‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 202 sur 449 · XXIX · texte numérisé non relu

XXIX

P. 340,1.23. Couw les Ija le i^rand seigneur). Cf. Guillaume Postel, Histoire des Turcs : « Le Prince Turc a en divers Parcs ou Serrails grandes multitudes de femmes et principalement en un Serrail de Constantinople, qui est au melieu de la ville, là où à mon

partir y en avoit plus de trois cens. » (Éd. de 1575, p. 92; éd. de 1560, i"^' partie, p. 6.)

P. ^40, 1. 25. Celuy de ses ancestres). Cf. Chalcondylc : « On dit que Pajazet entretenoit d'ordinaire bien sept mille fauconniers. » (III, xiii, 209.)

P. 341, 1. 2. Ils sont trop esclairei). On retrouvera la même idée chez Cicéron, De officiis, II, xiii; Plutarque, Instruction pour ceux qui manient affaires d 'Estât, f" 162 v°; Castiglione, // Cortegiano, IV, viii, etc.

P. 341, 1. 8. Platon, en son Gorgias). « ... Ego... id esse dico tyrannidem, quod paulo ante, videlicet licentiam in civitate habere quicquid videatur perpetrandi, sive interficere quempiam, slve cxpellere libeat, cœterdque omnia pro libidine tacere. » (xxiv, p. 469; éd. de 1546, p. 346.)

P. 341, 1. 15. Un seing & une verrue). Cf. Plutarque, Instruction pour -ceux qui manient affaires d'Estat : « Tout ainsi qu'une lentille, un seing, une verrue en la face de l'homme font plus d'ennuy que ne feroient une balafre, ou une cicatrice, ou une mutilation en tout le reste du corps : aussi les fliultes petites et légères de soy, apparoissent grandes es vies des Princes. » (F° 162 V.)

P. 341, 1. 21. // recite aussi). Cf. Xénophon, Hiéron, IL

P. 342, 1. II. Cœsar appelle Roytelets). Comme César ne dit rien de semblable des Gaulois, Coste a supposé, d'après Barbeyrac, que Montaigne, par une inadvertance qu'il a commise encore ailleurs, II, viii, avait rapporté ici aux Gaulois ce que César a dit des Germains {De bell. galL, VI, xxiii) : « In pace nullus communis est magistratus; sed principes regionum atque pagorum inter suos jus dicunt, controversiasque minuunt. » Cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable que Montaigne ne semble pas avoir relu César après 1580. Une nouvelle lecture lui eût peutêtre fourni l'occasion de corriger son erreur.

P. 342, 1. 26. Pancûs servitus). « Peu d'hommes sont enchaînés à la servitude; beaucoup s'y enchaînent. » (Sénèque, ép. 22.)

P. 343, 1. 4. Ma.ximuni hoc). « Le plus grand avantage de la royauté, c'est que le peuple est obligé non seulement de souffrir, mais encore de louer les actions de son maître. » (Sénèque, Thyeste, II, i, 30.)

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. 343, 1. 14. Ma haulciii). Rapprocher l'essai III,

P. 34;, 1. 21. Ses courtisans). Cf. Ammien Marcellin; ce sont des avocats qui louent ainsi Julien : « Fertur id di.xis.se permotus : gaudebam plane pr;ï meque ferebat si ab his laudarer quos et vituperare posse adverterem, si quid aut tactum sit secus aut dictum. » (XXII, X.)

P. 344, 1. 3. Diochiian). Cf. Aurelius \'ictor, et surtout Crinitus, De boiiesta disciplina, que Montaigne a lu certainement entre 1580 et 1588 et qui reprend à peu près les mots d'Aurelius Victor : « Utinam, Romani, possetis olera visere nostris manihus Salonis instituta, profecto enim nunquam istud tentandum judicaretis. » (De Jmiesta disciplina, XIII, viii.) Cet exemple est d'ailleurs très fréquemment repris par les compilateurs et les moralistes du temps. A la même époque Montaigne a eu chance de le lire encore dans la Suite des diverses leçons, par Du Verdier (III, 1), et dans le De constautia de Juste Lipse (I, 11).

P. 344, 1. 10. Al'advisd'Anacharsis). Cf. Plutarque, Banquet des sept sages : « Thaïes opina disant que celle chose publique luy sembloit la mieulx ordonnée, où il n'y avoit pohit d'hommes ny trop riches ny trop pauvres. Suivant celuy-là Anacharsis dit, que c'estoit à son advis celle en laquelle toutes autres choses estant égales entre les habitans, la precedence se mesuroit à la vertu, & le rebut au vice. » (xiii, f° 155 r".)

P. 344, 1. 13. Quand le Roy Pyrrijus). Cf. Plutarque, f^ie de Pyrrhus : « Içeluy (Cinéas) donques voiant que Pyrrus estoit fort affectionné à ceste guerre d'Italie, le trouvant un jour de loisir, le meit en telz propos : Lon dit sire, que les Romains sont fort bons hommes de guerre, & qu'ilz commandent à plusieurs vaillantes et belliqueuses nations : Si donques les Dieux nous font la grâce d'en venir au dessus, à quoy nous ser\-ira cette victoire ? Pyrrhus luy respondit. Tu me demandes une chose qui est de soy-mesme toute évidente : car quand nous aurons dompté les Romains, il n'y aura plus en tout le païs cité Grecque ny barbare qui nous puisse résister, ains conquerrons incontinent sans difficulté tout le reste de l'Italie, la grandeur, bonté, richesse & puissance de laquelle

personne ne doibt mieulx sçavoir nv cognoistre que toy mesme. Cineas faisant un peu de pause, luv répliqua : Et quand nous aurons pris l'Italie, que ferons nous puis après? Pyrrus ne s'appercevant pas encore ou il vouloit venir, luy dit : La Sicile, comme tu sçais, est tout joignant, qui nous tend les mains, par manière de dire, & est une isle riche, puissante, & abondante de peuple, laquelle nous sera tresfocile à prendre... Il y a grande apparence en ce que tu dis, respondit Cineas : mais quand nous aurons gaigné la Sicile, sera ce la fin de nostre guerre? Dieu nous face la grâce, respondit Pyrrus, que nous puissions attaindre a ceste victoire, & venir à bout de ceste entreprise : pource, ce nous sera une entrée pour parvenir à bien plus grandes choses. Car qui se tiendroit de passer puis après en Afrique & à Carthage, qui seront conséquemment en si belle prise, veu que Agathocles s'en estant secrettement fouy de Syracuse, & aiant traversé la mer avee bien peu de vaisseaux, fut bien près de la prendre : & quand nous aurons conquis & gaigné tout cela, il est bien certain qu'il n'y aura plus pas un des ennemis, qui nous fâchent & qui nous harcellent maintenant, qui oze lever la tête contre nous. Non certes, respondit Cineas : car il est tout manifeste, qu'avec si grosse puissance, nous pourrons facilement recouvrer le royaume de la Macédoine, & commander sans contradiction à toute la Grèce : mais quand nous aurons tout en nostre puissance, que ferons nous à la fin ? Pyrrus adonc se prenant à rire, Nous nous reposerons, dit il, à nostre aise, mon amj', & ne ferons plus autre chose que bancqueter tous les jours, & nous entretenir de plaisans devis les uns avec les autres, le plus joyeusement, & en la meilleure chère qui nous sera possible. Cineas adonc l'aiant amené à ce poinct, luy dit, Et qui nous empesche, Sire, de nous reposer des maintenant, & de faire bonne chère ensemble, puis que nous avons tout présentement, sans plus nous travailler, ce que nous voulons aller chercher, avec tant d'efilision de sang humain, & tant de dangers? encore ne sçavons nous si nous y parviendrons jamais, après que nous aurons soufiert, & fait souffrir à d'autres des maulx & travaux infinis. » (vu, f" 275 r".)

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