Chapitre XLII
DE L !Xi;aVALITE QV I KST ENTRE XOVS
P. 335, I. I. Philarqnc dit). Cf. Pluturquc, Que les bestes iiseiil de la Raison : « Je ne pense pas qu'il y ait si grande distance de beste à beste, comme il y a de grand intervalle d'homme à homme en matière de prudence, de discours, de raison, et de mémoire. >> (F» 274 r°.)
P. 333, 1. 6. Plus de distance). Montaigne reprendra cette même idée dans l'essai II, xii, p. 177, 1. 19.
P. 333, 1. 8. Hem vir). «Ah! qu'un homme peut être supérieur à un autre homme. » Montaigne transforme le texte de Térence qui est : « Di immortales, homini homo quid prœstat. » (Eunuque, II, m, i.)
P. 333, 1. II. A propos de l'estimation des hommes). Cette idée de la vanité des motifs sur lesquels nous fondons la supériorité, et la comparaison entre les animaux et les hommes à ce point de vue, sont des thèmes courants chez les moralistes de l'antiquité et du xv!*^ siècle. Cf. Lucrèce, II (le début du livre); Horace, Satires I, 11, II, vu; Stobéc, Sermones, xxi, p. 177; Stcfano Guazzo, La civil conversation (trad. Chappuys, p. 448); Muzio, Il gentilnomo (p. 7 de l'éd. de 1575). Voici le texte de Stobée; il cite tout un long passage des Mémorables de Xénophon : « Quemadmodum illi qui equos emunt, non antea putant se cognosccrc equum, quem nosse cupiunt, quàm animadvertant utrum bene domitus an effrenis, fortis an debilis, citus an tardus sit, ac in aliis quonam modo se habeat, in quibus equum valerc oponet. Qui, quantum valcat, nesciat, .seipsum ignorât. »
P. 333, 1. II. C'est merveille que). Cf. Sénèque, Hpîlres : « Eo quidque laudatur... quod illi proprium est. Ergo in homine... » (Ép. ï6. p. 173.)
P. 334, 1. 2. Nous louons un cheval). L'expression est de Montaigne; mais il en imite plusieurs de Sénèque, particulièrement : « Non faciunt meliorem equum aurei freni... ^■item laudamus, si fructu palmites onerat. Num quis huic illam pn\;ferret vitem, cui aureae uva;, aurea folia dépendent?... In homine quoque id laudandum est, quod ipsius est. » (Ép. 41,
P. 334, 1. 3. Volucrem). «Ainsi nous louons un cheval pour sa vitesse, pour les palmes nombreuses qu'il a remportées dans les cirques aux applaudissements des foules bruyantes. » (Juvénal, VIII, lvh.)
P. 334, 1. 8. // a un ora)id train). Cf. Sénèque, Epîtrcs : « Familiam pulchram habet et domum pulchram, multum serit, multum fxnerat, nihil horuni in ipso est, sed circa ipsum. » (Ep. 41, p. 125.)
P. 3 34, 1. 1 1 . Si vous marchande:^). Id. , ibid. : « Equum empturus, solvi jubés stratum... » (Ep. 80, p. 185.)
P. 334, 1. 18. Rcgibns). «Les rois ont cette coutume, lorsqu'ils achètent des chevaux, de les examiner couverts, de peur que, si, comme il arrive souvent, le cheval a la tète belle et le pied mou, l'acheteur ne se laisse séduire par l'aspect d'une belle croupe, d'une tète fine ou d'une belle encolure. » (Horace, Satires, I, 11, 86.)
P. 334, 1. 22. L'estime^-vous tout enveloppé). Cf. Sénèque, Épîtres : « Homineni involutum xstimas. » (Ép. 80, p. 185.)
P. 334, 1. 23. // ne nous faicl montre). Id., ibid. Imité de : « sic nobis imponitur, quod neminem .vstiniamus eo quod est, sed adjicimus illi & ea quibus adornatus est. » (Ep. 76, p. 175.)