‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 192 sur 449 · Chapitre XXXIX · texte numérisé non relu

Chapitre XXXIX

DE I.A SOLlT\DE.

P. 309, 1. I. Celle longue comparaison). Question sans cesse débattue par les philosophes anciens (surtout Aristote, Platon, Cicéron), et qui devint un lieu commun au xvi'= siècle. Cf. Balthazar Castiglione, Il Corlegiaiio, IV, xxvi; un dialogue de Sperone Speroni, le dialogue de Torquato Tasso intitulé : Il padre di famiglia, etc., etc. Comme Torquato Tasso, la plupart des compilateurs qui reprennent la question ne manquent pas de combler d'éloges Charles-Quint qui en 1556 renonça au pouvoir.

P. 309, 1. 3. Nous ne somwcs pas ne:^) . C'est l'éloge que Lucain (II, 385) tait de Caton d'Utique :

<' Xec sibi, scd toti genitum se credere mundo. >

P. 309, 1. 12. Si le viol de Bios). Cf. Diogène Laerce, Vie de Bios : «Plures mali sunt. 0 (I, Lxxxviii,

P. 3t)9, 1. 13. De mille). « Virum de mille unum reperi, mulierem ex onniibus non inveni. » ÇEcelesiastiqne, vn, 28.)

P. 309, 1. 14. Rari). « Les gens de bien sont rares, à peine en pourrait-on compter autant que Thèbes a de portes, ou le Nil d'embouchures. » (Juvénal, XIII, XXVI.) Montaigne a peut-être pris cette citation dans un ouvrage de Buchanan, \c De jure regni, 1579, p. 82, qu'il a lu précisément entre 1580 et 1588. Il est vrai que chez Buchanan le premier vers présente une leçon légèrement différente de celle que nous trouvons chez Montaigne.

P. 309, 1. 16. // faut on imiter). Cf. Sénèque, Epllres : « Ncccsse est aut imiteris aut oderis. Utrumque autem dcvitandum est, ne vel similis malis fias.

quia multi sunt, neve inimicus multis, quia dissimiles sunt. » (Ep. 7, p. 88.)

P. 310, 1. 6. Parquai Bias). Cf. Diogène Laerce, Vie de Bias : « Xavigabat cum impiis aliquando, & cùm tota tempestate navis quateretur fluctibus, illique deos invocarent, Silete, inquit, ne vos hic illi navigare senliant. » (I, lxxxvi, 70.)

P. 310, 1. 9. Alhuqiierque). Qi. Histoire du Portugal, trad. Goulard : « Albuquerque voyant un fort jeune garçon prest d'estre noyé par les vagues qui entroyent à randon dans sa navire, le chargea & tint sur ses espaules, jusques à ce qu'on fust venu au secours d'un autre navire, & dit, L'innocence de cest enfant m'asseure que par la grâce de Dieu j'eschapperay ce danger. » (VIII, ix, f" 234 r°.)

P. 310, 1. 14. Ce n'est pas que le sage). Cf. Sénèque, Epllres : « Ibi quoque (dans le monde) licet quiète vivere, si necesse sit. Sed si liceat disponere se, conspectum quoque et viciniam fori procul fugiam... Sapiens feret ista, non eliget... Non multum prodest vitia sua projecisse, si cum alienis rixandum est. » (Ép. 28, p. 113.)

P. 310, 1. 19. Charondas). Cf. Diodore de Sicile, XII, IV, f" 42 r'\

P. 310, 1. 23. Antislhenes). Cf. Diogène Laerce, Vie d' Antislhène : «Probro illi dabatur aliquando quôd congrederetur malis : At medici, inquit, inter a;grotos versantur. » (VI, vi, 350.)

P. 311, 1. 10. Ratio). «C'est la raison et la pmdence qui dissipent les chagrins, ce n'est pas une plage d'où l'on découvre une vaste étendue de mer. » (Horace, Epllres, I, 11, 25.)

LIVRK r, CHAPITRE XXX(\.

P. 311, 1. 13. Pour changer de contrée). Ce thùme de l'inutilité des voyages pour guérir l'àiiie est un de ceux auxquels Sénèque revient le plus \olontiers; cf. surtout à ce sujet les épîtres 28, 69 et 104. C'est tout spécialement de l'épitre 28, semble-t-il, que Montaigne s'est souvenu. Cf. aussi le De tranqnilHlate ril;r, 11. Les moralistes du xvi'-' siècle ont parfois emprunté ces développements à Sénèque. Cf. en particulier H. Estienne, Apologie pour Hérodole, xi et x\ ; Duplessis-Mornay, Excellent discours de la vie et de la mort (éd. de 1576, p. 45); Juste Lipse, De constantia, I, 11. D'ailleurs Juste Lipse se souvient, si je ne me trompe, de l'essai de Montaigne.

P. 3 1 1 , 1. 14. £"/ post). « Le sombre chagrin monte en croupe derrière le cavalier. » (Horace, Odes, III, i, 40. )

P. 311, 1. 18. Hxrct). «La flèche mortelle reste attachée à son flanc. » (Virgile, En., IV, 73.)

P. 311, 1. 19. On disoit il Sacrales). Cf. Sénèque, Epîtres : « Socratem qu;vrenti cuidam, quod nihil sibi peregrinationes profuissent, respondisse ferunt : non immerito hoc tibi evenit : tecum enim peregrinabaris. » (Ep. 104. Cf. aussi ép. 28, p. 253.)

P. 311, 1. 21. Oiiid terras). «Pourquoi aller chercher des paj's chauffés d'un autre soleil ? Qui donc en fuvant sa patrie arrive à se tuir soi-même?» (Horace, Odes, II, xvi, 18.)

P. 311, 1. 24. Si on ne se descharge). Rapprocher Sénèque, Epîtres : « Te igitur emenda, onera tibi detrahe. » (Ep. loé, p. 255.)

P. 3 1 1, 1. 25. Le remuement). Cf. Sénèque, Epîtres : « \'adis hue & illuc, ut excutias insidens pondus, quod ipsa jactatione incommodius fit, sicut in navi onera immota minus urgent, ina;qualiter convoluta citius eam partem, in quam incubuere, demergunt. Quicquid facis contra te facis et motu ipso noces tibi. ^igrum enim concutis. » (Ep. 28, p. 113.)

P. 312, 1. 8. Riipi jam). «J'ai rompu mes fers, direz-vous. Oui, comme le chien après de longs efforts a brisé sa chaine : dans sa fuite, il en traîne un long bout à son cou. » (Perse, V, 158.) Montaigne suit ici le texte de toutes les éditions du début du XVI' siècle.

P. 312, 1. 14. Nisi purgatum). «Si l'âme n'est pas libérée de ses passions, que de combats à soutenir.

que de périls à vaincre ! Quels acres soucis angoissent et déchirent l'homme en proie à ses passions 1 Que de craintes aussi ! Combien traînent de désastres à leur suite, l'orgueil, la luxure, la colère ! Combien la dissipation et la paresse!» (Lucrèce, V, xliv.) Montaigne suit le texte de Lambin, p. 376.

P. 312, 1. 22. In culpa est). «Le mal est en l'âme, et l'âme ne s'échappe jamais à elle-même. » (Horace, Epîtres, I, XIV, 15.) Montaigne a traduit cette phrase avant de la citer.

P. 312, 1. 23. Rcnnener et retirer en so\). Rapprocher une expression de Sénèque : « Animus est revocandus in se. » (De tranqnillitate vitiv, 14.) Ou encore : « Recède in te ipsum quantum potes. » (Ép. 7.)

P. 313, 1. 3. Stilpon). Cf. Sénèque, Épîtres : «Hic capta patria, amissis liberis, amissa uxore, cum ex incendio publico solus, et tamen beatus exiret, interroganti Demetrio cui cognomen Poliorcetes fuit, nunquid perdidisset : omnia inquit, bona mea mecum sunt. » (Ep. 9.) Cet exemple est d'ailleurs fréquemment répété par les moralistes anciens et modernes. Cf. entre autres Sénèque, De constantia sapientis, v; Plutarque, De la tranquillité d'esprit, xvii; Diogène Laerce, Vie de Stilpon; Pontanus, De fortitudine doniestica ; Ra\isius, Officina (dans les Constantes et Patientes^; La Primaudaye, Académie françoise (éd. de 1598, f° 27 V); Muzio, Il gentiluonw, p. 7, etc.

P. 313, 1. 7. Le philosofe Antisthenes). Cf. Diogène Laerce, Vie d'Antisthène : « Ea dicebat paranda viatica, quie cum naufragio simul enatarent. » (Ed. de 1556,

Page 1