Chapitre XLV
DK LA BATAILLE DE DKKVX.
P. 552, 1. I. Bataille de Dreux). Bataille gagnée par les catholiques sur les protestants le 19 décembre 1 562, pendant la première guerre de religion. On peut voir le récit de cet incident chez de Thou (iv, 480).
P. 352, 1. 13. Philopa'inen). Cf. Plutarque, Vie de Philopa-men : « Quand ce vint à chocquer, Machanidas avec ses estrangers chargea si rudement quelques gens de traict et quelques archers que Philopœmen avoit mis au devant de la battaille des Achitiens, pour commencer & attacher l'escarmouche, que d'arrivée il les tourna tous en fuitte : mais au lieu d'aller tout d'une tire droit à l'encontre des Acheiens qui estoient en battaille, pour essayer de les rompre, il s'amusa à chasser ces premiers fuyans, & passa tout au long des Acheiens qui teindrent bien leurs rencs. Geste roupie si grande estant advenue tout au commencement de la battaille, il sembloit bien à beaucoup de gens, que tout fust perdu & ruiné pour les Acheiens : mais Philopœmen feit semblant que ce n'estoit rien, & qu'il n'en faisoit point de compte : & voiant la grande faulte que faisoient les ennemis de poursuyvre ainsi à toute bride ces avant coureurs qu'ils avoient rompus, & d'esloigner la bataille de leurs gens de pied, qu'ilz laissoient tous nuds, & abandonnoient la place vuide, il ne leur alla point au devant pour les arrester, ny ne s'efforcea point de les garder qu'ilz ne chassassent ceulx qui fuyoient, ains les laissa passer oultre : & quand il veit qu'ilz estoient assez esloignez de leurs gens de pied, adonc il feit marcher les siens contre les Laceda;moniens qui avoient les flancs desnuez de gens de cheval, &; les chargeant à costé en se hastant de gaigner à la course
l'un des flancs, il les meit en roupie avec un bien grand meurtre... Apres ceste desconfiture, il revint au devant de Machanidas qui retournoit de la chasse avec ses estrangers. » (vi, f'' 252 v".)
P. 3)3, 1. 7. En cette aspre bataille d'Ai;esilaiisj. Id., Vie d'Agesilas : « Xenophon qui se trouva en ceste battaille du costé d'Agesilaus, a\ec lequel il estoit revenu de l'Asie, escrit qu'il n en tut jamais une telle... Agesilaus pouvant avoir la victoire entière sans aucun danger, s'il eust seulement voulu laisser passer le battaillon des Thebains, et puis les charger sur la cueuë après qu'ilz eussent esté passez, par une opiniastreté de vouloir monstrer sa prouesse, & par une ardeur de courage aima mieux leur donner en teste, et les alla chocquer de front, ne les voulant vaincre sinon à vive force. Les Thebains de l'autre costé le receurent non moins courageusement, & y eut là une meslee tort aspre par tous les endroits de la battaille, mais principalement au lieu ou il estoit, entre les cinquante jeunes hommes qui luy avoient esté envoyez pour la garde de sa personne, la vaillance desquelz luy vint adonc fort à propos... ilz ne le peurent neantmoins sauver d'estre bien blecé... jusques à ce que finablement voians qu'il estoit trop mal aisé de forcer les Thebains de tront, ilz furent contraints de faire ce qu'ilz n'avoient pas voulu du commencement : car ilz s'ouvrirent pour les laisser passer, puis quand ilz furent passez, prenans garde qu'ilz marchoient en desordre, comme ceulx qui cuidoient bien estre hors de tout danger, ilz les suivirent, et courans au long d'eulx les rechargèrent de nouveau par les flancs : mais pour cela
encore ne les peurent ilz tourner eu fuitte à val de roupie, ains se retirèrent les Thebains au petit pas à la montagne de Helicon, se sentans tort fiers de l'événement de ceste battaille, en laquelle ilz s'estoient quand à eulx maintenus invincibles.» (vi, f° 424 r".)
ESSAIS DE MONTAIGNE
Chronologie : Cet essai semble inspiré par un exemple pris aux Fies de Plutarque (T/c de Pbilopœiiini) qui évoque le souvenir d'une aventure analogue survenue à la bataille de Dreux. Il fait donc partie du groupe des essais inspirés par les Fies de Plutarque vers 1572.