‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 265 sur 449 · LIVRE II, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XII

mort, que les autres chargèrent dessus leurs espaules, après avoir rendu le mort, & s'en retournèrent chez eulx. » (xi, f° 513 r".)

P. 181, 1. 2. En dite grande). Cf. Pline, Histoire naturelle : « Fertur Actiaco Marte tenuisse pnvtoriam navim Antonii properantis circumire et exhortari suos donec transiret in aliam. » (XXXII, i.)

P. 181, 1. 9. Tout despit dcquoy). Id., ibid. : Ostendemnt... Caio indignanti hoc fuisse quod se revocaret quadringentorumque remigum ohsequio contra se intercederet. Constabat peculiariter miratum quomodo adhaerens tenuisset, nec idem polleret in navigium receptus. » (XXXII, i.)

P. 181, 1. 14. Un citoyen de Cy:^iquc). Cf. Plutarque, Quels animaux sont les plus advise:;^ : « Sa tasniere (du hérisson) a deux pertuis, l'un tourné devers le Midy, l'autre devers le Septentrion : et quand il cognoist qu'il y doit avoir mutation d'air & changement de temps, ne plus ne moins que les maistres des navires changent la voile selon le temps, aussi bouche il le trou de sa tasniere qui regarde contre le vent, & ouvre celuy qui est à l'opposite : ce que quelqu'un de la ville de C^'zique ayant jadis apperceu, acquit la réputation de sçavoir bien prédire de luy mesme de quel costé devoit souffler le vent. » (xvi, f° 515 v°.)

P. 181, 1. 20. Le caiiieh'ou). Id., ibid. : «Il est vrai que le chameleon change bien aussi de couleur, mais c'est sans desseing d'aucune ruze, & non point pour se cacher, mais de peur tant seulement, estant de sa nature couard & timide : mais quant au poulpe, c'est une action & non pas un changement de passion : car il change de couleur avec certaine science, & de propos délibéré, pour se cacher de ce qu'il craint, & pour attrapper ce dont il se nourrit. » (xxviii, f" 519 v°.)

P. 182, 1. 12. La torpille). LL, ibid. : «Quant à la Tromble, autrement dite torpille, vous sçavez tous assez sa puissance, qui est, que non seulement elle endort & rend sans sentiment les membres qui la touchent, mais aussi atravers des filets de la seinne elle transmet une pesanteur endormie & amortie aux mains de ceulx qui la remuent & manient : si pendant qu'elle est \ive on respand de l'eau dessus, Ion sent ceste passion qui gaigne contre-mont jusques à la

main, de laquelle elle amortit et endort l'attouchement atravers l'eau, qui est déjà tournée & altérée, comme il est vraysemblable : aiant doncques une cognoissance de ceste vertu née avec elle, elle ne combat ny ne se hazarde jamais de front contre un autre poi.sson, mais environnant celuy qu'elle veult avoir & prendre, elle jette atravers l'eau son influence, comme si c'estoient flesches, charmant l'eau premièrement, & puis après le poisson par le moien de l'eau, tellement qu'il ne peut ny se défendre ny s'en fuir, ains est arresté & fiché, comme s'il estoit attaché avec des liens. » (xxvii, f= 519 v°.)

P. 183, 1. 13. Tenei chants). Ce proverbe est cité par Leroux de Lincy (^Anciens prcri'erbes français, 1859, t. I, p. 147), sous la forme un peu différente que voici : « Le pied sec, chaut la teste, au reste vivez en beste.» Leroux de Lincy renvoie au recueil de Gruter : Fhrilegium ethico-politicuin (Francfort, 16 10).

P. 183, 1. 19. More feranim). «On croit communément que, pour être féconde, l'union des époux doit se fiiire à la mode des quadrupèdes parce qu'alors la situation horizontale de la poitrine et l'élévation des reins favorisent la direction du fluide générateur.» (Lucrèce, IV, 1261.)

P. 184, 1. I. Nani ntulier). «Les mouvements lascifs par lesquels la femme excite l'ardeur de son époux sont un obstacle à la fécondation : ils ôtent le soc du sillon et détournent les germes de leur but. )) (/(/., ibid., 1266.) Le texte est conforme à celui de l'édition Lambin.

P. 184, 1. 12. Hircanns). Cf. Plutarque, Quels animaux sont les plus advise^^ : « Mais qui voudroit appliquer ce propos là aux bestes de la terre, il seroit luy mesme sauvage et cruel, s'il vouloir nier qu'il n'y ait eu quelque reciprocation d'amitié & de justice entre le roy Lysimachus et son chien Hyrcanus, lequel demoura tousjours seul auprès de son corps après qu'il fut mort, &: quand on en brusla le corps, il prit sa course de luy mesme & se jetta dedans le feu, oii il fut bruslé avec luy : autant en feit un autre, comme Ion dit, que Pyrrhus avoit nourry, non pas le Roy, mais un homme privé : car quand son maistre fut mort, il ne bougea jamais de dessus son lict, et quand on le porta il se laissa enlever quand

ESSAIS DE MONTAIGNE

et luy, & finalement luy inesme se lancea dedans le feu, & se feist brusler avec luy.» (xiii, f° 514 v°.)

P. 184, 1. 32. Les cupidité:^). Id., Que les besies brûles usent de la raison : « Entre les cupiditez vous voiez beaucoup de différences, comme celle du boire, oultre ce qu'elle est naturelle il est certain qu'elle est aussi nécessaire : ib\: celle de l'amour, encore que nature en donne le commancement, si est-ce que l'on peut bien commodément vivre en s'en passant, & pour ce doit elle estre appelée naturelle, mais non pas nécessaire. Il y a un autre genre de cupiditez, qui ne sont ny naturelles ny nécessaires, ains coulées de dehors par une ignorance du bien, par une vaine opinion : & celles la sont en si grand nombre qu'elles chassent presque toutes les naturelles, ne plus ne moins que si en une cité il y avoit si grand nombre d'estrangers, qu'ils forceassent les habitants. » (vi, f° 272 r°.)

P. 185, 1. 10. Neque illa). k Elle n'a pas besoin de la fille d'un puissant consul. » (Horace, Satires, I, 11, 69.) Le texte d'Horace est :

Numquid ego a te » Magno prognatum deposco consule cunniim ?- »

P. 185, 1. 22. Elles se trouvent aussi). Jean Bodin, dans son Commentaire du De venutione d'Oppien auquel Montaigne fera un emprunt tout à l'heure, accuse Plutarque d'affirmer que les animaux ne s'unissent jamais d'espèce à espèce, et il prétend réfuter cette opinion par des faits. (Cf. f° 80 v".) Platon dans les Lois, VIII, soutient la thèse que Bodin prête ici à Plutarque.

P. 185, 1. 24. L'elephant corrival). Cf. Plutarque, Quels animaux sont les plus advise:^ : « Quant à leurs amours plusieurs y ont esté farouches & furieux, les autres y sont plus doulx & plus gracieux, comme fut celuy qui fut corrival du grammairien Aristophanes en l'amour d'une jeune boucquettiere en la ville d'Alexandrie, & ne monstra pas l'Eléphant moins son affection que l'homme, car se promenant par le marché où Ion vendoit des fruicts, il en prenoit avec sa trompe, & les luy portoit, & puis se tenoit long temps devant elle, & luy mettoit quelquefois sa trompe dedans le sein par dessoubs son collet,

comme si c'eust esté une main, & luy tastoit le tetin & ce qu'elle avoit de beau sur l'estomach. Il y eut aussi un Dragon qui fut amoureux d'une jeune fille d".iEtolie, et la venoit veoir la nuict, se coulant tout doulcement au long d'elle & l'entortilloit sans luv faire mal ny desplaisir aucun, ny volontairement, ny autrement, & puis se departoit d'avec elle tout bellement environ l'aube du jour. Je ne vous parlerav point de l'Oye qui fut amoureux d'un jeune enfant, en la ville d'Asope, ny du Bellier aussi qui feit l'amour à une jeune menestriere nommée Glaucia, pour ce que ce sont choses toutes notoires.» (xviii, f" 516 r°.)

P. i8é, 1. 7. Des magots). Bouaystuau dans une de ses Histoires prodigieuses (xxi), aussitôt après avoir rapporté d'après Plutarque l'exemple de l'éléphant amoureux d'une bouquetière, parle lui aussi de singes amoureux de femmes. Il n'est pas impossible que cette association de faits soit due à une réminiscence de Bouaystuau.

P. 186, 1. 9. Oppiauus). Dans le De venatione, i, 236, que Montaigne a sans doute lu dans la traduction latine de Bodin, 1555.

P. 186, 1. 13. Nec habetur). «La génisse se livre sans honte à son père et la cavale au cheval dont elle est née; le bouc s'unit aux chèvres qu'il a engendrées, et l'oiseau féconde l'oiseau à qui il a donné l'être.» (Ovide, Métamorphoses, X, 325.)

P. 186, 1. 17. Celle du mulet). Cf. Plutarque, Quels animaux sont les plus advise:^ : « Le sage Thaïes . . . fut fort aise d'avoir descouvert & afiîné la ruse d'un mulet : car il y avoit une trouppe de mulets qui portoient du sel de lieu à autre, entre lesquels un en passant une rivière tomba par cas fonuit dedans l'eau : le sel aiant esté trempé dedans l'eau se fondit pour la plus part, de manière que le mulet se relevant se trouva fort allégé de sa charge, & en comprit aussi tost la cause, qu'il imprima bien en sa mémoire, tellement que toutes & quantes fois qu'il passoit la rivière il se baissoit expressément, &: trempoit les vaisseaux ou estoit contenu le sel qu'il portoit, en se couchant tout de son long sur un costé & puis sur l'autre. Thaïes ayant entendu sa malice, commanda au muletier qu'au lieu de sel on luy emplist ses vaisseaux d'autant pesant de laine & d'esponges.

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