Chapitre III
COVSTVME DE L ISLE DE CEA .
P. 23, 1. 4. Mon cathedrant). Pour des déclarations analogues, cf. le début de l'essai I, lvi. Les essais I, LVI, et II, m, sont tous les deux parmi les plus hardis que Montaigne ait écrits; voilà ce qui explique ces précautions oratoires.
P. 23, 1. 7. Philippus estant entré). Cf. Plutarque, Dicts notables des Lacedemoniens : « Damindas comme Philippus fust entré à main armée dedans le Peloponese, & que quelqu'un luy dist, les Lacedemoniens sont en danger de souffrir beaucoup de maulx, s'ils ne treuvent moyen d'appointer avec luy : « O Demy- » femme mon amy, que nous sçauroit il faire soulfrir » de mal, veu que nous ne faisons compte de la » mort? » (F° 216 r°.) Il faut noter que, par erreur, Montaigne écrit « Damindas » au lieu de « Damidas ».
P. 23, 1. II. Jgis). Id., ibid. : «Quelqu'un luy demanda, comment il pourroit demourer franc & libre pour toute sa vie : En mesprisant la mort, dit-il. » (F" 214 r°).
P. 23, 1. 15. Cet enfant). Id., ibid. : «Un jeune enfant Spartiate ayant esté pris prisonnier par le roy Antigonus, et vendu parmy les autres, obéissant à celuy qui l'avoit achetté en toutes choses qu'il estimoit estre convenables à un homme libre : mais quand il luy commanda de luy apporter le pot à pisser, il ne le peut endurer, ains dist. Je ne te serviray point de cela : & comme son maistre l'en pressas!, il s'en alla monter sur la couverture du logis, en disant. Tu sentiras ce que tu avois achetté : & se jettant du hault en bas, il se tua. » (F" 224 r°.)
P. 24, 1. 2. Antipater). Id., ibid. : «Comme il les menassast (les Lacedemoniens) qu'il luy feroit du pis
qu'il pourroit, ils respondirent tous unanimement, Si tu nous commandes choses plus griefves que la mort, nous en mourrons tant plus facilement. » (F° 225 r°.)
Ces quatre apophtegmes se retrouvent partout chez les moralistes et les compilateurs du xvi' siècle, en particulier dans les recueils d'apophtegmes, mais Montaigne les reprend directement chez Plutarque.
P. 24, 1. 5. Et a Philippus). Cf. Cicéron, Ttisciilanes : «An Lacedemonii Philippo minitati per litteras se omnia qus conarentur, prohibiturum, quaesierunt num se esset etiam mori prohibiturus ? » (V, xiv; t. IV, p. 173.)^^
P. 24, 1. 7. C'est ce qu'on dit). Cf. Sénèque, Épîtirs : « Sapiens vivit, quantum débet; non quantum potest. » (Ép. 70, p. léo.)
P. 24, 1. 8. Le présent). Id., ibid. : « Nihil melius aïterna lex fecit. » (Ép. 70, p. 161.)
P. 24, 1. 9. Nous oste tout moyen). Id., ibid. : « Hoc est unum cur de vita non possimus queri. » (Ép. 70, p. 161.)
P. 24, 1. 10. La clej des champs). Id., ibid. : «In aperto nos natura custodit. » (Ép. 70, p. 162.)
P. 24. 1. II. N'a ordonné qu'une entrée). Id., ibid. : « Unum introitum nobis ad vitam dédit, exitus multos. » (Ép. 70, p. 161.)
P. 24, 1. II. Nous pouvons). Cf. Tacite, Annales : « Déesse nobis terra, in qua vivamus, potest; in qua moriamur, non potest. » (XIII, lvi.)
P. 24, 1. 14. // ne te tient pas). Sénèque, Épîtres : «Neminem tenet (vita).» (Ép. 70, p. 161.)
P. 24, 1. 15. Ta lâcheté). Id., ibid. : « Nemo nisi vitio suo miser est. » (Ép. 70, p. 161.)
ESSAIS DE MONTAIGKE.
P. 24, 1. 15. ^ mourir). LL, ihid. : « Ad moriendum nihil aliud in moni esse, quàm velle.» (Ep. 70, p. 162.)
P. 24, 1. lé. Ul'iqiie). Id., Thôbaîde : «La mort est partout : par une faveur insigne de la divinité, tout le monde peut enlever la vie à l'homme, mais personne ne peut lui enlever la mort; mille chemins vers elle nous sont ouverts. » (I, i, 151.)
P. 24, 1. 20. Ce n'esl pas la receple). Cf. Sénèque, Épiires : « Non tantum hujus morbi, sed totius vitx' remedium est. » (Ep. 78, p. 180.)
P. 2|, 1. 21. C'est un port). Li., ihid. : «Portas est, aliquando petendus, nunquam recusaiidus. » (Ép. 70, p. 160.)
P. 24, 1. 22. Tout revient ii un). Id., ihid. : « Xihii e.xistimat sua referre, faciat finem, an accipint, tardius fiât an citius. » (Ep. 70, p. 160.)
P. 2|, 1. 2|. D'où qu'il vienne). Id., ihid. : « Xemo nisi suo die moritur. » (Ep. 69, p. 160.)
P. 24, ]. 24. En quelque lien). Id., ihid. : « Ubicunque desines, si bcne desinis, tota est (vita). » (Ép. 77, p. 178.)
P. 24, 1. 25. La plus volontaire). Id., ihid. : « Bclla res est mori sua morte. » (Ép. 69, p. 160.)
P. 24, 1. 26. Lq vie despend). Id., ihid. : « Vitam & aliis approbare quisque débet, mortem sibi. » (Ép. 70, p. 161.)
P. 24, 1. 27. En aucune chose). Id., ihid. : « In nulla re magis quam in morte morcm animo gerere debemus. » (Ép. 70, p. 161.)
P. 24, 1. 28. La réputation). Id., ihid. : « Ad id consilium fama non pertinet. » (Ép. 70, p. tél.)
P. 25, 1. i. Le vivre). Id., ihid. : « Vita si moriendi virtus abest, servitus est. » (Ép. 77, p. T79.)
P. 25. 1. 3. On nous incise). Rapprocher ce passage de Sénèque, Épîtres : « Ut dolorem capitis levarcs, sanguinem s;Epe cmisisti, ad extenuandum corpus vena percutitur. Non opus est vasto vulnere dividere pr;çcordia, scalpello aperitur ad iliani magnam iibertatem via, iS; puncto securitas constat. » (Ép. 70, p. 161.)
P. 25, 1. 8. Servius le Grammairien). Servius Claudius, chevalier romain : Pline, Histoire naturelle, XXV, VI, et Suétone, De illustribus grammaticis, II et in, dont voici les propres termes : « Servius in
podagra morbum incidit, cujus impatiens, veneno sibi perunxit pcdes, & enecuit, ita ut eâ parte corporis quasi pra;moi"tuâ vixerit. »
P. 25, 1. 13. C'est foihlesse). Cf. Sénèque, Épiires: « Imbecillus est et ignavus qui propter dolorem moritur; stultus qui doloris causa vivit. » (Ép. 58.)
P. 25, 1. 14. Les Stoïciens). Cf. Cicéron, De finihus : « In quo plura sunt, qure secundum naturam sunt, liujus officium est in vita manere : in quo autem aut sunt plura contraria aut fore videntur, hujus officium est, e vita cxcederc. E quo apparet et sapientis esse aliquando officium, excedere e vita,. quum beatus sit : et stuiti manere in \it.i, quum sit miser. » (III, xvni, t. I\'.) \ow aussi un peu plus loin : « Sa^pe officium est sapientis... »
P. 25, 1. 23. Hegesias disoil). Cf. Diogène Laèrce, dans la Fie d'Aristippe : « Mtam pra;terea ac mortem eligendam (dicebat). » (II, xciv, 152.)
P. 26. 1, I. Et Diogenes). Id., Fie de Speusippe : « Aiunt illum cum vehiculo ferretur in Academiam obvium habuisse Diogenem, et cum illi salve dixisset, iioc ab eo responsum accepisse, at tu nequaquam salve qui ejusmodi cum sis, vivere sustines. Demum vero mœrore impulsum, cum jam senio confectus esset, mortem sibi sponte conscivisse.» (IV, m, 246.)
P. 26, i. 7. Pluiieurs tiennent). En particulier Platon dans le Phàlon, et d'après lui Cicéron dans la République, qui fait exprimer cette idée par Scipion. Montaigne a trouvé leur avis rapporté par saint Augustin, Cité de Dieu, I, xxii, et surtout par \'ivès, dans le Commentaire qu'il a joint à ce passage. «Sumus enim hic omnes velut in acie loco unicuique suo ab imperatoie deo assignato : majorique supplicio afficiendum desertorem vita;, quam desertoreui militiic. » Il faut encore rappeler que cette idée et plusieurs de celles que nous allons retrouver dans la suite, sont réunies dans un chapitre de Y Anthologie de Breslay, parue en 1574 (I, 11). Breslay s'est inspiré manifestement de saint Augustin et de \'ivès. Il est possible que l'essai de Montaigne, qui certainement fait des emprunts à saint Augustin et à Vives, soit indépendant de celui de Breslay, mais la chose n'est pas certaine.
P. 26, 1. 17. Pro.xima deinde). « Puis, tout près de