‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 203 sur 449 · LIVRE I, CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XLII

P. ^44, 1. 25. Niniinim). « C'est apparemment parce qu'il ne connaissait pas bien les bornes qu'on doit mettre à ses désirs et jusqu'où va le plaisir véritable. « (Lucrèce, V, 143 1.) Le texte de Lucrèce est :

« Ximiruni, quia non cognovit, qux- sit habendi. »

Lucrèce ne parle pas de Pvrrhus.

P. 344, 1. 27. Clorre ce pas). Cf. pour la même expression, du Bellay, Dejfcncc et illustration, I, xii, éd. Cliamard, p. 161, note 5. C'est une locution empruntée aux jeux militaires appelés pas d'armes; on disait : ouvrir le pas, clore le pas.

P. 344, 1. 28. Mores cuiqiie). «C'est notre caractère qui fait à chacun de nous sa destinée. » (Cornélius Nepos, Vie d'Atticns, 11.) J'ignore dans quelle édition Montaigne lisait Cornélius Nepos; il n'est pas inutile cependant de remarquer que dans certaines éditions (celle de 1569 par exemple) les sentences du genre de celle-ci sont détachées dans le texte au moyen de caractères particuliers qui attirent sur elles l'attention. Dans le texte de Nepos l'ordre des mots est un peu différent : « Sui cuique mores... » Cette sentence est commentée longuement dans les Adages d'Erasme, II, iv, 30.

Chronologie : Cet essai est .sans doute de la première période : En effet, 1° il est entouré d'essais qui datent de 1572; 2" on y trouve la composition en forme de mosaïque, avec nombreux emprunts à Sénèque, qui caractérise plusieurs essais de la première période (cf. I, xxxix); 3° l'occasion du chapitre est peut-être le fameux entretien de Cinéas et de Pyrrhus qui le termine, c'est-à-dire que l'inspiration vient peut-être des Vies de Plutarque (^Vic de Pyrrhus'), ce qui invite à rapprocher le chapitre du groupe d'essais inspirés par les F/V.f de Plutarque vers 1572 (I, xxxviii, I, XLi, I, XLiv, I, XLV, I, xLvii). Il y a donc des probabilités assez grandes pour que l'essai De l'iiiequalite qui est entre nous soit de la première période au moins dans sa majeure partie. Par sa composition fragmentaire il était tout préparé à recevoir des additions, et sans doute il en a reçu. Trois emprunts tout à fait textuels aux Œuvres morales, traduites par Amyot (distance de beste à besle, Hermodorus, le roy Seleucus...), n'ont pu y prendre place qu'à la fin de 1 572. Peut-être une grande partie du chapitre leur est antérieure.

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