I.IVRi: I. CHAPITRF. XLII
P. 334, 1. 25. C'est h- ivis de l'espcc). Id., ihid. : « ... Nec booum nec maluui vagina gladiuni facit. » (Ép. 92, p. 219.)
P. 334, 1. 27. // le finit ju^cr pur lii\ iiwsinc). Id., ibid. Imité de : « neminem œstimalis suo » (ép. 87, p. 201), et aussi de : « si perpendere te voles sepone pecuniam, domimi, dignitatem, intus te ipsc considéra. )) (Ép. 80, p. 185.)
P. 335, 1. I. Etcûininedit Ircs-plaisniiiiiieiil iiii ancien). Id., ibid. : « Quare magnus videtur? Cum basi illum sua metiris. » (Ép. 76, p. 175.) Montaigne reprend sous trois formes différentes le mot « très plaisant >> de Sénèque (patins, base, échasses).
P. 335, 1. 4. Qu'il mette à part ses rieljesses). Id., ibid. : « Ponat patrimonium, ponat honores... corpus ipsurn exuat. » (Ép. 76, p. 175.)
P. 335, 1. 6. OiieIleamcail?).Id.,ibid. : «Animuui intuere qualis sit... alieno an suo magnus. .Si crcctis oculis gladios micantes videt, &; si scit nulla sua interesse, utrum anima per os an per jugum cxeat : beatum voca. » (Ép. 76, p. 175.)
P. 335, 1. 12. Sapiens, sibiqne iinperiosns). «Sage et maître de lui? Tel que ni la pauvreté, ni la mort, ni les fers ne le fa.ssent trembler? A-t-il le courage de tenir tête à .ses passions, de mépriser les honneurs? Renfermé tout entier en lui-même, rond et poli comme la boule que rien n'empêche de rouler, ne laisse-t-il aucune prise à la fortune? ) (Horace, Satires, II, VII, 83.)
P. 335, 1. 20. Sapiens pùl). «Le sage est lartisan de son propre bonheur. » (Plaute, Trinumntns , II, M, 84.) Montaigne a très probablement pris cette sentence dans les Politiques de Juste Lipse, I, \ii.
P. 335, 1. 22. Nonne videniiis). «Ne voyon.s-nous pas que la nature n'exige en nous rien de plus qu'un corps sans douleur, et une âme sereine exempte de soucis et de craintes? » (Lucrèce, II, 16.)
P. 336, 1. 9. On'eii leurs chausses). Cf. Sénèque, Epitres : «Togis inter se isti, non judiciis distant. » (Ép. 114, p. 272.) Rapprocher I, xxxi, p. 281, 1. 8.
P. 336, 1. 10. En Thrace). Cf. Hérodote: «Quant aux dieux, ils adorent seulement Mars, Bacchus et Diane. Combien que leurs Roys adorent seulement Mercure, ce que ne font les subjects. » (V, vu; t. I, f° 317 r".)
P. 336, 1. 16. Comme les joueurs de comédie). Rapprocher Sénèque, Epitres : « Nemo ex istis quos purpuratos vides felix est, non magis quam ex illis quibus sceptrum & chlamydem in scena fabulce assignant : cum présente populo elati incesserunt, & cothurnati, simul exierunt, e.xcalceantur, & ad staturam suam redeunt. » (Ép. 76, p. 175.)
« Ille qui in scena latins inccdit, et hxc resupinus, dicit :
« Impero Argis, régna milii liquit Pelops, qua ponto » \h Helles atque ab lonio mari urgetur Isthmos. ><
.servus est, quinque modios accepit", & quinque denarios. Ille qui superbus atque impotens & fiducia virium tumidus ait :
« Quod nisi quieris Meiiel.v h.ic dcxtra occides, »
diurnum accipit, in c:tnaculo dormit. Idem de istis licet omnibus dicas, quos supra capita hominum supraque turbam delicatos lectica suspendit. Omnium istorum personata félicitas est. » (Ép. 80, p. 185.)
P. 336, 1. 21. Scilicet). «C'est que sur lui brillent, enchâssées dans l'or, de grosses émeraudes de la plus belle eau, et qu'il use de helles étoffes couleur vert de mer, et les souille de la sueur de \'énus. » (Lucrèce, IV, 1123.)
P. 336, 1. 25. Ille beat us introrsnni). «Celui-là jouit d'un bonheur intérieur, l'autre n'a qu'un bonheur de surface. » Le début de cette citation vient de l'épitre 119 de Sénèque : «Ille... beatus introrsum est » (p. 282); la seconde partie est inspirée de l'épitre 115 : « Omnium istorum... bracteata félicitas est » (p. 274).
P. 337, 1. 3. Non eniui iia:^ii'). «En effet, ni les trésors ni les faisceaux consulaires ne dissipent les troubles du cœur et les soucis qui voltigent autour des lambris dorés. » (Horace, Odes, II, xvi, 9.)
P. 337, 1. 8. Re veraquc). « A la vérité, les craintes et les soucis, inséparables de l'homme, ne s'effrayent pas du fracas des armes; hardiment ils fréquentent les rois et les puissants, et l'éclat de l'or ne les trouble pas. » (Lucrèce, II, 47.)
P. 337, 1. 17. Ce ciel de lict). Rapprocher Sénèque, Epitres : « Nihil differt utrum ivgrum in ligneo lecto
ESSAIS DE MONTAIGNE
an in aureo colloces : quocumque illum transtuleris morbum suum secum transférer : sic nihil refert utrum animus xgev in divitiis an in paupertate ponatur. » (Ép. 17.)
P. 337, 1. 19. AVr calida' cititis). «Et la chaleur de la fièvre ne tombera pas plus vite si vous êtes étendu dans les broderies et dans la pourpre que s'il vous faut vous contenter d'un drap plébéien. » (Lucrèce, II, 34.) Le texte est conforme à celui de l'édition Lambin, p. loi.
P. 337, 1. 22. Les flateiirs). Cf. Plutarque, Les dicts notables des anciens Ross, Princes & grands Capitaines : « Il fut en quelque rencontre blecé d'un coup de flesche à la cuisse, si accoururent soudain à luy plusieurs de ceulx qui par flatterie avoient accoutumé de l'appeller Dieu : et lors avec un visage riant il leur dit, en leur monstrant sa playe. C'est du vrav sang, comme vous pouvez veoir,
u Et non de l'humeur telle
» QjLii coule aux dieux de nature immortelle. »
(Fo 193 vo.) Cf. aussi Fie d'Alexandre : «Aiant esté blecé d'un coup de traict, & en sentant griefve douleur, il se retourna vers ses amis & leur dit : cela qui coule de ma playe est vray sang, (5\: non point comme dit Homère :
« Une liqueur de rien, semblable à celle
» Qui flue aux Dieux de nature immortelle. «
(IX, f- 474 v°.) P. 337, I. 26. Herniodonis). Id., Ij:s dicts notables des anciens Ro\s, Princes & grands Capitaines : « Hermodotus (sic) poëte en quelques compositions sienes poétiques l'appeloit fils du soleil : & luy alencontre disoit, Celu}' qui vuide ma selle percée sçait bien avec moy qu'il n'en est rien. » (F° 194 r°.)
P. 338, 1. 2. Pour tons potages). Expression de la langue des conteurs (cf. Rabelais, II, vi); Montaigne la reprendra un peu plus loin dans l'essai I, XLvi, p. 358, 1. 15.
P. 338, 1. 5. Piielhr). «Que les jeunes filles .se l'arrachent; que partout les roses naissent sous ses pas. » (Perse, II, 38.)
P. 338, 1. 9. Hcsc perinde sitnt). «Les choses valent ce que vaut le possesseur : à qui en sait user elles sont bonnes; à qui ne sait pas, elles sont mauvaises. » (Térence, Hcantontimoroinnenos, I, m, 21.)
P. 338, 1. 14. Non domtis). «Ce n'est pas une maison, ce ne sont pas des propriétés ni des tas d'or qui guérissent la fièvre du corps et les soucis du cœur : il faut que leur possesseur soit sain pour qu'il en puisse bien jouir. S'il est tourmenté de cupidité ou de crainte, sa maison et ses biens lui sont autant que des tableaux à un chassieux ou des unguents à un podagre. » (Horace, Épîtres, I, 11, 47.) Dans les éditions de 1580 et 1588 la citation comporte un vers de plus qui signifie : « Quand le vase est impur tout ce qu'on y verse s'aigrit. » Montaigne l'a rayé ici pour le reporter dans l'essai III, xiii. Notons encore que cette citation d'Horace se trouve en note de l'édition Lambin de Lucrèce, au \ers 34 du livre II, que .Montaigne vient de citer, et que réciproquement dans l'édition d'Horace donnée par Lambin on trouve en note à propos de ces vers la citation de Lucrèce.
P. 338, 1. 22. Conte Platon dict). Dans les Lois : « Aiunt nempe optimum esse .sanitatem, ei proximum bonum formam, vires tertium, quartum vero divitias... Ego enim assero quœ vulgo mala dicuntur, injustis bona esse, justis autem mala. Quœ vero dicuntur bona, bonis quidem vere bona, malis autem mala. » (H, pp. 661-662; éd. de 1546, p. 762.)
P. 339, 1. 4. Totiis & argenio). «Tout en argent et tout en or. » (Tibulle, I, i, 71.) Le texte est : «Totus et argento contextiis, et auro. »
P. 339, 1. 9. Si vcntri). «Si vous avez l'estomac, les poumons et les pieds en bon état, toutes les richesses des rois ne pourront rien ajouter à votre bonheur. » (Horace, Epitres, I, xii, 5.)
P. 339, 1. II. De l'advis du Roy Selenctis). Cf. Plutarque, Si l'homme d'aage se doit niesler des affaires publiques : « Car la royauté, qui est la plus grande et plus parfaitte espèce de gouvernement qui soit au monde, a de très grands soucis, travaux et rompements de teste et en grande quantité : tellement que Ion escript que Seleucus disoit souvent, Si les hommes sçavoient combien il est laborieux .seulement de recevoir et escrire tant de lettres, connne il en