DE LAAGE
P. 420, 1. 3. DicI le jeune Caton). Cf. Plutarque, Vie de Caton d'Utiqne : «Ne demoura que Demetiius et Apollonides avec auxquels parlant ja plus doulcement, il dit : Estes vous point aussi vous autres d'advis de retenir en vie par force un homme de l'aage que je suis? & n'estes vous point demeurez icv pour vous tenir assis sans rien dire ne faire que me garder?... pourtant allez vous en hardyment, & dites à mon filz, qu'il ne veuille point forcer son père à ce qu'il ne luy sçauroit prouver par raison qu'il deust faire. « (xx, f" 549 r".)
P. 420, 1. 6. Onarante & hiiict ans). A trente-neuf ans Montaigne se disait déjà âgé, il estimait vivre « pieça par faveur extraordinaire », et avoir « passé les termes accoustumez de vivre. » (I, xx, p. 104, 1. 15.) Dans \c Journal de voyage, à l'âge de quarantehuit ans, il écrit : « Tra questo godeva in animo quieto seconde che comportano le mie infermità, e la vecchiaia... » L'iige de trente-trois ans lui parait être le terme normal de l'existence. « Il est plein de raison et de pieté de prendre exeniple de l'humanité mesme de Jesus-Christ : or il finit sa vie a trente et trois ans. Le plus grand homme, simplement homme, Alexandre, mourut aussi à ce terme. » (I, XX, 104). Mourant à trente-trois ans, La Boétie semble se croire à la porte de la vieillesse, et, par la pensée qu'il échappe, il se console de quitter les siens. « N'est ce pas assez vescu jusques à l'aage auquel je suis ? J'estois prest à entrer à mon trente troisième an... Il estoit meshuy temps de se mettre aux afaires et de veoir mille choses mal-plaisantes, comme l'incommodité de la vieillesse, de laquelle
je suis quitte par ce moien. » A quarante-six ans Erasme écrivait sur sa vieillesse. Il dit encore dans un poème intitulé De senectulis incommodis :
« At floridam juventani » Usque adeo raale prxcipiti decurrere filo,
» Ut illius priusquara » Cognita sat bona sint, jam nos fugitiva relinquant.
» Et citius atque nosmet » Plane vivere senserimus, jam vivere fracti
» Repente desinamus.
» At cervi volucres, et comix garrula vivunt
» Tôt seculis, vigentque.
» Uni porro homini post septima protinus, idque
» Vixdum peracta lustra, M Corporeum robur cariosa senecta fatigat.
« \eque id satis, sed ante » Quam decimum lustrum volitans absolverit .ttas,
» Tentare non veretur » Ininiortalcm hominis, ductanique ex a;there partem.
(Opéra 1703; t. IV, col. 755.)
Je crois qu'il faut voir là une sorte d'attitude philosophique procédant surtout des doctrines stoïciennes, dont le premier et principal précepte consiste dans le mépris de la vie.
P. 421, 1. 25. Auguste retrancha). Cf. Suétone, Fie d'Auguste : « Judices à tricesimo œtatis anno allegit, id est, quinquennio maturius quàm solebant.» (xxxn.) Toutes les éditions du xvi'= siècle écrivent « tricesimo. »
P. 421, 1. 27. Servius TiiUius). Cf. Aulu-Gelle, I, xxviii. Mais Aulu-Gelle dit quarante-six ans et non quarante-sept; Montaigne a trouvé l'ordonnance de Servius Tullius, ainsi que celle d'Auguste, rappelées