LIVRE II, CHAPITRE XII
par Apollon Pythien; foiblc mortel, je cherche, par des conjectures, à découvrir la vraisemblance. » (Cicéron, Tusailaiies, I, i.\.) Montaigne écrit ul Pythius au lieu de quasi Pythius, et, après « homunculus », il supprime les trois mots mius e miiltis.
P. 233, 1. 5. Si forte). « S'il arrive que, discourant de la nature des Dieux et de l'origine du monde, je ne puis atteindre le but que je me propose, il ne faudra pas vous en étonner, car vous devez vous souvenir que moi qui parle et vous qui jugez, nous ne sommes que des hommes, et si je vous donne des probabilités, ne demandez rien de plus. » (Cicéron, traduction du Tiiiice de Platon, m.) Montaigne abrège la phrase de Cicéron. L'édition de Paris 1538 écrit : ne quid ultra requiratis.
P. 233, 1. 15. Epicuriis). Cf. essai I, xxvi, p. 1S9, 1. 21 et la note.
P. 233, 1. 16. Le beaucoup sçavoir). Cf. Plutarque, Propos de table : «Florus... se remplit luy mesmes de plusieurs doutes, & en remplit encore les autres, comme font ordinairement les hommes studieux, rendants en cela tesmoignage à Aristote qui dit que le beaucoup sçavoir apporte beaucoup d'occasion de douter. » (VIII, X, f" 431 r".)
P. 233, 1. 21. Oui requirnitî). «Ceux qui voudraient savoir ce que nous pensons sur chaque matière poussent trop loin la curiosité. Ce principe en philosophie de disputer de tout sans décider sur rien, établi par Socrate, repris par Arcésilas, affermi par Carnéade, fleurit encore à notre époque. Nous sommes de l'école qui dit que le faux est partout mêlé au vrai et lui ressemble si fort qu'il est impossible de les di.scerner d'une manière certaine. » (Cicéron, De natma deoruni, I, v.) Montaigne abrège beaucoup le texte de Cicéron et modifie quelques mots.
P. 234, 1. 6. Cliloiiiachiis). Cf. Cicéron, Académiques : « Quanquam Clitomachus affirmabat, nunquam .se intelligere potuisse, quid Carneadi probaretur. » (II, XLv.) Montaigne commet ici une inexactitude : c'est sur une question particulière que d'après Cicéron, Clitomaque n'a jamais pu déterminer l'opinion de Carnéade.
P. 234, 1. 9. Z-/.:tî'.v;ç). Ténébreux. Montaigne a
pris cette allégation dans une note de son Lucrèce, édition Lambin, note du vers I, 640, qui va être cité ci-après. Lambin donne comme autorités Vitruve, II, II, et Cicéron, De jinibus, II, v. C'est dans la même note de Lambin que Montaigne a pris encore ce qu'il vient de dire de l'obscurité d'Épicure. En effet, s'il se fût reporté au texte de Cicéron, II, v, il aurait vu que cette obscurité d'Épicure n'était pas volontaire; la citation tronquée de Lambin au contraire prêtait à confusion.
P. 234, 1. 12. Clarus). «C'est par l'obscurité de son langage qu'Heraclite s'est acquis sa réputation auprès des ignorants. Les sots, en effet, n'estiment et n'admirent que les opinions cachées sous un amas de paroles embarrassées. » (Lucrèce, I, 640.) Cf. la note ci-dessus, p. 234, 1. 9.
P. 234, 1. 15. Cicero). De officiis, I, vi.
P. 234, 1. 18. Ij:s phylosophes Cyrenaiques). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Aristippe) : « Eos et physicam & dialecticam :uquè aspernari. » (II, xcii, p. 151.)
P. 234, 1. 19. Zenon). Id., Vie de Zenon : « Quod disciplinas libérales inutiles denuntiet, in principio suiï reipublica;. » (VII, xxxii, p. 429.)
P. 235, 1. I. Chrysippus). Il est probable que Montaigne fait allusion à un passage de Plutarque : Les contredicts des philosophes sloïques, xw, f° 568 r°; mais son souvenir est erroné.
P. 235, 1. 3. Plutarque le dict). Dans la Vie d'Alexandre : « h. la vérité, tout le traitté qu'il appelle Métaphysique, c'est-à-dire, oultre la science naturelle, ne contient rien qui soit utile ha' à enseigner, ny à apprendre, & n'est qu'une monstre & ostentation de profond entendement, pour ceulx qui sont desja sçavans. » (11, f" 466 v".)
P. 235, 1. II. Par II ni inihi). «Je ne saurais faire grand cas de ces lettres qui n'ont aucunement servi à rendre vertueux ceux qui en sont instraits. » (Salluste, Bell. Jug., lxxxv.) Cette sentence qui ne se retrouve pas textuellement chez Salluste a été prise par Montaigne dans les Politiques de Juste Lipse, I, 10.
P. 235, 1. lé. Les uns ont estinu). Cf. Sextus Empiricus, Hypotyposes : « Platonem alii dogmaticum esse dixerunt, alii aporematicum sive dubitatorem ; alii verô
ESSAIS DE MONTAIGNE
in quibusdam dogmaticuni, in quibusdam aporematicum. » (I, XXXIII, début.)
P. 236, 1. 3. Homère, leur autheur). Cf. Sénèque, ép. 88.
P. 236, 1. 5. D^ Plate). Cf. Diogène Laërce, Vie de Socrate, à la fin.
P. 236, 1. 7. Sacrâtes disait). Cf. Platon, Théétète, VII, pp. 150, 151; éd. de 1546, pp. 138, 139.
P. 23e, 1. 1 6. Les anciens ont remarqué). Cf. Cicéron, Académiques : « Empedoclem, Anaxagoram, Democritum, Parmenidem & Xenophanem, Platonem etiam & Socratem profenis. » (II, v; t. IV, p. 12.)
P. 237, 1. 23. Comme dit Euripides). Cf Plutarque, Des oracles qui ont cessé :
a Les œu\Tes des Dieux en diverses » Façons, nous donnent des traverses, »
comme dit Euripide, quand nous présumons & osons prononcer de si haultes & grandes choses, comme si nous le sçavions bien certainement. » (xxv, f° 348 r°.)
P. 237, 1. 26. Celuy qu'Empedacles). Cf. Cicéron, Académiques : « Raro admodum, quum hœrent, aliquo loco exclamant, quasi mente incitati : Empedocles quidem, ut interdlim mihi furere videatur, abstrusa esse omnia, nihil eos sentire, nihil cernere, nihil omnino quale sit, posse reperire. » (H, v; t. IV, p. 12.)
P. 238, 1. 3. Cogitationes). «Les pensées des mortels sont timides; leur prévoyance et leur invention sont incertaines. » {Sagesse, IX, xiv.) Pris sans doute chez saint Augustin, Cité de Dieu, XII, xv.
P. 238, 1. 8. .£"/ treuvent de l'intempérance). Cf Sénèque : « Plus scire velle quam sit satis intemperantiœ genus est. » (Ep. 88.)
P. 238, 1. 10. Demacritus). Cf Plutarque, Propos de table : « Comme il feit au sage Democritus, lequel un jour mangeant d'une figue, trouva qu'elle avoit le goust du miel. Si demanda à sa ser%-ante, où elle l'avoit achettée. Elle luy nomma un certain verger. Et luy se levant, luy commanda de le mener tout de ce pas sur le lieu. Dequoy la servante s'esbahissant, luy demanda pourquoy il y vouloir ainsi chaudement aller. Il fault, dit il, que je trouve la cause de ceste douceur : & je la trouveray, quand j'auray veu & bien considéré le lieu. Dequoy la
servante se prenant à rire, Rasseiez vous, dit elle, hardiment quant à cela, car n'y pensant pas, j'avois mis ces figues en un vaisseau où il y avoit eu du miel. Et luy comme en estant marr}-. Tu me fasches, dit il, de me dire cela : Car nonobstant je suivray ma délibération, & chercheray la cause, comme si ceste doulceur venoit de la figue mesme. » (I, x, f° 368 V.)
P. 238, 1. 20. D'un effaict). Rapprocher du début de l'essai III, xi.
P. 239, 1. 4. Satius est). «Mieux vaut apprendre des choses inutiles que de ne rien apprendre. » (Sénèque, ép. 88.)
P. 239, 1. 9. La considération). Cf Cicéron, Académiques : « Est enim animorum ingeniorumquc naturale quoddam quasi pabulum consyderatio contemplatioque natura;. Erigimur, latiores fieri videmur, humana despicimus : cogitantesque supera atque cqglestia, hxc nostra ut exigua & minima contemnimus. Indagatio ipsa rerum cum maximarum, tum etiam occultissimarum habet oblectationem. » (II, xli; t. TV, p. 32.)
P. 239, 1. 17. Eudaxus souhetoit). Cf. Plutarque : Que Ion ne sçauroit vivre joyeusement selon la doctrine d'Epicurus : « Eudoxus souhaitoit & faisoit prières, qu'il peust veoir de près le Soleil, comprendre sa forme, sa grandeur & sa beauté & puis en estre bruslé, comme fut Phaëton. » (^'I1I, f° 282 v°.)
P. 240, 1. 5. Uniquique ista). «Ces systèmes sont les fictions du génie de chaque philosophe, et non le résultat de leurs découvertes. » (Sénèque, Suasor., iv.)
P. 240, 1. 6. Un ancien). Montaigne fait peut-être allusion à Diogène le cynique auquel Diogène Laërce prête un mot analogue : « Dicente quodam, cur nihil sciens philosopharetur : etsi, inquit, philosophiam simulo, hoc ipsum philosophari est. » Montaigne a pu trouver ceci en particulier dans les Dialogues de Guy de Brués, p. 46.
P. 240, 1. lé. Ou il escrit selon soy). Cf. Diogène Laërce, Vie de Platon, III, lxxx.
P. 240, 1. 22. // a grand souin). Cf. Platon, République, fin du livre II et début du livre III.
P. 241, 1. 2. // dict). Id., ibid. : « Nempe, necessarium fore videtur, ut frequenti mendacio & deceptione utantur principes ad subditorum utilitatem. » (V, p. 459; éd. de 1546, p. 591.)