CEST FOLIE DE RAPPORTER LE VRAY ET LE FAVX A NOSTRE SVFFISANCE
P. 232, 1. 6. Ut necesse est). « Comme le poids fait nécessairement pencher le plateau de la balance, ainsi l'évidence entraîne l'esprit. » (Cicéron, Acad., II, 12.)
P. 233, 1. 3. Soiiiiiia). «Songes, terreurs magiques, prodiges, sorcières, apparitions nocturnes et autres merveilles de Thessalie... » (Horace, Epitres, II, II, 208.)
P. 233, 1. 20. Jaiii ncmo). «Las et rassasiés que nous sommes du spectacle des cieux, personne ne daigne plus lever la tète vers ces temples de lumière. » (Lucrèce, II, 1037.) Montaigne suit ici exactement le texte de l'édition Lambin. Cf. p. 177.
P. 233, 1. 24. Si Hunc primnm... «Supposez que maintenant pour la première fois elles se manifestassent soudainement aux mortels et tout à coup se présentassent à leurs yeux, rien ne pourrait nous sembler digne de leur être comparé, et nous n'aurions rien su imaginer de semblable avant de les avoir vues. » (Lucrèce, II, 1032.) Montaigne adapte les vers de Lucrèce, édition Lambin :
« Quic nunc si primum...
» Quis magis his rébus...?»
Cf. p. 177.
p. 234, 1. 5. Scilicct). «Un fleuve moyen paraît très grand à qui n'en a pas vu de plus grand, il en est de même d'un arbre, d'un homme, il en est de même de toutes choses quand nous n'avons rien vu de plus grand dans la même espèce. » (Lucrèce, M, 674.) Le texte de Montaigne est conforme à celui de Lambin. Cf. p. 508.
P. 234, 1. 9. Consuetudinc). « L'habitude d'avoir les objets sous les yeux familiarise nos esprits avec eux; ils ne s'étonnent plus des choses qu'ils voient sans cesse, et n'en recherchent pas les causes. » (Cicéron, De natura deoniiii, II, xxxviii.)
P. 234. 1. 23. Comandee par Chilon). Ce mot est attribué à divers sages, en particulier Diogène Laerce l'attribue à Solon. C'est pourtant à Chilon qu'il est le plus fréquemment attribué : cf. le même Diogène, Vie de Thaïes, I, xli; Aristote, Rhétorique, II, xii; Pline, Hist. nat., VII, xxxii.
P. 234, 1. 24. Que Je conte de Foix). Cf. Froissart, III, XVII ; le fait date de 1385.
P. 234, 1. 27. Nos annales disent). Il s'agit des Annales de Nicole Gilles, ouvrage que Montaigne a annoté. On y lit, en effet : « Lon dit que le Pape Honorius, qui lors présidoit, fut miraculeusement adverty du trespas du dict Roy Philippe et le dict jour qu'il trespassa, luy et ses cardinaux... feirent le senàce de ses obsèques et funérailles à grand solennité, et manda ledict Pape les faire dans toutes les églises dudict pays d'Italie. » (Sous la date de 1223.)
P. 235, 1. 3. Si Plutarque). «Un autre pareil cas advenu de nostre temps rend toutes telles nouvelles croyables, car quand Antonius se rebella contre l'Empereur Domitian, la ville de Rome en fut en grand trouble, pource que lon y attendoit une grosse guerre du costé de l'Allemagne : mais en cest etfroy, il se leva soudainement de soymesme un bruit de victoire parmi le peuple, et courut la nouvelle par toute Rome qu'Antonius luy mesme avoit esté tué, & son armée tellement desfaitte qu'il n'en
ESSAIS DE MONTAIGNE
estoit du tout rien demouré. Si en fut le bruit si grand que plusieurs des principaux de la ville y adjouxterent foy, & en sacrifièrent aux Dieux, en leur rendant grâces de la victoire : mais quand on vint à enquérir qui en avoit esté le premier autheur, il ne s'en trouva point, pource que l'un l'alloit toujours rejettant à l'autre, tant qu'à la fin elle s'alloit perdre en la multitude infinie du peuple, comme en une mer vaste ou il n'y a ne fond ne rive, & n'y trouva Ion jatr.ais commencement ny fondement asseuré : parquoy le bruit s'en escoulla aussi tost hors de Rome, comme incertainement il y estoit entré : mais toutes fois s'estant Domitian mis en chemin pour aller à ceste guerre, il rencontra lettres & messagers qui lui apportoient nouvelles cenaines de la victoire, & trouva Ion qu'elle avoit esté gaignée le mesme jour que le bruit s'en estoit levé à Rome, combien que les lieux soient distans l'un de l'autre de plus de douze cents cinquante lieues. » (F/> de Paiil-Émik, i° \~2 r°.)
P. 235, 1. 8. Et si Cœsar tient). Je n'ai pas trouvé cène affirmation chez César; le texte que Coste allègue ici {De bello civili, III, xxxvi) n'a pas ce sens.
P. 235, 1. II. Que le jugement de Pline). Chez les compilateurs et les auteurs de leçons, Pline, comme il est naturel, jouit d'un grand crédit. On peut voir, par exemple, le grand éloge que Messie fait de lui dans ses Diverses leçcns, fin de la vingt-sixième leçon du premier livre.
P. 235, 1. 18. Quand nous lisons , dans Bouchet). Dans les Annales d'Aquitaine; d. éd. de Poitiers 1567, f" 21-30.
P. 235, 1. 22. A Milan). Cf. saint Augustin, Cité de Dieu, XXU, viii.
P. 235, 1. 23. Une femme, à Carthage). Id., ibid. : « Admonetur in somnis ut in parte feminarum observanti ad baptisterium, qucecumque illi baptisata primitus occurrisset, eumdem locum signo Christi signaret : fecit, et confestim sanitas secuta est. » (XII,