‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 282 sur 449 · XXII · texte numérisé non relu

XXII

P. 264, 1. 24. Par re que nos occupations). Cf. Cicéron, Académiques : « Xegas sine deo posse quicquam. Ecce tibi è transverso Lampsacenus Strato, qui det isti deo immunitatem magni quidem muneris : sed quum sacerdotes deorum vacationem habeant; quanto est œquius habere ipsos deos ? Negat opéra deorum se uti ad fabricandum mundum. Quitcumque sint.

docet, omnia effecta e.s.se natura : nec, ut ille, qui asperi 6c levibus & hamatis uncinatisque corporibus concreta hxc esse dicat, interjecto inani, somnia censet ha;c esse Democriti, non docentis, sed optantis. Ipse autem singulas mundi partes persequens, quicquid aut sit, aut fiât, naturalibus fieri, aut factum esse, docet ponderibus & motibus. Sic ille & dum opère magno libérât, & me timoré.» (II, xxxviii; t. IV, p. 31.)

P. 265, 1. 4. Ouod beatuNi). « Un être heureux et éternel n'a point de peine et n'en fait à personne. » (Cicéron, De natura deorum, I, xvii.)

P. 265, 1. 5. Nature veut). Cf. Cicéron, De nat. deorum : « Intelligi necesse est, eam esse naturam ut omnia omnibus, paribus paria respondeant... Ex hac igitur illud efficitur, si mortalium tanta multitudo sit, esse immortalium non minorem; & si quœ interimant, innumerabilia sunt, etiam ea qu;ï conservent, infinita esse debere. » (I, xix; t. IV, p. 191.)

P. 265, 1. 8. Corne les âmes des dieus). Id., De divinatione : « Ut enini deorum animi sine oculis, sine auribus, sine iingua sentiunt inter se quid quisque sentiat, ex quo fit ut homines etiam quum taciti optent quid, aut voveant, non dubitent quiii di illud exaudiant : sic animi hominum, quum aut somno soluti vacant corpore, aut mente permoti per se ipsi liberi incitati moventur, cernunt ea, qua; permixti cum corpore animi videre non possunt. ) (I, Lvii; t. IV, p. 261.)

P. 265, 1. I ^ Dict saint Paul). Ehilre aux Romains, I, 22-23.

P. 265, 1. 16. Torq un peu ce hastelagc). Tous ces détails, qui viennent d'Hérodien, ont peut-être été pris par Montaigite dans l'ouvrage de Du Choul intitulé De la religion des anciens Romains (p. 75 et passini). Un exemplaire de cet ouvrage nous a en effet été conservé muni de sa signature. Il y trouvait reproduites beaucoup de ces médailles auxquelles il fait ici allusion.

P. 265, 1. 25. Ouod fin. \cre). «Ils s'effraient de leurs propres fictions.» (Lucain, I, 486.) Les éditions du xvi' siècle portent quai au lieu de quod.

P. 266, 1. I. Quasi quicquam). «Quoi de plus malheureux que l'homme esclave de ses chimères!»

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. 266, 1. 2. C'est bien loin). Cette opposition a été inspirée :i Montaigne par la lecture de la Cité de Dieu de saint Augustin, VIII, xxiii-xxin-.

P. 266, 1. 5. Les Thasiens). Cf. Plutarque, les dicts notables des Lacedemoniens : « Da\antage les Tliasiens aj'ant receu beaucoup de bientaicts, & pour ce se sentans grandement tenus à luy, luy dédièrent des temples, & luy décernèrent les honneurs divins, comme s'il eust esté un dieu, & luy envoyèrent des ambassadeurs pour luy faire entendre leur resolution : aiant leu leurs lettres, & entendu les honneurs qu'ils luy faisoient, il leur demanda si leur pais & leur communaulté pouvoit déifier les hommes : ils luy respondirent, que ouy. Or sus doncques, dit-il, commancez à vous mesmes, & si vous vous pouvez faire Dieux vous mesmes, alors je vous croiray que vous le me puissiez faire aussi. » (F" 210 V.)

P. 266, 1. 13. Oyes trisviegiste). Cf. saint Augustin, Cité de Dieu : « Omnium enim mirabilium vicit admirationem, quod homo divinam potuit invenin.naturam, eamque efficere. » (VIII, xxn .)

P. 266, 1. 16. Nosse cui Divos). « A qui seule il est donné de connaître les dieux et les puissances célestes, ou de savoir qu'il est impossible de les connaître. » (Lucain, I, 452.) On lit chez Lucain : « Solis nosse deos et cœli numina vobis aut solis nescire datum. » Montaigne adapte cette citation.

P. 266, 1. 18. Si Dieu est). Ces idées, qui sont résumées de Cicéron, De nat. deonim, III, xui-xiv, ont peut-être été prises par Montaigne chez Pontus de Thyard qui les présente sous une forme très analogue : « L'opinion niant Dieu, avouoit pour soii appuy quelques argumens, et disoyent ceux qui la soustenoyent : ce qui est animal est meilleur que ce qui ne l'est pas : et si Dieu est, il n'y a rien de meilleur que luy : donc si Dieu e.st, il est animal : et s'il est animal, il sent : car l'animal n'est entendu animal, que par participation des sens. Et .s'il .sent, il sent l'amertume et la douceur par le sens du gou.st, comme les autres choses sensibles par les sens propres à les sentir... Donc si Dieu est, il est animal : et s'il est animal, il est doué des sens : car ce qui est animal n'est différent de ce qui ne l'e.st pas que par les sens, et s'il est doué des sens il peut périr : mais la

condition de perissement est contraire à la divinité : donc il n'y a point de Dieu. » (^Second curien.x, édition de 15 78, p. 107; dans les Discours philosophiques. édition de 1587, p. 310.)

P. 266, 1. 21. Xous sonics incapables). Montaigne résume quelques-uns des arguments que Chn'sippe et Zenon faisaient valoir pour établir l'existence de Dieu. Cf. Cicéron, De nainra deorum : «Res cœlestes, omnésque hœ, quarum est ordo sempiternus, ab homine confici non possunt. Est igitur id quo illa conticiuntur, homine melius... Esse autem hominem (fui nihil in omni niundo melius esse, quàm se putet, desipientis arrogantia; est. Ergo est aliquid melius. Est igitur profecto deus. An vero, si domuni magnam pulchrdmque videris, non possis adduci, ut, etiamsi dominum non videas, muribus illam i!:!»; mustelis œdificatam putes. Tantum vero ornatum mundi, tantam varietatem, pulchritudinémque rerum ccelestium, tantam vim, et magnitudinem maris atque terrarum, si tuuni, ac non deorum immoitalium domicilium putes, nonne plane desipere videare ? An ne hoc quidem intelligimus, omnia supera esse meliora ? terram autem esse infimam, quam crassissimus circumfundat aerr... Nihil... quod animi, quôdque rationis est expers, id generare ex se potest animantem, compotemque rationis : mundus autem générât animantes compotesque rationis : animans est igitur mundus composque rationis... Cur... mundus non animans sapiénsque judicetur, cum ex se procreet animantes atque sapientes? » (II, vi, viii; t. l\, p. 203.)

P. 267, 1. 9. Nous avons besoing). Id., ibid., II, \\ 1.

P. 267, 1. 23. Non, si te rupcris). «Quand tu t'enflerais à en crever, dit-il. » (Horace, Sat., II, m, 518.)

P. 268, 1. I. Profecto). «Certes les hommes croyant penser à Dieu, dont ils ne peuvent avoir une idée, pensent à eux-mêmes, ils ne voient qu'eux, et non pas lui; c'est à eux, non pas à lui, qu'ils le comparent. » (Saint Augustin, Cité de Dieu, XII, xvii.)

P. 268, 1. II. Paulina). Cf. Josèphc, Antiquités j'nd., X\'III, IV. Cette histoire est souvent racontée chez les compilateurs et moralistes du xvi'^ siècle : cf. Corneille Agrippa, De incertitndine et vanitate scientioniin, LXi\-; Du ^'erdier, Suite des diirrses leçons^

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