‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 237 sur 449 · A DEMAIN LES AFFAIRES · texte numérisé non relu

A DEMAIN LES AFFAIRES

P. 41, TITRE. Le litre est emprunté de Plutarquc, Du démon familier de Socrates, où il iigure dans un exemple que nous- retrouverons plus loin. (Voir ci-dessous, p. 43, 1. 7.)

P. 41, 1. I. La pahiw à Jacques Amiot). A Rome on voit Montaigne défendre les traductions d'Amyot contre ses détracteurs : « Disnant un jour à Rome avecq nostre Ambassadeur, où estoit Muret et autres sçavants, je me mis sur le propos de la traduction Françoise de Plutarche, et contre ceux qui l'estimoint beaucoup moins que je ne fais, je meintenois au moins cela : Que -où le Traducteur a failli le vrai sens de Plutarche, il y en a substitué un autre \raisamblable, et s'entretenant bien aux choses suivantes et précédentes. Pour me montrer qu'en cela mesme je lui donnois trop, il fut produit deus passages, l'un duquel ils attribuent l'animadversation au fils de M. Mangot, Avocat de Paris, qui venoit de partir de Rome, en la vie de Solon environ sur le milieu, où il dict que Solon se vantoit d'avoir affranchi l'Attique, et d'avoir osté les bornes qui fiiisoint les séparations des héritages. Il a failli, car le mot grec signifie certenes marques qui se metoint sur les terres qui etoint engagées et obligées, affin que les acheturs fussent advertis de cete hypothèque. Ce qu'il a substitué des «limites» n'a point de sens accommodable; car ce seroit faire les terres non libres, mais communes. Le latin d'Estiene s'est aproché plus près du vrai. Le secont, tout .sur la fin du treté de la nourriture des enfans, d'ob.server, dict il, ces règles, cela se peut plustost souhaiter que conseiller. Le grec, disent-ils, sone, cela est plus désirable qu'esperable,

et est une forme de proverbe qui se treuve ailleurs. Au lieu de ce sans cler et aisé, celuy que le traducteur y a substitué est mol et étrange; parquoi recevant leurs pnïsuppositions du sans propre de la langue, j'avouai de bonne foi leur conclusion. » (Jotinial de voyage, p. 239.)

P. 41, 1. 17. Xenopimi). Il n'existait pas encore de traduction complète des œuvres de Xénophon en français, on avait seulement des traductions de quelques ouvrages, comme celle de V Économique par La Boétie, de la Cyropédie par Jacques de \'entimille, etc. Montaigne faisait usage d'une traduction latine.

P. 42, 1. 4. Plutarque dict). Dans le traité De la curiosité : « Un jour que je declamois à Rome, Rusticus, celuy que Domitian depuis feit mourir, pour l'envie qu'il portoit à sa gloire, y estoit, qui m'escoutoit : au milieu de la leçon y entra un soudard qui luy bailla une lettre missive de l'Empereur : il se feit là un silence, & moi mesme feis une pause à mon dire, jusques à ce qu'il l'eust leuë : mais luy ne voulut pas, n'y n'ouvrit point sa lettre devant que j'eusse achevé mon discours, & que l'assemblée de l'auditoire fust départie : dont toute la compagnie prisa & estima beaucoup la gravité du personnage. » (xiv, p. 67 V'.)

P. 42, 1. 15. Civilité & courtoisie). Le Galaleo de Giovanni délia Casa critique âprement ceux qui, pendant que les autres .sont en conversation, ouvrent des lettres et se permettent de les lire tout comme s'il s'agissait d'affaires d'Etat.

P. 43, 1. I. Monsieur de Boutieres). Cf. les Mémoires des frères du Bellay, IX, f" 299. Du Bellay déclare

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