‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 263 sur 449 · LIVRE II, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XII

assommée... sur la tombe du trespassé et ensevelie avec luy. » (V, f" iiS v"\)

P. 170, 1. 16. Nous jurons). Cf. Juste Lipse, SaturnaJiuin sermomtm libri : «Formula adeo ipsa juramenti in Petronii Arbitri fragmentis : in verba Eumolpi, inquit, sacramentuni juravimus, uri, venciri, verberari, ferroque necari : et quidquid aliud Eumolpus jussisset tanquam legitimi gladiatores domino, corpora animosque religiosissime addicimus. » (II, v.)

P. 170, 1. 20. Ure nu'iim). «Brûle-moi, j'y consens, brûle-moi la tête, perce-moi le corps d'un glaive, et déchire-moi le dos à coups de fouet. » (Tibulle, I, IX, 21.) Montaigne a encore pris cette citation dans les SaturimUiun scrmonum libri, de Juste Lipse.

P. 170, 1. 24. Quand les Scythes). Cf. Hérodote : « En ce qui reste vuide, ils logent une des concubines du 1103% qu'ils ont estranglée, ensemble son eschanson, cuisinier, escuver d'escuirie, chambellan, & huissier de chambre... L'an révolu ilz font de rechef cecy. Ils prennent cinquante pages du Rov les plus idoines... Quand donque ils ont estranglé cinquante de ces pages, & autant de chevaux, ils mettent les pages dessus empalez par l'espine du doz jusque au gosier. Ces chevaliers ainsi equippez & rengez entour la tumbe, ilz se retirent. » (IV, Lxxi et Lxxii, t. I, f" 270 r°.)

P. 171, 1. 9. Diogenes). Cf. Diogène Laërce, Fie de Diogène : « Necessarios suos illum redimere voluisse, illum vero eos fatuos dixisse neque enim leones serves esse nutrientium, sed e converso illos servire leonibus. » (VI, lxxv, 388.)

P. 171, 1. 12. Jamais Lyon). Cf. Plutarque, One les hestes usent de la raison : « Ny ne vit on jamais que un Lion s'asservist à un autre Lion, ny un cheval à un autre cheval à faulte de cœur, comnie fait un homme à un autre homme. » (iv, f° 271 r°.)

P. 171, 1. 19. Serpente siconia). « La cigogne nourrit ses petits de serpents et de lézards trouvés dans les lieux sauvages, et l'aigle, ministre de Jupiter, chasse dans les forêts le lièvre et le chevreuil. » (Juvénal, XIV, 74, 81.)

P. 171, 1. 24. Au dessus d'Amphipolis). Pline, Hist. nul. : «In Thraciœ parte super Amphipolim homines atque accipitres societate quadam aucupantur. Hi ex

silvis et arundinetis excitant aves : illi supervolantes deprimunt. Rursus captas aucupes dividunt cum iis... Simile quiddam lupi ad M.-eotin paludem faciunr. Nam nisi partem a piscantibus suam accepere, expansa eorum retia lacérant. » (X, viii.)

P. 172, 1. 6. Arislotc dit). Cf. Plutarque, Quels aniinau.x sont les plus advise:^ : « Celuy que l'on appelle la grenouille pescheresse est assez cogneu de plusieurs, & luy a Ion donné ce surnom pour sa façon de faire, de laquelle finesse Aristote niesme escrit que la Sèche use, car elle jette de son col un boyau long comme une ligne, qu'elle estend au loing en !e laschant, & le retire à soy tout entièrement quand elle veult. Quand doncques elle apperçoit auprès d'elle quelque petit poisson, elle luy laisse mordre le bout de ce petit boyau, estant elle cachée dedans le sable, ou dedans la vase, ef petit à petit elle le retire jusques à ce que le petit poisson soit si près d'elle qu'en saultant elle le puisse engloutir. » (xxviii, f' 519 v°.)

P. 172, 1. 16. Les pous). Id., Vie deSylla, xvi. C'est un foit qui est souvent mentionné chez les moralistes du temps : Cf. Ravisius Textor, Officina, f" 30 r°; Bouaystuau, Histoire de Cbelidonius, éd. de 1572, f° 132 v"; etc.

P. 172, 1. 26. La tortue). Cf. Plutarque, Quels animaux sont les plus advise::^ : « Les tortues prennent de l'origane... quand elles ont mangé du serpent... & le Dragon . . . esclarcit & fourbit ses yeulx avec du fenouil, quand il les a un peu ternis & éblouis... Aussi dit on que les ^Egyptiens ont observé que l'oiseau qu'ils appelleui Ibis, qui est une Cicogne noire, se donne a elle mesme un clystere avec de l'eau de la mer... Qui plus est les Elephans semblent user de l'art de chirurgie, car ils tirent les tronçons de lances, & les traicts & javelots des corps des hommes blecez, sans les tourmenter, & si dextrement qu'ils ne leur font mal nv douleur quelconque : et les chèvres de Candie quand elles sont frappées d'un coup de traict, elles vont manger de l'herbe appellée Dictame, dont elles font tomber fiicilement les traicts.» (xx, f° 516 v°.) On remarquera qu'en 15S0 Montaigne affirmait avec Plutarque que les éléphants arrachent les dards sans «douleur quelconque»; après 1580, n'ayant plus le

ESSAIS DE MONTAIGNE

texte SOUS les yeux il adoucit son affirmation : « nous ne le sçaurions faire avec si peu de douleur. »

P. 173, 1. I. Tesnioing celiiy du Roy Parus). Id., ibid..: « Le R03' Porus aiant esté griefvement blecé en la bataille que luy donna Alexandre le Grand, l'Eléphant sur lequel il conibattoit luy tiroit tout doulcement, de peur de luy faire mal, avec sa trompe, les dards & tronçons de javelots, dont il estoit navré. » (xiii, f°5i4v°.)

P. 173, 1. 10. Chrysippiis). Id., ibid., et aussi Sextus Empiricus, Hypotvposes, I, xiv; mais le récit de Montaigne n'est absolument conforme ni à celui de Sextus ni à celui de Plutarque.

P. 174, 1. 22. Ce que Plutarque dit). Cf. Plutarque, Quels animaux sont les plus advi.ux : (c Ce chien servoit à un basteleur qui jouoit une fiction à plusieurs mines & plusieurs personnages, et y representoit le chien plusieurs choses convenables à la matière subjette, mesmement l'espreuve que Ion faisoit sur luy d'une drogue ou d'une médecine qui avoit force de faire dormir, mais que Ion supposoit avoir force de faire mourir, il prit le pain ou la drogue estoit meslee, & peu d'espace après l'avoir avallé il commancea, ce sembloit, à trembler & branler comme s'il eust esté tout estourdy, finablement s'estendant & se roidissant comme s'il eust esté mort, il se laissa tirer & trainner d'un lieu à l'autre, ainsi que portoit le subject de la farce : puis quand il cognent à ce qui se faisoit & disoit, qu'il estoit temps, alors il^ commancea premièrement à se remuer tout bellement, comme s'il se fust revenu d'un profond sommeil, & levant la teste il regarda ça & là : dont chascun des assistans fut fort esbahy : & puis se levant du tout, s'en alla devers celuy qu'il falloit qui le receust, & le carressa : de sorte que tous les assistans, & l'Empereur mesme (car Vespasien le père y estoit en personne dedans le Théâtre de Marcellus) en demeurèrent tous resjouis. » (xix, f° 516 v°.)

P. 175, 1. é. Les bœufs). Id., ibid. : «Les Bœufs de Suse... sont ordonnez à tirer l'eau pour arroser les jardins du Roy avec ces grandes roues & ces petits bacquets tournans, ils ont leur compte combien ils doivent tourner de tours : car ils en doivent tirer tous les jours jusques à cent chascun, & n'est possible de

leur en faire tourner d'avantage, ny de gré, ny de force, pour ce que depuis qu'ils ont fait leur tasche ils s'arrestent tout court, & n'est pas possible de les faire passer oultre : ce que Ion a bien voulu essayer, mais il n'y a ordre, tant ils sçavent bien exactement compter & retenir leur compte, ainsi comme Ctesias le Gnidien a laissé par escript. » (xx, f" 517 r".)

P. 175, 1. 16. Plus de discours). Id., ibid. : « Pour ce que l'enseigner monstre encore plus grand usage de la raison que ne fait l'apprendre, il est bien force de croire que les bestes en ont. » (xix, f' 51e r".)

P. 175, 1. 17. Ce que Democritus). Id., ibid. : « Democritus monstre & preuve que nous avons nous mesmes esté leurs apprentifs & disciples es choses principales dont nous avons affaire, comme de l'araignée en la tissure & cousture, de l'arondelle en l'architecture, du cygne & du rossignol en la musique, l'ayans apprise à les imiter. Quant est de trois parties de la médecine, nous en voions la plus grande partie, & ce qu'il y a de plus généreux & de plus noble, en la nature des animaux. » (xx, f° 516 v".)

P. 175, 1. 21. Aristote). Id., ibid. : «Aristote mesme tesmoigne qu'elles monstrent & enseignent les unes aux autres : car il escrit que Ion a souvent veu des rossignols qui monstroient à chanter à leurs petits, à quoy luy pourroit bien servir de tesmoignage ce que Ion a souvent veu par expérience, que les rossignols qui ont esté pris jeunes dedans les nids avant qu'ils fussent achevez de nourrir par leurs mères, n'en chantent pas si bien, par ce que ceulx qui sont nourris par les mères sont quant & quant enseignez, & y apprennent non pour pris d'argent, ny pour la gloire, mais pour ce qu'elles prennent plaisir à bien chanter, & qu'elles aiment mieulx la beauté que non pas l'utilité de la voix. » (xix, f" 516 r°.)

P. 176, 1. 5. J'av veu (dicl Arrins). (Arrius est une erreur pour Arrianus.) C'est en effet d'Arrien de Nicomédie que la phrase suivante est extraite : «J'ay veu autrefois un éléphant aiant à chascune cuisse un cymbale pendu, et un autre attaché à sa trompe, au son desquels tous les autres elephans dansoient en rond proprement et à certaines cadences, tantost s'eslevans en l'air, ores s'inclinans, .selon que le son et la cadence du premier le rcqueroicnt : et y avoit

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