‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 236 sur 449 · LIVRE II, CHAPITRI-: III · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRI-: III

coiurihution aprcs 1588, ne fournit rien à ma connaissance dans les essais écrits entre 1580 et 1588, rien non plus dans tous les essais de 1578 et de 1579. On trouve, au contraire, des emprunts faits à cet auteur dans les essais I, xi\', I, xx et I, xx\n, qui tous sont datés de 1572. Et en dehors de ces trois essais, l'édition de 1580 ne présente plus, à ma connaissance, d'emprunts directs à saint Augustin que dans l'essai II, m, qui nous occupe en ce moment. Il y a bien là une probabilité pour que l'essai II, m, soit contemporain des trois autres, et par conséquent, lui aussi, des environs de 1572. — C) Enfin il faut noter que cet essai n'est pas éloigné du cliapitre II, 1, que nous avons daté de la première période; que nous y retrouvons la composition par mosaïque, l'abondance des sentences de Sénèque, la raideur stoïcienne, qui nous ont paru caractériser certains essais de 1572 (cf. I, xxxix). Tous ces motifs nous invitent à rattacher assez étroitement l'essai II, m, aux essais de la première période.

3" Pourtant il est possible que, par la date, nous nous éloignions assez sensibleiiient du début de cette période. Dans cet essai, pour la première fois apparaissent en abondance les emprunts aux Œuvres morales traduites par Anwot. Il n'y en a pas moins de cinq, presque textuels. Ils ne peuvent pas être antérieurs à la fin de 1572, et probablement ils sont postérieurs à cette date. Sans doute la composition

fragmentaire de cet essai permettait des additions, et l'on peut considérer ces cinq emprunts comme ayant été insérés après coup dans ce chapitre; toutefois, comme les essais qui vont sui\ re vont devoir beaucoup aux Œuvres morales, il est assez naturel de supposer que Montaigne avait déjà son Amyot quand il écrivait celui-ci, et que nous n'avons pas affaire à des additions. Voilà qui invite à reculer la composition de cet essai II, III, peut-être à l'année 1573. Et il est possible qu'il faille aller plus loin encore et parler de l'année 1574. J'ai démontré, en effet, que suivant toute vraisemblance, un long développement est inspiré très directement de YAntholoi^ie de Pierre Bresla}'; or, cette anthologie date de 1574. Il faut donc admettre, ou que l'essai de Montaigne est au plus tôt de 1574, ou tout au moins qu'il a reçu de notables développements qui ne sont pas antérieurs à 1574. La première de ces deux hypothèses me paraît la plus vraisemblable.

En résumé, l'essai II, m, est postérieur à l'essai I, XIV ; il se rattache nettement aux essais de la première période et ne doit pas leur être très sensiblement postérieur; pourtant il n'est probablement que de la fin de 1572 ou de l'année 1573, peut-être même n'est-il dans son entier que de l'année 1574, comme les emprunts à l'Antholoi^ie de Breslay tendent à le faire croire.

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