‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 261 sur 449 · LIVRE II, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XII

improbis bene mereretur. Deinde quid est assecutus, quum omnes stulti sint sine dubio miserrimi, maxime quôd stulti sunt? (I, ix, t. IV, p. 187.)

P. 156, 1. 21. Oiionim igitnr). «Pour qui donc dirons-nous que le monde a été fait? Sans doute pour les êtres animés qui ont l'usage de la raison; ce sont les dieux et les hommes, certainement les plus parfaits de tous les êtres. » (Cicéron, De nat. deor., II, Liv.)

P. 156, 1. 28. Ctim siispiciiims). «Quant nous contemplons les voûtes célestes du vaste univers au dessus de nos tètes, et les astres brillants qui les constellent, et quand on vient à réfléchir sur les révolutions de la lune et du soleil... » (Lucrèce, V, 1203.) Le texte de Lambin porte « solis lunajque » (p. 451).

P. 157, 1. I. La doiiiinalion & puissance). Sur cette idée, très commune alors, de l'influence des astres sur les destinées humaines, on peut lire, entre autres écrits, le De philosopbia occulta, de Corneille Agrippa, que Montaigne a certainement connu. Voir surtout I, XXII : « Comment les choses inférieures sont soumises aux supérieures et célestes, et comment le corps humain et les occupations des hommes et leurs mœurs proviennent de la distribution des étoiles et des signes. » Les chapitres suivants traitent également le même sujet.

P. 157, 1. 3. Fada eteuiiii). « Car toutes les actions et la vie des hommes dépendent des astres. » (Manilius, III, Lviii.) Les diverses éditions du xvi= siècle que j'ai consultées portent fata au lieu de facta qui est chez Montaigne.

P. 157, 1. 7. Specidatàqnc longé). «Elle reconnaît que ces astres si éloignés ont sur les hommes une influence secrète, que des lois fixes règlent les mouvements périodiques de l'univers, et que le cours des destinées est déterminé par des signes certains. » (Manilius, I, lx.) Le texte de Montaigne est conforme à l'édition de Lyon 1566, et à toutes les éditions antérieures à la révision de Scaliger 1579.

P. 157, 1. 14. Ouantàquc qtiani). «Combien sont grands les effets de mouvements insensibles... tant est puissant cet empire qui commande aux rois eux-mêmes. » (Jd., I, lv, et IV, xciii.) Les deux

vers que Montaigne modifie en les adaptant se lisent ainsi dans l'édition de Lyon 1566 :

« Quantaque quam parvi lacèrent discrimina motus :

» Quantum est hoc regnum... quod regibus imperat ipsisi »

P. 157, 1. 20. Furit aller ainore). «L'un, furieux d'amour, traverse la mer et va renverser Troie; l'autre est destiné par le sort à donner des lois; ici, des enfonts tuent leurs pères; là, des parents leurs entants, ou ce sont des frères qui s'arment contre leurs frères et s'égorgent entre eux. La faute n'en est pas aux hommes : le destin les force à tout bouleverser ainsi, à se déchirer et à se punir de leurs propres mains... Et si je parle ainsi du destin, c'est que le destin l'a voulu. » (/(/., IV, Lxxix, 118.)

P. 158, 1. 2. Oiix vwUtio). «Quels instruments, quels leviers, quelles machines, quels ouvriers ont élevé un si vaste édifice?» (Cicéron, De nat. deor., I, viii.)

P. 158, 1. 8. Avons nous veu). Cf. Cicéron, De nattira dcornni : « Xunquam vidi, inquit, animam rationis consiliique participem, in ulla alia nisi humana figura. Quid solis, numquidquam aut luna;, aut quinque errantium syderum simile vidisti?... Numquid taie, Epicure, vidisti? Ne sit igitur sol, ne luna, ne stelLt : quoniani nihil esse potest, nisi quod attigimus aut vidimus. » (I, xxxi; t. IV,

P. 158, 1. 12. Quœ sunt tanfœ). «Tant sont étroites les boriTes de notre esprit. » {Jd., ihid., I, xxxi.)

P. 1 5 8, 1. 1 4. Corne Anaxagoras). En 1 5 80 Montaigne faisait simplement allusion au traité de Plutarque intitulé «De la face qui apparoist au rond de la lune», où le témoignage de Platon est rapporté. Après 1588 il précise au moj-en d'un texte de Diogène Laërce, Vied'Anaxagore : «Dicebat... lunam habitacuk in se habere & colles & valles. » (II, viii, 100.)

P. 158, 1. 17. Intercœtera). «Entre autres infirmités de la nature humaine est cet aveuglement de l'âme qui non seulement force l'homme à errer mais qui lui fait chérir son erreur. » (Sénèque, De ira, II, ix.)

P. 158, 1. 19. Corruptibilc corpus). «Le corps corruptible appesantit l'âme et sous son enveloppe grossière la déprime dans l'exercice même de la

ESSAIS DE MONTAIGNE

pensée.» (Livre de la Sagesse, ix, 15, cité par saint Augustin, Cite de Dieu, XII, xv.)

P. 158, 1. 21. La plus calamiteiise). Traduction d'une sentence de Pline que Montaigne a citée à la fin de l'essai II, xiv, p. 380, 1. 9, et qu'il avait inscrite sur les parois de sa librairie.

P. 159, 1. 2. S'égale à Dieu). Rapprocher ci-dessus p. 156, 1. 23; et aussi ci-dessous p. 208 et passim.

P. 159, 1. 10. Platon en sa peinture). Dans le Politique : « Si Saturni quondam alumni in tanto ocio & libertate vitœ potentiaque non solum inter se, sed etiam cum bestiis colloquendi, hisce omnibus ad philosophiam utebantur, inter se, & cum bestiis viventes, sciscitantesque ab omni natura qucecumque propriam sentiendi vim aliquam differentem ab aliis habet, ad prudentiam acquirendam, facile judicari potest illos longo quodam intervallo nos ad béate vivendum exuperasse. » (xvi, p. 272; édit. de 1546, p. 206.)

P. 159, 1. lé. Ce grand autheur). Platon dans le Timc'e (p. 72; éd. de 1546, p. 724), passage auquel il est déjà fait allusion au début de l'essai I, xi, p. 47, 1. 7.

P. 160, 1. 2. De les entendre). Cf. \'archi, Ercolano : « Gli auguri antichi e Apollonio Tianeo non intendevano le voci degli ucelli?... Credo di si, perche tutti quelli che sordi non sono le entendono, ma le significazioni credo di no. » Ce passage de Varchi explique le texte de 1582 où Apollonius de Tyane était seul nommé par Montaigne. Il a été complété après cette date et antérieurement à 1588 par le morceau suivant qui est tiré de Rhodigin, Antiquaruni lectionum libri : « Si credendum sit antiquis atque illis qui patrum nostrorum et nostro tempore extiterunt addit esse qui dicant se audire sermonem animalium atque intelligere : sicuti apud veteres Melampus et Tiresias ac Thaïes : nuper vero Apollonius Tyaneus quem dicunt in amicoram cœtu, cum audiret hirundinem, aliis nuntiare asinum prope urbem onustum cecidisse. » (XVII, xiii.J On voit que dans la phrase de Montaigne le pronom les (les entendre) représente non les Troglodytes mais les bêtes. Il convient de remarquer que Rhodigin n'ajoute aucunement foi au récit d'Apollonius, qui, dit-il, n'était qu'un magicien.

« Summa \\xc omnia esse nil aliud quam vanitates et immundorum spirituum fallacissimas pra;stigias. » Rhodigin a pu prendre l'allégation d'Apollonius dans la Vie de ce philosophe, par Philostrate, I, .xx, 25 ; celle de Melampus, chez Apollodore, I, ix, 11; celle de Tiresias, également chez Apollodore, III, vi, 7; il est plus probable toutefois qu'il se réfère à un texte de Porphyre (De abstinentia, III), qui parle à la fois de Melampus, de Tiresias et d'Apollonius.

P. 160, 1. 3. Les cosmographes). Pline, Histoire naturelle : « Ex Africa parte Ptoembari, Ptoemphanœ qui canem pro rege habent, motu ejus imperia augurantes. » (VI, XXX.) Cf. aussi Plutarque, Des communes conceptions contre les stoïques, xi, f" 577 r°.

P. 160, 1. 14. Et muta'). «Et les animaux privés de la parole et même les bêtes sauvages font entendre des cris différents et variés, selon que la crainte, la douleur ou la joie les agite. » (Lucrèce, V, 1058.)

P. 160, 1. 22. Non alla). «C'est à peu près de la même manière que l'on voit les enfants conduits au langage des gestes par l'impuissance de leur langue. » (Jd., V, 1029.)

P. 161, 1. 2. Les amoureux). Rapprocher une phrase d'Annibal Caro dans une lettre à Marco Antonio Piccolomini sur l'inutilité de l'écriture : « Mi pare che gli innamorati si parliano con le mani, con gli occhi, s'intendano in ispirito, si ritrovino in sogno...» Toutefois je ne crois pas que Montaigne ait lu Annibal Caro avant 1580.

P. léi, 1. 5. E'I silentio). «Le silence même sait prier et se faire entendre. » (Torquato Tasso, Aminte, acte II, chœur, 34.)

P. 162, 1. 4. Les nations que Pline dit). Dans VHistoire naturelle : « Quibusdam pro sermone nutus motusque membrorum est. » (VI, xxx.)

P. 162, 1. 5. Un Ambassadeur). Cf. Plutarque, Dicts notables des Lacedemoniens : « Un Ambassadeur de la ville d'Abdere estoit venu à Sparte, qui avoit fort longuement parlé, & après qu'il se fut teu, à la fin il luy demanda, Sire, quelle response veux tu que je rapporte à noz citoiens? Tu leur diras, dit il, que je t'ai laissé dire tout ce que tu as voulu, et que je t'ay tousjours escouté sans jamais dire mot. » (F» 214 r".)

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