‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 208 sur 449 · DES NOMS · texte numérisé non relu

DES NOMS

p. 354, 1. 3. Galimafree). Les pots-pourris de cette sorte ne sont pas rares dans le genre des leçons dont Montaigne semble s'être inspiré au début de sa carrière d'écrivain. A titre d'exemple on peut voir, dans les Œuvres morales et diversifiées de Jean des Caurres, le chapitre (vu, 53) intitulé : a Enseignemens divers de nature et recueil non impertinent de choses diverses à cause de brieR^eté, assemblées comme en un vaisseau. »

P. 354, 1. 6. Certains noms fatalement affecte:;^). Je trouve dans YOfficina de Ravisius Textor une liste de noms ainsi affectionnés par les monarques de différents pays; les Ptolémées d'Egypte y figurent avec beaucoup d'autres.

P. 354, 1. 10. Le nom Je Giiienne). Cf. Bouchet, Annales d'Aquitaine : « L'Aquitaine... fut nommée Guienne comme il e.st vrai semblable a cause des ducs qui ponerent le nom de Guillaume. Lesquelz par long temps possédèrent toute Aquitaine. » (F° 98 v°.)

P. 554, 1. 13. Henry, Duc de Normandie). Id., ihid. : « L'année après et en l'an mil cent soixante et treze, Henri le jeune retourna en Normandie où il assigna un festin, qui fut faict magnifiquement et en grand sumptuosité. Et afin que croiez qu'il y eut beaucoup de Chevaliers, celui qui a fait la prosecution de la Cronique de Sigibert, récite qu'il se trouva en une salle où estoient Guillaume de Sainct Jehan, Seneschal de Normandie & Guillaume, filz de Haimon, Seneschal de Bretaigne, & frère dudit Heurj- : lesquelz deux Seneschaux, par singularité, & afin qu'il en fust mémoire, entreprindrent que tous ceux qui avoient le nom de Guillaume, dîneroient ensemble €n la dicte Salle, et non autres : ce qu'on fi.st scavoir

au Roy Henry le jeune qui le voulut (^ fist faire commandement a tous les Chevaliers, nommez Guillaume, de se trouver au dict disner en la dicte Salle : & défense à tous autres de non y entrer, fors ceux qui les seryiroient. Et ilz se trouvèrent cent & dix Chevaliers du dict nom : sans les simples Escuiers ou Seniteurs. » (F" 84 v".)

P. ^54, 1. 21. L'Empereur Geta). Cf. .Elius Spartien, Histoire Auguste, Antoninus Geta : « Habebat (Geta) istam consuetudinem ut convivia, & maxime prandia per singulas litteras juberet scientibus servis, velut in quo erat anser, aprugna, anas &c. » (v.) Le fait est rapporté chez beaucoup de compilateurs et moralistes du temps. Cf. Bouaystuau, Histoires prodigieuses, éd. de 1567, p. 107; Du 'Verdier, Suite des Diverses leçons, III, xxiii ; Droit de Gaillard, Méthode de l'histoire, p. 524; Crinitus, De honesta disciplina, XIV, II. Je crois que Montaigne a pris le fait chez ce dernier auteur qui répète à peu près textuellement les mots de Spartien.

P. 355, 1. 5. Un nom beau). On peut rapprocher de ceci ce qu'écrit Gi raidi dans ses Dialogues philosophiques : « Le premier don que le père faict à son fils est le nom, qu'il doit avoir toute sa vie. Et pour ceste cause il le lui doit donner honorable à fin que de là commance, avec un bon présage, la \ie de l'enfant qui se doit accoustumer et duire aux enseignemens pour estre orné de vertu. Car il semble que le nom soit quasi comme un augure de la qualité de l'esprit, que l'entant doit avoir. Et de là vient que je n'aye jamais loué ceux qui imposent à leurs enfans le nom de vautours, lions, léopards, ours, chiens et

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mastins comme si les enfans dévoient ressembler à telles bestes. » (Trad. Chappuis, 1583.) On voit que les raisons de Montaigne sont moins superstitieuses. Il ne saurait d'ailleurs être question ici d'un souvenir de Giraldi.

P. 355, 1. 17. La fondation de nosire Dame la grand). Cf. Bouchet, Annales d'Aquitaine, f° 13 v°. Le récit de Bouchet est un peu différent de celui de Montaigne, pourtant il est vraisemblable que Montaigne n'a pas eu d'autre source. Cf. à ce sujet mes Livres d'histoire moderne utilisés par Montaigne, p. 53 et p. 223.

P. 356, 1. 17. Les noms Latins). En effet, dans les traductions d'Amvot la forme latine domine de beaucoup dans les noms propres, aussi bien pour les noms grecs que pour les noms latins. Certains aussi sont francisés, mais en petit nombre, et seulement les plus connus, ceux pour lesquels la tradition impose un nom français. Montaigne semble avoir tenu beaucoup à cette idée : on a pu remarquer que dans l'essai I, xxxui, il a désigné la fille de saint Hilaire par la forme latine de son nom « Abra », bien qu'il ait trouvé dans les Annales d'Aquitaine de Bouchet la forme francisée « Abre». Cette question était fort débattue autour de Montaigne, et le fut longuement au siècle suivant. (Cf. Ménage, la Grammaire de Port- Roxal, etc.) Au temps de Montaigne, on peut consulter du Bellay, Deffence et illustration, II, vi, qui est d'un avis contraire au sien; Pelletier du Mans est du sentiment de Montaigne, et il en est de même de Bouaystuau qui s'explique très nettement à ce sujet dans les préfaces du Théâtre du Monde et des Histoires prodigieuses : « Au reste (lecteur), je te veux advertir que j'ay laissé exprès grand nombre de noms propres grecs et latins en leur langue (contre la coustume de ceux qui cscrivent aujourd'liui) afin que ceux qui voudront conférer le latin avec le françois de quelques autheurs rares que je cite en mon œuvre, puissent avec moindre labeur les recouvrer chez les imprimeurs et libraires. »

P. 356, 1. 26. De tresmauvaise consexjtience) . \'oyez des critiques semblables dans Tabourot des Accords, Bigarrures, W, 11.

P. 358, 1. I. ]e parte). Dans le Journal de l'oyage on constate que Montaigne laisse ses armoiries en de

nombreux endroits : à Plooibières, à Augsbourg, etc. A Pise il les iît blasonner « dorate, e di bei colori, per un scudo e mezzo di Francia; e poi al bagno impastarle... su una tavola e questa ta vola la feci chiodare molto soUecitamente al muro délia caméra dove io stava, con quel patto, che si tenessino date alla caméra, non al capitan Paulino padrone d'essa e che in ogni modo non ne fussino spiccate cheche dovesse accadere délia casa per di qui innanzi. E cosi mi fu promesso, e giurato da lui. » (P. 433.)

P. 358, 1. 9. Cette gloire & réputation). Cf. pour les mêmes idées plus loin l'essai II, xvi, 401.

P. 358, 1. 15. Pour Ions potages). Cf. ci-dessus I, XLii, p. 338, 1. 2.

P. 358, 1. 18. A Guesquin). Les formes Guesquin et Gueaquin sont communément chez Bouchet, Annales d'Aquitaine, f° 120 v"; Glesquin se rencontre chez Froissart. Sur le véritable nom du connétable, cf. Froissart, m, 75, passage qui très certainement n'est pas la source de Montaigne. Ménage comptait quatorze manières de désigner ce personnage.

P. 358, 1. 19. En Lucien). Allusion au Jugement des Voyelles par Lucien.

P. 358, 1. 20. Non levia). «Il ne s'agit pas ici d'un prix frivole et de peu de valeur. » (Virgile, Enéide, XII, 764.)

P. 358, 1. 24. Nicolas Denisot). Peintre et poète, né au Mans en 1515, se fit appeler «Conte d'Alsinois» anagramme de son nom. Voir à son sujet Du V'erdier, Bibliothèque françoise, p. 904, et La Croix du Maine, p. 140, Sur le goût des anagrammes au xvi" siè-cle; cf. du Bellay, Deffence, 11, 9 ; Tabourot, Bigarrures, i, 9, etc.

P. 358, 1. 27. L'Historien Suétone). On rencontre le nom de son père Lenis dans la Vie d'Otlxm, x. Mais Montaigne se souvient probablement d'une Vie de Suétone qu'il trouvait sans doute en tête de son édition : « Pat rem habuit Suetonium, cognomento Lenem... A pâtre filius Tranquilli cognomen accepisse creditur : Nam cum ille Lenis sit cognominatus, hic eodem significato, non eodem verbo dictus est Tranquillus. »

P. 359, 1. 4. Antoine Escalin). R. Escalin, baron de la Garde, dit le capitaine Poulin ou Polin, est un officier de fortune qui se distingua dans la carrière militaire et dans celle des ambassades sous les règnes

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