LIVRE II, CHAPITRE XII
prendre un autre qui estoit doulx & plain, Cyrus ne le voulut pas permettre, disant, que les semences des plantes, & les meurs des hommes deviennent à la fin semblables aux lieux & contrées où ils demeurent. » (F° 188 v°.)
P. 330, 1. 17. Disant que Ifs terres grasses). Montaigne complète sa citation par un passage d'Hérodote : «Cyrus escoutant ces paroles... commanda qu'elles fussent exécutées, mais, en commandant avertit les Perses de s'apprester non à dominer, mais à être dominez. Car est-il ainsi que de régions molles viennent hommes mol^, pource que ce n'est le propre d'une mesme terre de porter fruict admirable & hommes vaillans pour la guerre. Les Perses se repentirent, & désistèrent comme vaincus de l'opinion <ie Cyrus... » (IX, cxxii; t. I, f° 236 v°.)
P. 331, 1. 4. Par désir mesiiies). Rapprocher l'essai I, LUI, p. 398, I. 9.
P. 331, 1. 10. Qiiiii eniiii). «Est-ce la raison qui règle nos craintes et nos désirs? Qui jamais conçut un projet sous des auspices assez favorables pour ne s'être pas repenti de l'entreprise et même du succès? » (Juvénal, Satires, x, 4.)
P. 331, 1. 13. Sacrâtes ne requérait). Cf Xénophon, Mémorables : « Orabat deus simpliciter bona prœstare quam optime dii quasnam sint nobis bona scirent.» (I, m, 2.)
P. 331, 1. 14. Et la prière des Lacedenwiiieus). Cf. Platon, Second Alcibiade : « Nonne prudentior nobis poeta... qui precabatur mala etiam ab orantibus abesse? Lacedjemonii... idem votum tam privatim quam publiée servant, orantes deos, pulchra cum bonis sibi tribuere, nec plura illos precari quis audiret... In diis est, ut arbitrer, quœ precamur, tribuere vel contra. » (xi, p. 148; éd. de 1546, p. 47.)
P. 331, 1. 17. Conitigitini). «Nous demandons une épouse et nous en voulons des enfants, mais il n'y a que Dieu qui sache quels seront ces enfants et quelle sera cette épouse.» (Juvénal, Satires, x, 352.) Montaigne écrit //// notum au lieu de illis notuni.
P. 331, 1. 19. Sa volonté soit faite.) Allusion aux mots de l'Oraison dominicale : Fiat voluntas tua.
P. 332, 1. 4. Attonitus). «Étonné d'un mal si nouveau, riche et inditient à la fois, il voudrait fuir ses
richesses et il prend en horreur l'objet de ses vœux. » (Ovide, Métamorphoses, XI, 128.)
P. 332, 1. II. Ravallé et rabaissé). Cf. à ce sujet l'essai II, vu, à la fin.
P. 332, 1. 12. Cleobis et Bilan, Trophonius et Aganiedes). Cf Cicéron, Tusciilanes, I, xlvii, où Montaigne a sans doute pris ces deux histoires. Il les a lues encore dans Stobée, Anthologie, cxix; dans Sigonius, Consolatio ad Tulliam; la première dans Hérodote, I, xxxi; t. I, f" 13 v° et suivants; toutes les deux dans Plutarque, Consolation à Apollonius, xiv, etc. Voici le texte de Plutarque : « Elle (la mère de Cleobis et de Biton) estant singulièrement aise de veoir si grande pieté en ses enfans, feit prières à la Déesse, de leur donner ce qui estoit le meilleur aux hommes : & eulx s'estant le soir allez coucher, ne se relevèrent plus jamais, leur aïantla Déesse envoyé la mort, pour récompense de leur pieté... Agamedes & Trophonius... luy (à Apollon) demandèrent payement de leurs vacations... Ils feirent ce qu'il leur avoit ordonné, et la septième nuict s'estans endormis, le lendemain matin on les trouva morts en leur lict. » (xiv, f" 247 v.)
P. 332, 1. 20. l'^irga tua). «Ta \'erge et ton bâton m'ont comblé. >> (Ps. XXII, 5.)
P. 332, 1. 24. Si consiliuni). «Croyez-moi, laissons faire aux dieux; ils savent ce qui nous convient, ce qui peut nous être utile : l'homme leur est plus cher qu'il ne l'est à lui-même. » (Juvénal, Satires,
P. 333, 1. I. De les requérir). Cf Xénophon, Mémorables : « Qui vero aurum, aut argentum, aut tyrannidem, aut quippiam hu^smodi a diis orando petebant, illos simile quid opinabatur orare, ac si ludum taxillorum, aut praelium, aut aliquid orassent cujus incertus exitus esset. » (I, m, 2.)
P. 333, 1. 6. Par le calcul de Varro). Cf saint Augustin, Cité de Dieu, XIX, 11.
P- 333) 1- 7- C"' autem). «Or, dès qu'on ne s'accorde pas sur le souverain bien, on diifère d'opinion sur toute la philosophie. » (Cicéron, De jinilnis,
p. ^^^, 1. 9. Très inihi). «Il me semble voir trois convives dont les goûts sont entièrement différents
KSSAIS DE MONTAIGNE.
et qui demandent des mets tout opposés. Que présenterai-je? Que ne présenterai-je pas? Vous refusez ce que l'autre demande; et ce que vous souhaitez déplait aux deux autres. » (Horace, Epltres, II, ii, 6i.)
P. ^'i'i,\- 17. P\thagoras). Cf. Plutarque, Cvimuent il faut oiiir, xii, f° 28 \°.
P. 333, 1. 18. Nil adiiiinvi). « Ke rien admirer, Numicius, est peut-être le seul et unique moyen de faire et d'assurer son bonheur. » (Horace, Epiircs, I, VI, I.) C'est par erreur que Montaigne a écrit Kiiinaci au lieu de Nitniici.
P. 333, 1. 21. Et disait Arcbesilas). Cf. Sextus Empiricus, Hypolxposes : « Vult (Arcesilaus) esse quidem bona particulares epochas, mala autem particulares assentiones. Nisi dicat aliquis nos ha;c secundum id quod apparet nobis, dicere, & non affirmantes : illuui autem, tanquam secundum naturam : adeô ut bonum quidem esse ipsam epochen, malum autem assentionem dicat. » (I, xxxiii.)
P. 334, 1. 5. Justiis Lipsins). Juste Lipse, qui était en relations épistolaires avec c^uelques Bordelais conrme Pierre de Brach, Florimond de Rœmond, avait connu et admiré les Essais et avait échangé plusieurs lettres avec Montaigne qui lut certainement les principaux ouvrages de Juste Lipse. Entre 1580 et 1588 il a fait des einprunts au De amphitheatro, au SatiirnaUum sermomim libri, au De constautia; et après 1 588 aux Politiques, et au traité intitulé Advenus dialogislam de and religione. En retour on sent l'influence des Essais dans le De constautia de Juste Lipse.
P. 334, 1. 6. A luoii Turnehiis). Cf. essai I, \x\', p. 180, 1. 9, et la note.
P. 334, 1. 17. L'admis de Sociales). Dans les Mniiornbles; cf. la note ci-dessous, p. 335, 1. 11.
P. 334, 1. 19. La vérité doit avoir). Toute cette dissertation sur la relativité de la morale s'inspire peut-être de Corneille Agrippa, De iucertiludiue et vanitatc scienliarnui, liv et suivants, et surtout elle doit beaucoup aux Hypotyposes de Sextus Empiricus, I, XIV ; III, xxm-xxiv. Cf. aussi Cuv de Brués, Dialogues, passim.
P. 335, 1. II. Ce Dieu antieu). Ce dieu c'est Apollon. Voyez Xenophon, Mémorables : « Sicut Pythius de inunolationibus julvi, quod recte ageret
si quis consuetudine civitatis utatur, sic ctiam Socratcs et ipse taciebat, caeterôsque admonehat. » (I, m, i ; éd. de 1545, p. 450.)
P. 336, 1. I. Quelle boulé est-ce). Cf. Érasme, Ouerela pacis : « Ceu rerum \eritas commutetur, ita quasdam scita non trajiciunt mare, quardam non superant Alpes, quœdam non tranant Rhenum. » (Éd. de Bâle, 1522, f' 6 r".)
P. 337, 1. 4. Thrasiiuaciis). Cf. Platon, République : « Affirmo equidem justum nihil aliud esse quam quod potentiori utile. » (I, p. 338; éd. de 1546, p. 535.) Cf. aussi Quy de Brués, Dialogues, p. 255.
P. 337, 1. II. Gentcs esse). « On dit qu'il y a des nations où la mère s'unit à son fils et le père à sa fille, et où l'affection familiale est doublée par l'amour. » (Ovide, Métamorphoses, X, 331.)
P. 337, 1. 22. Nihil itaque amplius). «Il ne reste rien qui soit véritablement nôtre : ce que j'appelle nôtre n'est qu'une production de l'art. »
P. 337, 1. 27. D's peuples qui). Montaigne reprend ici un exemple qu'il a développé dans l'essai I, xxiu, p. 148, 1. I. Voir la note.
P. 338, 1. 9. Licurgus considéra). Cf. Plutarque, Fie de Lycurgue, xiv, f" 35 r". Ce fait est signalé chez tous les moralistes du xvi" siècle. Voir surtout ce qu'en disent Guy de Brués dans ses Dialogues, p. 12 ; Crinitus dans le De honesta disciplina, III, xiu. Chez Guy de Brués comme chez Montaigne la différence des lois est expliquée par la différence des points de vue. Tonc ces fiits sont également chez Sextus Empiricus, III, xxiii.
P. 338, 1. 17. Dionysius le tyran). Cf. Sextus Empiricus, Hxpoixposcs : «Quum hujusmodi vestis Platoni & Aristippo oblata fuisset (a Dionysio tyranno), Plato quidem lepudiavit, dicens, Gestare amictum mullebrem nunquam queam, quum mas creatus fuerim. At verô Aristippus accepit, dicens, Nulla Bacchanalia contaminare mulierem castam queant. » (III, wn.) Cf. aussi Diogène Laërce, fie d'Arislippe, II, lAWiii, 144.
P. 358, 1. 21. Ses amis tansoini sa lacbetc). Cf. Diogène Laërce, Fie d'Arislippe : « Consputus a Dion\sio ;equo aninio tulit. Eam injuriam cùm