XII
P. 97, 1. 17. L\'iiipcnir CaracaJla). Ct. Xiphilin, Vie de Caracalla.
P. 97, 1. 19. Les piétons Roiiiains). Cf. Cicéron, Tusculaiics : « Qui labor, quantus agminis ferre plus dimidiati mensis cibaria, ferre si quid ad usum velint, ferre vallum : nam scutum, gladium, galeam in onere nostri milites non plus numerant, quam humeros, lacertos, manus. Arma enim membra militis esse dicunt. » (II, XVI, t. IV, p. 133.) Montaigne prend sans doute ce pa.ssage dans quelque auteur de seconde main qui lui dicte les derniers mots « jusques à soixante livres de poix».
P. 97, 1. 22. Anna). Id., ibid. : «Car ils disent que les armes du soldat sont ses membres. »
P. 98, 1. 5. Le jeune Scipion). Cf. Plutarque, Les dicts notables des anciens Ro\s, Princes & grands Capitaines : « Il ordonna aussi que Ion disnast tout debout sans manger viande chaulde, mais que pour soupper, on s'asseist qui voudroit, sans y manger autre chose que du pain avec quelque potage lié, &: un simple mets de chair boulie ou rostie. » (F° 205 r°.)
P. 98, 1. II. Ils avaient). Cf. Ammien Marcellin : « Undique laminis ferreis, in modum tenuis plumœ, contecti, tidentesque quod tela rigentis ferri lapsibus impacta resiliebant. » (XXIV, vu.)
P. 98, 1. 15. Ils avaient, dict-il). Id. : « Etant omnes Catervae ferratïe, ita per singula membra densis laminis tecta;, ut junctura; rigentes compagibus artuum convenirent : humanorumque vultuum simulacra ita capitibus diligenter aptata, ut imbracteatis corporibus solidis ibi tantùm incidentia tela possint ha^rere quà per cavernas minutas & orbibus oculorum affixas parciùs visitur, vel per supremitates narium angusti spiritus emittuntur. » (XXV, i.)
P. 99, 1. I. Flexilis). «Le métal flexible semble recevoir la vie des membres qu'il recouvre. Spectacle efi'royable : on dirait des statues de fer qui marchent, le métal semble incorporé avec le guerrier qui le porte. Les chevaux sont vêtus de même : leur front menaçant est bardé de fer; sous le fer, leurs flancs sont à l'abri des blessures.» (Claudien, /;/ Ruffinum, II, 358.) Les éditions de Claudien publiées au xvi^ siècle présentent en général exactement le texte que nous trouvons ici chez Montaigne; seulement on y lit habituellement « hamatur » au lieu de «animatur». La leçon « animatur » est présentée par plusieurs dans la marge comme une variante : cf. Bàle, 1534; Anvers, 1571.
P. 99, 1. 8. Plutarque dit). Dans la Vie de Deinetrius : « En cestt* guerre lui furent apportées deux cuyrasses de fer du poids de quarante livres chascune... Demetrius porta celle là, & Alcimus l'autre, homme natif du païs d'Albanie, le plus robuste & le meilleur combattant qu'il eust en son ost, & qui seul portoit son harnois complet du poids de six vingts livres, là où tous les autres ne le portoient que de soixante seulement. » (vi, f" 617 v'\)
Chroxologie : Cet essai est postérieur à l'essai I, XLViii. Montaigne écrit en effet dans le texte de 1580 : «J'ay voulu retirer ce passage de son autheur, ayant pris autrefois la peine de dire bien amplement ce que je savo5^s sur la comparaison de nos armes aux armes Romaines. » Nous avons vu qu'au moment où il écrivait l'essai I, xlviii, Montaigne se disposait seulement à foire cette comparaison; il l'a écrite depuis et elle lui a été dérobée. Si l'essai perdu a probablement été composé peu de temps après l'essai I, xlviii, en revanche le mot « autrefois » nous invite à croire qu'il l'a été passablement avant l'essai II, ix. Il me semble probable, en conséquence, que cet essai est contemporain de ceux qui l'entourent, c'est-à-dire qu'il appartient au groupe de 1578, et que, peut-être même, il est parmi les derniers essais composés. Une autre considération vient appuyer cette hypothèse. Le chapitre est certainement suggéré par un passage d'Ammien Marcellin : « ^L^rcellinus... remerque curieusement la façon que les Parthes avoint de
ESSAIS DE MOXTAIGKE.
s'armer, et la remarque d'autant qu'elle estoit esloignée de la Romaine. Or parce qu'elle me semble fort bien aprochante de la nostre, j'ay voulu retirer ce passage de son autheur... » Et Montaigne cite le morceau d'Ammien qui sans doute vient de lui inspirer des réflexions sur l'armement des Français du xvi' siècle. Or, Ammien Marcellin fournit toute la substance de l'essai De la liberté de conscience (II, xix), et des emprunts à cet auteur se rencontrent dans les essais II, XVII, et II, XXXII. Ces trois essais II, xvii, II, xix.
et II, xxxu, semblent être des environs de 1578. Certainement donc une lecture d'Ammien Marcellin par Montaigne se place aux environs de 1578. Même si l'on admet, ce qui est très douteux, que Montaigne a étudié cet auteur à d'autres époques entre 1570 et 1580, les arguments précédents rendent légitime la supposition que c'est lors de sa lecture de 1578 qu'il a transcrit le morceau sur les armes des Parthes, et composé l'essai II„ ix.