QV IL FA\'T SOBREMENT SE MESLER DE IVGER DES ORDONNANCES DIVINES
P. 282, 1. 4. A cette cause, dict Platon). Dans le Critias : « Quandoquidem facilius apparet, ut qui de diis dissent, satisfacere hominibus videatur, quani qui de mortalibus. Imperitia namque & ignoratio audientium magnam copiam ad ea quse ignota sunt, effingenda, prœstare dicentihus consuevit. » (P. 107; éd. de 1546, p. 736.)
P. 282, 1. II. Id geniis oiiine). «Tous les gens de cette espèce. » (Horace, Satires, I, 11, 2.)
P. 283, 1. 4. En une nation Indienne). Cf. Lopez de Gomara, Histoire générale des Indes : « S'ils sont vaincus, ils pleurent & lamentent, demandans pardon au Soleil pour l'injuste guerre, qu'ils ont encommencée. » (III, XXII, {" 242.)
P. 283, 1. 20. La Rochelabeille (ou La Roche-Abeille près de Saint-Yrieix), le 25 juin 1569, escarmouche entre les troupes de l'amiral de Coligny et celles du duc d'Anjou, où l'avantage resta aux protestants qui surprirent deux régiments de gens de pied dans un vallon, et firent Strozzi prisonnier.
P. 283, 1. 22. De Mont-contour et de Jarnac). Deux victoires des catholiques commandés par le duc d'Anjou et par Tavannes : Jarnac, près de la Charente, le 13 mars 1569, et Moncontour le 3 octobre de la même année.
P. 283, 1. 26. De mesme bouche). Allusion à un apologue d'Anianus. Un satyre par un temps très froid voit un paysan souffler dans ses doigts; interrogé, le paysan répond qu'il souffle pour se réchauffer. Quelques instants plus tard, à table, il souffle sur ses aliments. Interrogé de nouveau, il répond cette fois qu'il souffle pour refroidir ses aliments. « Qu'en-
tends-je! » réplique l'autre, «de la même bouche tu souffles le chaud et le froid! » De là peut-être une expression proverbiale que je retrouve chez Erasme^ dans l'Éloge de la folie, où, en parlant des flatteurs, il déclare : « Horum est nigrum in candida vertere, et eodem ex ore frigidum pariter et calidum efflare. » (Éd. de 1544, p. 81.)
P. 283, 1. 27. C'est une belle bataille navale). Bataille de Lépante, remportée sur les Turcs par don Juan d'Autriche à la tète des armées d'Espagne, de Venise et du pape, le 5 octobre 1571.
P. 283, 1. 32. Arrius et Léon). Cf. Jean Bouchet, Annales d'Aquitaine, ï°^ 14 v° et 19 v°. Montaigne combat ici la leçon que Bouchet tirait de ces événements. La mort d'Arrius est encore racontée chez Athanase, Epist. ad Serapionem ; Epiphane, De morte Arii, I, II; aussi chez Ravisius Textor, f° 34 r°. Tous voient dans les circonstances de cette mort une punition divine.
P. 284, 1. 5. Lfl mort de Heliogabalus). Cf. Lampride, Héliogabale, xvii; mais Montaigne a pris probablement ce fait ainsi que le suivant (la mort d'Irénée) dans les compilations du temps, peut-être dans celle de Ravisius Textor, f'' 3 1 V.
P. 284, 1. 12. S. Augustin). Pour toutes ces idées, cf. Cité de Dieu, I, viii.
P. 284, 1. 14. Il se faut contenter de la lumière). Cf. Plutarque, De la curiosité : « Ceulx qui ne se contentent pas de la lumière abondante des rayons du soleil, qui s'espandent si clairement sur toutes choses, ains veulent à plein fond regarder le cercle mesme de son corps, en osant se promettre qu'ils
ESSAIS DE MONTAIGNE
pénétreront sa clarté, et entreront des yeux à force au beau milieu, ils s'aveuglent. » (F° 64 v°.) Cette image est reprise dans La Primaudaye, Académie française, I, xv; dans Juste Lipse, De constantia, m, XVII.
P. 284, 1. 18. Qiiis hominum). « Quel homme peut connaître les desseins de Dieu, ou imaginer ce que veut le Seigneur? » {Sagesse, IX, xiii.)
Chronologie : Cet essai est certainement des premiers mois de 1572. 1° Montaigne écrit : « Une belle bataille navale s'est gaignée ces mois passez contre les Turcs, sous la conduite de Don Joan d'Austria » : il s'agit de la bataille de Lépante, qui date du 5 octobre 1571; 2° l'allusion aux morts d'Arrius et du pape Léon vient des Annales d'Aquitaine de Bouchet, que Montaigne lit en 1572.
CllAPITRl- XXXIII.
DK FVIR I.HS VOLVPTHZ AV PRIS D1-: LA VI1-:
P. 285, 1. 6. H ijr,v a/.j-wç). « Ou une vie tranquille, ou une mon lieureuse. Il est bien de mourir quand la vie est à charge. Mieux vaut ne pas vivre que de vivre dans le malheur. » Je crois que Montaigne a pris ces trois sentences grecques dans le recueil publié par Crispin en 1569 et réimprimé en 1570; des recueils du temps que j'ai pu consulter c'est le seul qui présente ces trois vers ainsi réunis.
P. 286, 1. 2. Je suis d'advi^, dict-il). Cf. Sénèque, Epîtres : « Censeo aut ex vita ista tibi, aut c \ita exeundum. Sed illud idem existimo, Icni eundum via, ut quod maie implicuisti, solvas potius quam abrumpas, dummodo si alia solvendi ratio non erit, vel abrumpas. Nemo tam timidus est ut malit sempcr penderc quam semel cadere. » (Kp. 22.)
P. 286, 1. 9. Eiiiprunlc d'Epicnnis). Id., ilnd. : « Epicuri epistolam ad hanc rem pertinentem levi, Idomeneo quK scribitur, queni rogat, ut quantum potest fugiat et properet, antequam aliqua vis major interveniat, et auterat libertatem recedendi. »
P. 286, 1. 12. S. Hilairc). Cf. Jean Bouchet, Annales d'Aquitaine, qui conte longuement cette histoire (F"- 16 r° et 21 r").
Chronologie : Il est manifeste que la source de cet essai est l'histoire de l'évèque saint Hilaire. Or cette histoire vient certainement des Annales d'Aquitaine de Bouchet, ouvrage que Montaigne lit vers 1 572. L'essai est donc selon toute vraisemblance de 1572.