‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 181 sur 449 · Chapitre XXXI · texte numérisé non relu

Chapitre XXXI

DES CAXXIBALES.

P. 264, TITRE. Des Cannibales). On a beaucoup écrit sur les cannibales au xvi' siècle. Il est intéressant de contrôler les allégations de Montaigne par celles de ses contemporains. Outre les grandes cosmographies de Thevet, de Belleforest et de Munster (on sait que cette dernière figurait dans la « librairie » de Montaigne) et les grandes histoires des Indes comme celle de Lopez de Gomara, il est tout particulièrement instructif de lire les récits faits par les compagnons de \'illegagnon : André Thevet, Les Singiilariîe:^ de la Fiance antarctique (1563); la relation de Jean de Léry parue à La Rachelle en 1578 pour la première fois : Histoire d'un voyage fait en la terre de Brésil autrement dit Amérique. Autour de Villegagnon des compétitions éclatèrent entre protestants et catholiques. Aussi sur les questions religieuses Thevet est suspect de favoriser les catholiques, Lérj' de favoriser les protestants; mais tous deux parlent de choses qu'ils ont vues. Cf. encore une lettre de Pasquier à M. de Querquisineiii {Correspondance, III). L'ouvrage d'Osorio, De reluis régis Eminanuelis, que Montaigne possédait dans sa bibliothèque, et qui traite surtout des expéditions dans les Indes orientales, parle longuement du Brésil au début du second livre.

P. 264, 1. I. Quand le Roy Pyrrhus). Cf. Plutarque, Fie de Pyrrhus : « Pyrrhus... ayant bien considéré la forme, l'assiette & l'ordonnance, la manière d'asseoir leur guet, & toutes leurs façons de faire, s'er; esmerveilla fort, & addressant sa parole à l'un de ses familiers qui se trouva lors près de luy : Ceste ordonnance, dit il, Megaclcs, encore qu'elle soit d'hommes Barbares, n'est point barbare pourtant, "(vin,^ 27 5 v°.)

P. 264, 1. 5. Autant en dirent les Grecs). Id., Vie de Flaminius : « Lon dit que le Roy Pyrrhus, la première fois qu'il apperceut de dessus une haulte eschoguette l'armée des Romains rengee & ordonnée en bataille, dit que l'ordonnance de ces Barbares ne luy sembloit point barbaresque. Mais aussi ceulx qui n'avoient jamais veu Titus, & qui venoient à parler la première fois avec luy, estoient contraints d'en dire presque autant : car ilz avoient ouy dire aux Macédoniens, qu'il venoit un capitaine de Barbares, qui à force d'armes ruinbit tout par ou il passoit & mettoit tout en ser\-itude : & au contraire ils venoient à trouver un personnage, qui premièrement estoit jeune d'aage, doux & humain de visage, parlant bon grec & amateur de vraye gloire. » (m, f" 260 r".) On voit que Montaigne commet une légère erreur : il s'agit dans Plutarque non de l'armée de Flaminius, mais de sa personne. La source n'est cependant guère douteuse.

P. 264, 1. 7. Philippus). Cf. Tite-Live : «Ac subjecta cemens Romana castra, admiratus esse dicitur, & universam speciem castrorum, & descripta suis qua;que partibus, tum tendentium ordine, tum itinerum inter\allis : negasse barbarorum ea castra uUi videre posse. » (XXXI, xxxiv.)

P. 264, 1. 13. En l'endroit où Vilegaignon). Au Brésil où il arriva en 1557.

P. 265, 1. 3. Platon introduit Solon). Cf. Timée : «In quibus maxima civitas est, quam Saim vocant... Tune ex sacerdotibus quendam grandem natu dixisse : ... Tune enim erat fretum illud navigabile habens in ore & quasi vestibulo ejus insulam, quas Herculis Columnas cognominatis : ferturque insula illa Libya

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