XXXVI
p. 276, 1. 24. Aus peintres). Imité de Platon dans le Critias : « Cum terram pingunt & montes, flumina, sylvas, crelumque omne, quaive circa cœlum consistunt & quœ vagantur, primum quidem satis putamus factura, siquis vel exiguam quandam referre possit carum rerum imaginem, deinde utpote talium prorsus ignari, ne examinamus quidem pictorum opéra, neque etiam redarguimus, sed confusa quadam adumbratione fallacique utimur. Cum vero quis tingere aggreditur nostrorum corporum similitudinem, tune propter familiarem ipsam rerum nostrarum animadversionem acutius errata persentimus, severique & acres judices exactoresque sumus adversus cum qui non singula lineamenta coloresque expresserit. Idem quoque in sermonibus intueVi licet. » (P. 107; éd. de 1546, p. 136.)
P. 277, 1. 5. Garce Milesicnne). Platon, dans le Théitéle, xxiv, p. 174 (éd. de 1546, p. 149), et Diogène Laërce, dans la Vie de Thaïes, rapportent le fait un peu difi'éremment : la servante ne met rien sur le chemin de Thaïes, elle le voit tomber dans un fossé, et tire .seulement la morale de l'aventure. Voir aussi Stobée, sermo 80. L'anecdote est très vulgarisée au XVI' siècle. Cf. en particulier : Le Roy, Vicissitudes, f" 5 2 v° ; Corneille Agrippa, De incertitudine et vanitate scient iar uni, xxx; Tahureau, Dialogues, éd. de 1 5<^6, p. 184, etc. .Montaigne cite probablement
de mémoire, car nulle part je n'ai retrouvé le récit tel qu'il le présente.
P. 277, I. II. Oiiod est). (( Personne ne regarde ce qu'il a devant les pieds; on scrute les voûtes célestes. » \'ers extrait d'une tragédie d'Iphigénie et cité par Cicéron, De divinatione, II, xiii. Montaigne s'est d'ailleurs trompé sur le sens du passage : ce n'est pas Démocrite qui parle ainsi, mais Cicéron qui reproche à Démocrite de s'occuper de questions insolubles.
P. 277, 1. 14. Corne dict Sacrales). Cf. Platon, Thêétète : « Idem similiter omnibus qui in philosophia versantur objici potest. Latet enim philosophum non modo quid agat ejus proximus, sed ferè homone sit, an brutum. Quid autem homo ipse sit, quaeve actio aut passio ipsius hominis propria, studiose perquirit.» (xxiv, p. 174; éd. de 1546, p. 149.)
P. 277,1. 21. Ouxmare). «Ce qui maîtrise la mer, ce qui règle les saisons; si les astres ont leur mouvement propre ou obéissent à une force étrangère ; pourquoi le disque de la lune croît et décroît régulièrement; enfin comment l'harmonie générale résulte de la discorde de toutes choses. » (Horace, Épitres, I, xii, 16.)
P. 277, 1. 26. Nous voyons bien). Montaigne avait inscrit sur les travées de sa librairie la sentence suivante : «Quare ignoras quomodo anima conjungitur corporis, nescis opéra Dei. » {EccL, 11.) Le texte de VEcclésiaste, XI, 5, auquel Montaigne nous renvoie est d'ailleurs passablement différent du sien : « Quomodo ignoras qure sit via spiritus, et qua ratione compingantur ossa in ventre prsegnantis; sic nescis opéra Dei qui fabricator est omnium. »
P. 278, 1. Il . Oniuia incerta). «Toutes ces choses sont impénétrables à la raison humaine et restent cachées dans la majesté de la nature. » (Pline, Histoire naturelle, II, XXXVII.)
P. 278, 1. 12. Modus quo). «L'union des corps aux âmes est tout à fait men'eilleuse et dépasse l'intelligence de l'homme; et cette union est l'homme même. » (Saint Augustin, Cite de Dieu, XXI, x.)
P. 278, 1. 20. CIjacun il qui niieu.x mieux). Cette idée reviendra plus longuement développée dans l'essai III, xi.
P. 279, I. 6. C'est Aristote). On trouve chez les contemporains des critiques tout à fait analogues