LIVRE II, CHAPITRE XII
peuple romain qu'au prix du sang de tels hommes ! » (Cicéron, De uatura deorum, III, \ i.)
P. 255, 1. 14. L'huimur de Policrates). Hérodote, III, XLi, XLii; t. I, f°' 194 v°, 195 r° et 195 V.
P. 255, I. 24. Tanins est perturhatœ). «Telle est la fureur de leur esprit en délire et sorti de son siège qu'ils pensent apaiser les dieux en surpassant toutes les cruautés des hommes. » (Saint Augustin, Cité de Dieu, VI, 10.)
P. 256, 1. 7. Ubi iratos). «De quoi pensent-ils que les dieux s'irritent, ceux qui croient les apaiser ainsi ? ... Des hommes ont été châtrés pour ser\'ir aux plaisirs des rois; mais jamais esclave ne s'est châtré lui-même, lorsque son maître lui commandait de ne plus être homme. » (Jd., ibid., d'après Sénèque.)
P. 256, 1. II. Sœpitts oliiii). «Bien souvent dans le passé la religion a inspiré des actions impies et détestables. » (Lucrèce, I, 83.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 12.
P. 256, 1. 19. Infinniim dei fortins). «La faiblesse de Dieu est plus forte que la force des hommes; sa folie est plus sage que leur sagesse. » (Saint Paul, Aux Corinthiens, I, i, 25.) Sentence prise à saint Augustin, Cité de Dieu, X, xxviii, ou XVI, 11.
P. 256, 1. 21. Stilpon). Cf. Diogène Laërce, Vie de Stilpon : « Cùm rogasset illum Crates an dii precationibus ac divinis honoribus gaudeant, Xoli me, inquit, fatue in via de hisce rogare, sed solum ac seorsum. » (II, cxvii, 167.)
P. 257, 1. 13. Omnia cum cœloj. «Le ciel, la terre et la mer, pris ensemble, ne sont rien, en comparaison de l'immensité du grand tout. » (Lucrèce, VI, 679.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 508. Cette sentence figurait sur les travées de la bibliothèque de Montaigne.
P. 257, 1. 19. Le corps humain). Chacune des phrases qui suivent contient une allusion transparente à quelque récit des Ecritures.
P. 258, 1. 3. Terranique, & soient). «Que la terre, le soleil, la lune, la mer et tout ce qui existe, ne sont point uniques, mais en nombre infini. » (Lucrèce, II, 1085.)
P. 258, 1. 5 . Les plus fanwnx). Cf. une note à ce sujet dans l'édition de Lucrèce par Lambin, au vers 1023.
P. 258, 1. 8. Cum in suninia). « Qu'il n'3' a point dans la nature d'être qui soit seul de son espèce, qui naisse et qui croisse isolé. » (^Id., II, 1077.)
P. 258, 1. 14. Quarc etiam). « On est donc forcé de convenir qu'il s'est fait encore et encore ailleurs des agglomérations de matières semblables à celles que l'éther embrasse dans sa vaste sphère.» (Jd., II, 1064.)
P. 258, 1. 17. Un animant). Cf. à ce sujet Plutarque, Des opinions des philosophes, II, m, f° 446 r". Montaigne a vu encore cette idée longuement développée dans le De philosophia occulta de Corneille Agrippa, II, Lv.
P. 258, 1. 18. Platon l'assure). Dans son Timée, p. 30 (éd. de 1546, p. 705); mais Montaigne prend ceci sans doute dans la Cité de Dieu de saint Augustin qui lui fournit aussi l'allégation suivante.
P. 258, 1. 18. Plusieurs des nostres). Il s'agit surtout d'Origène. Cf. saint Augustin, Cité de Dieu, X, xxix, et XIII, XVI.
P. 258, 1. 22. Democritus). Cf. Diogène Laërce, Vie de Déinocrite, IX, xli\'.
P. 258, 1. 25. Epicurus les inmgine). Cf. Diogène Laërce, X, lxxxv.
P. 259, 1. 6. Oui en voudra croire Pline). C'est en effet de Pline, Histoire naturelle, que le plus grand nombre de ces faits sont empruntés; mais Pline les déclare faux pour la plupart et il n'est pas improbable que Montaigne les ait trouvés dans quelque ouvrage de seconde main. Certains d'entre eux sont cités par Aulu-Gelle, Nuits attiques, IX, iv, mais ce n'est certainement pas par Aulu-Gelle que Montaigne les a connus.
P. 259, 1. 10. Des contrées où les hommes). Hérodote, IV, cxci, et surtout Pline, \'ÎI, 11. La traduction Saliat passe sous silence les hommes sans tête.
P. 259, 1. 12. Androgynes). VWns, Histoire naturelle, VII, II.
P. 259, 1. 12. Ils marchent). Li., ibid.
P. 259, 1. 12. Qu'un œil). Li., ibid., et Hérodote, III, cxvi, et IV, xxvii.
P. 259, 1. 15. Les femmes s'accouchent). Wmt,\'l\,ii.
P. 259, 1. 19. Randent le sperme). Hérodote, III, ci.
P. 259, 1. 20. Ceux qui naturellement). Pline, Hist. naturelle, Mil, xxii.
ESSAIS DE MONTAIGXE.
P. 259, I. 22. En quelque endroit des Indes). Cf. Plutarque, De la face qui apparoist dedans le rond de la Lune : «Celle racine Indienne que dit Megasthenes, que certain peuple des Indiens qui n'ont point de bouche, et ne mangent ny ne boivent point, font brusler & fumer, & en vivent de l'odeur du parfum. » (xxx, f" 623.) Voir aussi Pline, \1I, 11.
P. 260, 1. 5. Aller selon nature). Pour cette idée qui revient souvent chez Montaigne, rapprocher I, XXVII, t. I, p. 234; II, XXX, t. II, p. 515, etc.
P. 260, 1. II. Et Anaxagoi'as). Cf. Cicéron, Académiques, II, XXIII et XXXI.
P. 260, 1. 12. Metrodorus Chius). Id., ibid. : «Xego, inquit, scire nos sciamusne aliquid, an nihil sciamus : ne idipsum quidem nescire aut scire, scire nos : nec omninô, sitne aliquid, an nihil sit. »
P. 260, 1. 16. T\: s'ïi'sEv). Vers d'Euripide. Cf. Stobée, Anthologie, sermo 119, p. 602. Ils figuraient sur les travées de la bibliothèque de Montaigne. Il les a trouvés sous une forme un peu différente mais avec un sens identique chez Sextus Empiricus, III, xxiv; chez Diogène Laërce, Fie de Pyrrhon, IX, lxxiii; chez Platon, dans le Gorgias, p. 492; chez Stobée, sermo 120, qui cite le passage de Platon.
P. 261, 1. I. D'autres jurent). Le texte de 1588 est une simple allusion à des opinions qu'on trouve fréquemment répétées en particulier chez Corneille Agrippa, De incertitudine et vanitate scientiarum, lu; chez Sextus Empiricus, Hypot\poses, III, viii; III, XIV ; etc.
P. 261, 1. 2. Les suivons de Métissas). Cf. Platon, Thèi'lhète, 180, 199.
P. 261, 1. 6. Prot agoras dict). Cf. Sénèque, Épltres : « Si Protagont credo; nihil in rerum natura est, nisi dubium. Si Nausiphani, hoc unum certum est, nihil esse certi. Si Parmenidi, nihil est prœter unum. Si Zenoni, ne unum quidem. Quid ergo nos sumus? Quid ista quœ nos circumstant, alunt, sustinent ? Tota rerum natura umbra est, aut inanis, aut fallax. » (Ép. 88. p. 208.)
P. 261, I. 12. Si un estoil). Cl". Platon, Parmcnidcs,
P. 261, 1. 14. Nature des choses). \'on ci-dessus le passage de Sénèque cité p. 261, 1. 6.
P. 261, 1. 22. Nostre parler). Rapprocher le début de l'essai III, xiii.
P. 262, 1. 4. De cette syllabe. Hoc). Première parole de la consécration dans le sacrement de l'Eucharistie : « Hoc est corpus meum. » (Saint Mathieu, xxvi, 26.) Montaigne fait allusion à la fameuse querelle de la transsubstantiation. Il imite d'ailleurs de très près Corneille Agrippa, qui, dans son De incertitudine et vanitate scientiarum, avait écrit : « Quantas rursus tragœdias movit dictio illa, nisi, in consilio Basiliensi? Bohemis utriusque speciei communionem necessariam adfîrmantibus, quia scriptum sit : nisi manducaveritis carnem filii hominis, & biberitis ejus sanguinem, non habebitis vitam in vobis. Unde nam illa \'aldensium & sequacium, recentiorumque circa Eucharistiani hœresis ? nisi ex illa dictione, est quam illi symbolice ac significative duntaxat diclam volunt, tropumque subesse verbis, Romana ecclesia illam essentialiter exponente. » (m.)
P. 262, 1. 8. Si vous dictes). Cf. Cicéron, Académiques : « Si dicis, te mentiri verumque dicis, mentiri verum dicis.» (II, xxix; t. l\, p. 26.) C'est le sophisme connu sous le nom de ùijtzy.viz: ; cf. encore Aulu-Gelle, XVIII, 11.
P. 262, 1. 15. Quand ils disent). Cf. Diogène Laërce, Fie de Pyrrhon : « Verùm & ipsam \-ocem nihil magis sceptici toUunt... quœ & ipsa cum sustulerit reliquas a semetipsa sublata peribii, non secus atque medicamenta, qua; ubi epota prius materiam exhauserint, & ipsa egeruntur ac pereunt. » (IX, Lxx\i, 628.) Cf. au.ssi Sextus Empiricus, Hypotyposes.
P. 262, \. 2y. A la dci'ise d'une balance). On trouve cette devise en tête de l'édition de 1635 publiée par M"' de Gournay. En 1576 (janvier ou février), Montaigne fit frapper une médaille où se voit cette balance et ce « Que scay-je » dont il parle ici.
P. 263, 1. I. Ce moqueur antien). Cf. Pline, Hist. nal. : « Imperfectas vero in homine naturic pnecipua solatia, ne Deum quidem posse omnia. Namque nec sibi potest mortem conscicere, si velit : quod homini dédit optimum in tantis vitœ pœnis : mortales a;ternitate donare, aut revocare defunctos : nec facere, ut qui vixit, non vixerit : qui honores gessit, non gesserit. Xullumquc habere in prxterita jus, proîterquam