LIVRE I, CHAPITRE XXXVII
à ses pieds, hormis le fier Caton. » (Horace, Odes, II, I, 23.)
P. 304, 1. 14. Le maistre du chœur). Rapprociier dans les œuvres de La Boétie, éd. Bonnefon, p. 213 : « Die, o Calliope, chori magistra. »
P. 304, I. 16. His dantem). « Caton qui leur dicte des lois. » (Virgile, Enéide, Mil, 670.)
Chroxologie : Aucune indication ne permet de dater avec certitude cet essai. Un emprunt aux Œuvres morales de Plutarque ne doit pas être antérieur à la fin de 1572. Mais l'essai, qui consiste essentiellement
dans le rapprochement de cinq citations, ne le suppose pas nécessairement; il se peut qu'il ait été ajouté après coup, et par conséquent nous ne pouvons rien conclure de sa présence. Je suis tenté de croire toutefois que dans sa majeure partie cet essai a été écrit dans la première période, vers 1572 ou peu après cette date. Non seulement la place qu'il occupe invite à faire cette hypothèse, mais les sentiments très stoïciens qui l'emplissent le rapprochent naturellement des essais l, xiv, l, xix, I, xx, qui, tous trois, sont datés de 1572.
Chapitrf. XXXVIII.
COMME XO\S PLE\ROXS & RIONS d'vNE MESME CHOSE.
P. 305, 1. I. Antii;oniis scciil tres-inmtvais s^rc). Cf. Plutarque, F/c de Pyrrhus : « Alcyoneus courut devers son frère qu'il trouva devisant avec quelques siens familiers, & luy jetta devant luy la teste. Antigonus l'aiant regardée et recogneue, chassa son filz à coups de baston en l'appellant cruel meurtrier & barbare inhumain, & se couvrant les yeux du bout de son manteau, se prit à plorer par compassion. » (xvi, f" 284 v°.) Il faut noter que chez plusieurs compilateurs du xvi"-' siècle on retrouve des listes de faits qui rappellent celle que nous avons ici. Dans des chapitres sur la clémence ou encore sur la prudence, Guevara dans ses Épîtres dorées. Du Verdier dans sa Suite des Diverses leçons (III, xxx\"i, éd. de 1580, p. 230), Droit de Gaillard dans sa Méthode de l'Histoire (éd. de 1579, p. 534), recueillent des exemples de vainqueurs qui ont pleuré la mort de leurs ennemis vaincus. Ces auteurs se répètent d'ailleurs textuellement les uns les autres. Chez Droit de Gaillard nous rencontrons : Alexandre, Marcellus, Scipion, César, Philibert-Emmanuel. L'exemple de César seul, on le voit, est commun à Montaigne et à ces compilateurs. Montaigne n'a donc pas sciemment puisé chez eux, mais peut-être s'est-il souvenu de leurs ouvrages. Il est intéressant de comparer la richesse de son développement à la pauvreté de celui qu'on trouve chez les Du Verdier et les Droit de Gaillard.
P. 305, 1. 5. René de Lorraine). René II de Lorraine défit Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, devant Nancy (1477), dans une bataille où Charles le Téméraire trouva la mort. Le fait que Montaigne relate ici est relevé chez Fulgose, IV, v, à la fin.
P. 305, 1. 7. En la bataille d'Auroy). Ou d'Auray, près de \'annes. Cette bataille fut livrée sous Charles V, le 29 septembre 1364. (Cf. Froissart.)
P. 305, 1. 12. Et cosi). «Et c'est ainsi que l'àme couvre ses passions sous une apparence contraire, sous un visage tantôt joj'eux et tantôt sombre. » (Pétrarque, sonnet 81; édition de 1550, sonnet 82, p. 162.)
P. 305, 1. 15. Quand on présenta à Casar). Cf. Plutarque, Vie de César : « Pompeius avoit desja esté mis à mort : si eut en horreur Theodotus, qui luy en présenta la teste, tournant le visage d'un autre côté pour ne la point veoir... & en le regardant se prit à plorer. » (xni, f" 508 r".) Et aussi Fie de Pompée : « Il ne passa gueres de temps après que C;vsar n'arrivast en iî!gypte ainsi troublée & estonnée, là ou luy fut la teste de Pompeius présentée, mais il tourna la face arrière pour ne la point veoir... & se prit à plorer. » (xxi, f" 462 v".)
P. 306, I. 3. Tutumque). «Il crut dès lors qu'il pouvait sans péril manifester des sentiments de beaupère; il versa des larmes forcées et tira des gémissements d'un cœur joyeux. » (Lucain, 1037.)
P. 306, 1. 8. Hœredis fletus). « Les pleurs d'un héritier sont des ris sous le masque. » (Publius Syrus, apud A. Gellium, XVII, xiv.) Traduction de Mademoiselle de Gournay.
P. 307, 1. 3. £"5/ ne novis). «Vénus est-elle odieuse aux nouvelles mariées, ou celles-ci se moquent-elles de la joie de leurs parents par toutes les larmes fausses qu'elles versent en abondance au seuil de la chambre nuptiale? Que je meure si ces larmes sont vraies. » (Catulle, De coma Bérénices, LX\'I, xv.)