienne). Cf. l'Histoire du Collège de Guyenne, par E. Gaullieur, Paris, 1874.
P. 227, 1. 18. Mon Latin s'abastardit). Comme le latin était la seule langue autorisée au collège, aussi bien au réfectoire et dans les récréations que dans les classes, les écoliers parlaient entre eux un jargon épouvantable. Cf. à ce sujet l'ouvrage que Mathurin
Cordier composa dans le dessein de corriger cet abus, De cornipti sernionis emendatione (Paris, 1530; Lyon, 1535, etc.); et ce que Gaullieur en dit dans son Histoire du Collège de Guyenne, p. 129.
P. 228, 1. 2. Des Lancelots). De fait, dans l'œuvre de Montaigne, on ne trouve point de traces de ces romans; je relève seulement dans l'essai I, li, une allusion aux Ainadis, qui d'ailleurs ne suppose pas même une lecture directe. La jeunesse de Montaigne, et plus spécialement le règne de Henri II, est une époque de grand succès pour les romans, et spécialement pour les Amadis. Un volume des Ainadis en espagnol figurait dans la « librairie » de Montaigne.
P. 228, 1. 3. A quoy l'enfance s'amuse). Sur le succès des romans au wi" siècle, voir l'ouvrage de Bourciez, les Mœurs polies et la littérature de cour sous Henri H, liv. I,- ch. i et m; liv. III, ch. iv et v; et aussi Plattard, V Œuvre de Rabelais, i (19 10). Aux témoignages qu'on trouvera mentionnés dans ces deux ouvrages on en peut joindre un fort important de La Noue, Discours politiques (éd. de 1587,
P. 229, 1. 22. Alter). «A peine avais-je atteint ma douzième année. » (Virg., BiicoL, viii, 39.) Le texte de Virgile que possédait Montaigne donne ce Tum me jam ceperat annus » ; intentionnellement sans doute il substitue « vix » à « jam ».
P. 230, 1. 1. Es tragédies latines). Sans doute le Jules César que Muret composa à Auch, la Jephté et le Baptiste de Buchanan. Buchanan avait en outre traduit du grec Médée et Alceste. Quant à Guérente, ses tragédies ne sont pas venues jusqu'à nous. Ce n'est pas Gouvéa qui a introduit les représentations théâtrales au Collège de Guyenne, elles sont antérieures à son principalat. Cf. à ce sujet Gaullieur, Hist. du Collège de Guyenne, p. 25e.
P. 230, 1. 3. Goi'canus). André Gouvéa, né en Portugal en 1497, réorganisa en 1534 le Collège de Guyenne dont il fut principal jusqu'en 1547; il mourut en 1548 à l'Université de Coïmbre. Son frère Antoine Gouvéa (1505-1555), qui défendit Aristote contre Ramus et qui professa lui aussi au Collège de Guyenne, est connu comme jurisconsulte.
P. 230, 1. II. Arisloni). «Il découvre son projet
ESSAIS DE MONTAIGNE
à l'acteur tragique Ariston. C'était un homme distingué par sa naissance et par sa fortune; et sa profession ne lui ôtait rien de sa considération, car elle n'a rien de honteux chez les Grecs. » (Tite-Live, XXIV, XXIV.)
Chronologie : Cet essai est dédié à Madame Diane de Foix, comtesse de Gurson. Montaigne s'adresse à elle en ces termes : « Si j'avoy quelque suffisance en ce suhject (de l'institution des enfants), je ne pourroy la mieux employer que d'en faire un présent à ce petit homme qui vous menasse de faire tantost une belle
sortie de ches vous. » (P. 191, 1. 29.) Nous avons vu que Diane de Foix épousa Louis de Foix, comte de Gurson, au mois de mars 1579. La phrase que nous venons de citer ne peut donc être antérieure au mois de juin ou au mois de juillet 1579; rien ne prouve qu'elle n'est pas seulement des premiers mois de 1580. C'est entre ces deux dates que se place la composition de l'introduction où elle est insérée. J'ai montré ailleurs (Lm sources et l'évolution des Essais, t. I, p. 290) que, suivant toute vraisemblance, le chapitre entier est de la même époque.